Lettre à Remondini, 1er mars
VISITE PASTORALE
sieur le Marquis, de la mettre en liberté. Vous ferez une œuvre de miséricorde très agréable à Dieu, d'autant plus que votre prisonnière n’a nullement mérité ces mauvais traitements, comme vous le constaterez par les attestations que son mari vous présentera1. »
C’est ainsi que les affaires de son diocèse lui ôtaient tout repos. Un jour qu’il s’entretenait avec l’évèque de ^ocera, celui-ci lui dit : « Vous m’avez l’air tout inquiet. — Eh oui, répondit-il, je pense à mes pauvres diocésains. » Et comme son interlocuteur insistait pour qu’il prolongeât son séjour à Pagani : « Mon cher Seigneur, dit-il , et l’Église mon épouse? Uxorem duxi. Dieu me veut à Samte-Agathe et non à Pagani. — Restez quelques jours encore, reprit l’évèque. — Je ne le puis, repondit-il avec agitation, j’ai des scrupules par-dessus la tète. » Une fâcheuse nouvelle qu’il venait de recevoir motivait surtout ces scrupules. Une jeune libertine, chassée du diocèse, avait profité de l’absence de l’évèque pour y rentrer et continuer ses scandales. De là le tourment du saint. Ni les prières de ses religieux ni celles de ses amis ne purent le retenir. Rentré à Sainte-Agathe vers la fin de septembre, il s’occupa aussitôt de la malheureuse, la convertit, et la plaça dans une maison de retraite à Naples.
11 était temps du reste que le pasteur revint au milieu de son troupeau, car déjà l’on signalait les premiers symptômes de l’épouvantable calamité qui allait fondre sur tout le royaume.
t. Lettre au marquis de Granito, 1er août 1763.