‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 179 sur 222 · JUJlcssioni critichc del P. Basso , Napoli, 1S23, p · texte numérisé non relu

JUJlcssioni critichc del P. Basso , Napoli, 1S23, p

LE BIENHEUREUX

ait parlé de l’équiprobabilisme, on peut cependant l’en appeler l’auteur et Fauteur exclusif. Mieux que tous ses prédécesseurs, il en fortifia les fondements, et Fentoura d’une multitude de preuves et d’autorités qui le rendent aussi plausible, aussi solide que peut l’être, aux yeux de tout homme raisonnable, un système philosophico-moral. Il en montra la vérité dans ses écrits, Futilité et la douceur par sa manière de traiter les âmes. C’est du bienheureux, et de lui seul, que le système tire son lustre, son crédit, sa célébrité, et ses progrès. Ajoutons encore que l’examen de ses œuvres par le Saint-Siège, et de son système en particulier, donne singulièrement à réfléchir L » Le père Basso se demande alors comment le censeur, après les déclarations de l’Église, ose proscrire la doctrine du bienheureux, puis il réfute une à une toutes ses assertions.

Cette dispute eut un épilogue très intéressant. Pour relever le pauvre Tingelo, un de ses confrères en probabiliorisme, le chanoine de Folgore, prétendit que le père Basso avait beaucoup exagéré la portée des décrets pontificaux sur l’approbation des œuvres du saint évêque. Armé de quatre syllogismes, plus défectueux les uns que les autres, il prétendit prouver que ces décrets laissaient les choses dans le statu qao . Mais le père André Coppola, de l’Oratoire, se chargea de redresser ces syllogismes boiteux ; il montra que le digne chanoine n’avait rien compris aux doctrines de Benoit XIV sur la révision des livres en vue de la béatification des saints ; qu’après le décret pontifical de 1803, nous sommes obligés de croire que les Œuvres du bienheureux ne méritent aucune note théologique, et qu’après celui de 1807, il est défendu de taxer d’imprudence son système moral. En terminant, il décoche à son adversaire ce syllogisme qui aura dû médiocrement lui plaire : « Alphonse est le premier d’entre les saints qui ait composé un système de morale complet, et le premier que l’Église ait déclaré exempt de toute censure. Or si vous joignez à la probabilité intrinsèque la probabilité extrinsèque que lui confère le décret de l’Église, vous admettrez facilement que ce système l’emporte en probabilité sur les autres. Et comme les probabilioristes font profession de suivre l’opinion plus probable, il s’ensuit qu’ils feront très bien d’abandonner leur système pour suivre celui du bienheureux2. »

On voit par ces controverses combien le rigorisme, que saint Alphonse combattit toute sa vie, était encore puissant dans la première

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