Ibid., p
2. Morale sistema del B . Alfonso de' Liguori, Breve opuscolo del P. Andrea Coppola, p as sim.
SAINT ALPHONSE AU XIX* SIÈCLE
moitié du dix-neuvième siècle, et combien sa Théologie morale , même aidée des approbations de l'Église, eut de peine à se frayer un chemin. Mais Dieu lui suscita des propagateurs et des défenseurs que rhistoire ne doit pas oublier. Nous citerons en particulier à cette époque un vénérable prêtre de Turin, le père Bruno Lanteri, fondateur des oblats de la Vierge Marie. 11 n’avait pas trente ans à la mort de saint Alphonse, et déjà il avait voué un vrai culte à l’homme de Dieu et à ses écrits. 11 racontait volontiers une anecdote qui fit beaucoup d’impression sur lui. Quelques jours après le décès du saint fondateur, il traversait les rues de Turin, quand il s’entendit appeler à plusieurs reprises. C’était une pauvre revendeuse de fruits qui lui dit tristement : « Est-il vrai que l’évèque Liguori est mort? — C’est très vrai, lui répondit-il. — En ce cas, reprit la pieuse femme en lui donnant une pièce d’argent, ayez la bonté de dire une messe pour le repos de son àme. » Étonné, Bruno lui demanda comment elle connaissait le serviteur de Dieu, et pourquoi son cœur la portait à faire célébrer pour lui le saint sacrifice. — « Oh! si vous saviez, s’écria la marchande tout émue, si vous saviez tout ce que je lui dois ! J’étais depuis longtemps accablée de peines d’esprit si terribles et si continuelles que je n’avais plus un moment de repos; mais voilà qu’un jour ce petit livre me tomba sous la main (elle montra un des opuscules spirituels du saint), et depuis j’ai retrouvé la tranquillité. M*1 de Liguori m’a sauvé de cette grande tribulation, et voilà pourquoi je veux faire dire une messe pour lui. »
Bruno Lanteri se dit qu’ Alphonse avait rendu la paix à des raillions d’àmes désolées et désespérées par les doctrines jansénistes; aussi employa-t-il une partie de sa vie à propager et à défendre les ouvrages du saint docteur. « Attachez-vous à M** de Liguori, disait-il aux prêtres et aux confesseurs ; oui, attachez-vous fortement à lui. Si on veut faire du bien aux âmes, il faut se servir de sa’ doctrine et se revêtir de son esprit. Oh ! bénie soit la Morale du saint évêque, et béni soit le Seigneur, qui nous a donné, à cette époque, cet homme selon son cœur! » Plein de cette idée, un de ses grands moyens d’action fut de répandre dans le clergé comme dans le peuple les œuvres morales et spirituelles de son saint de prédilection. Il fit cadeau à une multitude de prêtres de Y Homo Aposto liens. Quand un ecclésiastique demandait à l’éditeur Marietti un certain nombre d’ouvrages, celui-ci avait ordre d’y joindre Y Homo