Relation du cardinal Zelada, 18 juin
cret du pape. Il peut se rencontrer cinq ou six réfractaires qui, poussés par l'ambition ou par les conseils des pères du royaume, voudraient arriver à troubler par de nouvelles élections la paix dont on jouit dans la congrégation, mais les éminentissimes cardinaux ne permettront pas un si grand malheur1. »
C’était dire d*une manière un peu trop naïve qu’une élection leur serait fatale. François de Paule envoya ses instructions au sujet du futur chapitre, « lequel, disait-il, aura pour but principal de remédier aux abus relatifs à l'observance; mais aussi, du moins il l’espère, de choisir un autre supérieur général, car vraiment la charge est pesante et par trop disproportionnée avec ses forces. » Cette fausse protestation d’humilité n’était point encore parvenue aux diverses maisons, qu’en réponse à sa supplique , il recevait de Caraffa, secrétaire de la sacrée congrégation, la décision du saint-père ainsi conçue : « Vu le rapport fait à Sa Sainteté sur votre demande de convoquer un chapitre général selon la teneur des règles et constitutions, dans le but de pourvoir aux besoins de l’institut; vu l’avis conforme du procureur général : Sa Sainteté ordonne de convoquer le chapitre en octobre prochain, tant pour procéder à V élection des supérieurs que pour délibérer sur les autres nécessités de l’institut 2. »
Qu’on juge de la stupéfaction de François de Paule et de Leggio en recevant ce décret, qui annulait les précédents. Le chapitre devait élire les supérieurs , non obstantibus quibuscumque , disait le pape, nonobstant toute disposition contraire. Le président n'avait pas réfléchi qu’il pouvait être pris dans ses filets, et qu’à travers ses craintes de l’élection, le pape verrait sa peur de perdre le pouvoir. Profondément blessé, il répondit à M*1* Caraffa « qu’il ne comprenait rien à cette disgrâce. Quel crime avait-il donc commis pour être ainsi honteusement dégradé et couvert d’opprobre aux yeux de sa congrégation? Évidemment des ambitieux avaient tramé sa perte. Le coup partait de Bénévent, du recteur Cajone, l’ami trop intime des pères napolitains. » Dans son trouble, il ajoutait qu’il irait à Rome se disculper, qu’il ne pouvait laisser ternir ainsi son honneur, et qu’aussitôt ses œuvres en bonne voie, il laisserait le pouvoir à ceux qui le désiraient 3. »
Le secrétaire répondit qu’il ne comprenait pas le motif de son