‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 25 sur 222 · Assai porlato a questo vizio scellerato · texte numérisé non relu

Assai porlato a questo vizio scellerato

RÉFORME DES MŒURS

L’histoire a justifié bien vite ces regrets de l’illustre canoniste et du défenseur de saint Alphonse. En cette seconde moitié du dix huitième siècle, beaucoup de prélats, plus ou moins imbus des doctrines nouvelles, crurent que le code pénal ecclésiastique n’était plus de saison. La peine n’existant plus, l’horreur du péché disparut, les vices les plus abjects déshonorèrent les enfants de Dieu et jusqu'aux ministres des autels. La Révolution brisa dans les mains du clergé ces armes nécessaires, mais dont on ne faisait aucun usage. A l’Église, reine du monde de par Jésus-Christ Notre-Seigneur, on enleva sa couronne, ses biens, ses tribunaux, ses juges, son droit de coercition et d’appel au bras séculier. Désormais, qu’il soit évêque ou pape, le prêtre n’est plus qu’un homme comme les autres, sans autorité comme sans immunité. Le chrétien peut profaner son baptême par les crimes les plus flétrissants, vivre en concubinage public, renvoyer sa femme comme Hérode pour prendre la femme de son frère : le prêtre n’a plus rien à dire. S’il s’avisait de reprendre un scandaleux, il s’exposerait à se voir intenter un procès pour injure ou diffamation.

Cette déchéance, qu’on décore du beau nom de progrès, la Révolution nous y a tellement habitués que des chrétiens et même des prêtres se demandent s’il faut regretter ce temps où l’Église était reine. Ils sont heureux de vivre sous le régime de la liberté; ils blâment le Saint-Office, ils blâment toute coercition, ils blâmeront l’évêque de Sainte-Agathe d’avoir sauvé son diocèse en usant du droit ecclésiastique, et ils ne s’apercevront pas qu’ils condamnent et l’Église, qui l’a placé sur les autels, et Jésus-Christ, qui chassait les vendeurs du Temple. Selon le mot sanglant de l’avocat de saint Alphonse, leur libéralisme « verse dans l’impiété ».

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