‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 30 sur 222 · Le 7 septembre · texte numérisé non relu

Le 7 septembre

LES SAINTES FONCTIONS

quart d’heure, même après l’ordonnance où il rappelle à tous que, d’après le sentiment commun des docteurs, cette conduite ne peut être excusée de péché mortel. Je vous fais donc savoir que Sa Grandeur enverra dans tous les monastères des examinateurs pour constater la manière dont on y célèbre la messe. Si l’on remarque trop de hâte, le coupable recevra un avertissement, et, s’il ne se corrige point, les mesures nécessaires seront prises pour faire cesser un pareil désordre. »

A l’issue de sa première visite, frappé des nombreuses irré vérences qui se commettaient de tous côtés même après cette double recommandation, il déclara suspens ipso facto tout prêtre, soit régulier soit séculier, qui célébrerait en moins d’un quart d’heure. Cette censure fut maintenue dans les statuts généraux de 1764. « Nous rappelons, est-il dit dans la quatrième ordonnance, nous rappelons et renouvelons la suspense encourue ipso facto par tous ceux qui célébreraient en moins d’un quart d’heure, fût-ce la messe de requiem ou la messe votive de la sainte Vierge. De plus, nous recommandons à tous les prêtres de se préparer convenablement au saint sacrifice, et de faire une demi-heure ou au moins un quart d’heure d’action de grâces après la messe. »

En homme pratique, Alphonse comprit qu’il ne suffisait pas de légiférer; il fallait convertir les esprits. A cet effet, il fit réimprimer en 1764 un opuscule, paru quatre ans auparavant, sur la Messe expédiée 11 lui donna ce sous-titre significatif : « Avis aux prêtres pour les engager à célébrer le redoutable sacrifice de la messe avec dévotion et selon les formes prescrites, de manière à ne pas commettre l’horrible attentat de mépriser les divins mystères. » Après avoir rappelé l’excellence du saint sacrifice et les enseignements de la théologie sur l’observation des rubriques, il flagelle en ces termes les ecclésiastiques oublieux de leurs devoirs :

« En voyant la plupart des prêtres accomplir avec tant d’irrévérence et de précipitation les cérémonies de la messe, il y a de quoi pleurer des larmes de sang. Clément d’Alexandrie disait aux prêtres païens : « Vous faites du ciel un théâtre , et de Dieu un personnage de comédie! Scenam cœlum fecistis, et Deus factus est actus. N’est-ce pas à vous, ô prêtres de Jésus-Christ, que ce reproche s’adresse? Non, car si vous deviez jouer un rôle au théâtre, vous le feriez avec plus d’attention et de soin! Quelle messe, grand

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