‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 32 sur 222 · Ordonnance de · texte numérisé non relu

Ordonnance de

L ÉYÈQUE DE SAINTE-AGATHE

Quant à l’emploi du style populaire, fidèle à la croisade qu’il avait entreprise depuis longtemps contre les prédicateurs à la mode, il expliqua sa pensée et manifesta sa volonté plus clairement encore. « Les auditeurs, dit-il, pour la plupart gens de la campagne, ne retirent que peu ou point de fruit des prédications en style relevé, ou plutôt ils en retirent un grand dommage pour leur àme, car, ne comprenant presque rien aux sermons, ils les ont en horreur et les évitent autant qu’ils le peuvent. Le père Sanchez appelait ces prédicateurs soi-disant sublimes les plus grands persécuteurs de l’Église et les bourreaux de beaucoup d’àmes qui se sauveraient si les sermons étaient simples et populaires. Jean d’Avila les accusait de trahir Jésus-Christ au lieu de le servir. Saint François de Sales déclarait que les expressions recherchées, les périodes sonores, les descriptions inutiles, et tousces vains oripeaux dont on se pare aujourd’hui, sont la peste de la prédication, dont le but doit être de porter la volonté à Dieu et non de repaître inutilement l’imagination. L’expérience prouve d’ailleurs que les sermons pompeux ne convertissent point : Dieu ne prête pas son concours à la vanité. Ceci soit dit également pour tous les prédicateurs qui viendront évangéliser notre diocèse en avent, en carême, ou à toute autre époque : ceux qui ne parleront pas d’une manière apostolique et vraiment populaire ne seront pas agréés par nous. De plus, nous voulons que, partout où se prêche le carême, la semaine de la Passion soit consacrée aux exercices spirituels. Si le prédicateur ne peut prêcher ces exercices, nous enverrons quelqu’un pour le remplacer, ce qui sera pour lui fort peu honorable. »

En terminant il exprimait l’espoir que tous se soumettraient docilement à ses prescriptions : autrement il se verrait forcé de procéder contre les récalcitrants selon la rigueur des saints canons. C’en fut assez pour donner un grand élan à la prédication évangélique. Quant aux orateurs de haut style, ils durent plier bagage. Quelques exemples suffirent pour les éloigner. On célébrait la fête du Sacré-Cœur à Arienzo, et, selon la coutume, on avait invité pour le sermon un des plus fameux panégyristes de Naples. A ses premières phrases fleuries et guindées, on vit l’évêque s’agiter sur son siège et bientôt tourner le visage du côté de l’autel et le dos au panégyriste. La cérémonie terminée, il le fit appeler, et lui dit avec autorité : « Prêcher comme vous le faites, c’est trahir Jésus-Christ et le peuple. Si je ne vous ai pas fait descendre de chaire , c’est par respect pour l’habit que vous portez.

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Quel fruit a donc retiré l’auditoire de toutes vos figures et ^de toutes les pompeuses descriptions dont vous avez paré votre discours? Cette rhétorique vaniteuse ne vous mérite rien autre chose que le feu du purgatoire. Vous pouviez faire verser des larmes à tout ce peuple, et il est resté insensible parce qu’il n'a rien compris à toute votre phraséologie. »

Du reste, s’il remit en honneur la prédication apostolique, ce fut par ses exemples plus encore que par ses ordonnances. « Le ministère de la parole, disait-il, est presque le seul que Jésus-Christ imposa aux apôtres; c’est celui qu’il exige des évêques : y manquer c’est se soustraire à un commandement formel. » Aussi passait-il une partie de sa vie en chaire. Tous les dimanches, après vêpres, il faisait à la cathédrale le catéchisme aux enfants, et donnait deux instructions particulières, l’une à la congrégation des nobles, l’autre à la confrérie des jeunes filles. Les jours de fête, les chapelains l’invitaient à prêcher dans leurs églises. Ses sermons attiraient un si grand concours que les maisons restaient désertes. Le samedi, fidèle à son vœu, il parlait à la cathédrale sur les gloires de Marie. Chaque mois, à l’occasion de l’acte de protestation pour la bonne mort, il mettait en relief, devant un nombreux auditoire, les grandes vérités du salut, la laideur du vice, la beauté de la vertu, la mort des justes et la mort des pécheurs. Tous les assistants fondaient en larmes. On ne saurait énumérer les âmes converties et sanctifiées au moyen de cet exercice. Chaque année, pendant les trois jours de carnaval , pour éloigner le peuple des spectacles, l’évêque faisait exposer le saint Sacrement et prêchait sur le grand amour de Jésus pour l’homme. De même il ne manquait jamais de célébrer solennellement les neuvaines de Noël, de l’Assomption et de saint Joseph. En carême, il avait coutume de donner les exercices spirituels au clergé séculier et régulier, en sorte que chaque année ramenait périodiquement une série de prédications qui aurait épuisé plusieurs ouvriers évangéliques.

A ces sermons qui composaient sa tâche ordinaire et régulière, venaient se joindre les trois mois de visite pastorale, vrai trimestre de missions non interrompues, puis les sermons de circonstance, qu’il acceptait toujours avec une véritable joie. Quand une jeune personne se consacrait à Dieu, c’était lui qui recevait l’holocauste pour le présènterà Jésus-Christ, aprèsavoir électrisé tous les cœurs par un discours pathétique sur le bonheur de se donner à Dieu. Venu un jour au monastère de Regina Cæli à Airola pour recevoir les vœux d’une pauvre sœur converse, il se sentit si souffrant et si

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faible que, craignant de ne pouvoir achever la cérémonie, il dut prier un prêtre de se préparer à le remplacer ; mais son zèle lui donna des forces. Non content de prêcher au couvent, il voulut encore distribuer au peuple, dans l'église paroissiale, le pain de la divine parole. Dès qu'une solennité attirait un grand concours, on était sûr d’y rencontrer l'évêque, lin jour de fête, à Sainte-Marie de Vico, passant le matin devant l’église Saint-Nicolas, il la voit remplie de monde. Un prêtre montait à l’autel. Le saint descend de carrosse, interrompt le saint sacrifice au moment de l’évangile, et adresse au peuple une chaleureuse exhortation. A Sainte-Agathe, les pères conventuels avaient coutume d'exposer le saint Sacrement tous les vendredis de mars et de faire monter en chaire chaque fois un de leurs jeunes clercs. Considérant que ces sermons, véritable exercice de déclamation, ne produisaient aucun fruit sérieux pour les auditeurs, il s’offrit à prêcher lui-même. Comme le couvent donnait ordinairement dix carlins aux jeunes prédicateurs, il ne voulut pas les frustrer de cette rétribution et prescrivit qu’on désignât toujours l'un d’eux pour le remplacer au besoin : ce suppléant recevait l’honoraire comme s’il eût fait le sermon. On voit par tout cela que jamais évêque ne comprit mieux le précepte : Oportet episcopum præ dicare , ni ne l’accomplit avec plus de fidélité. On se figure aussi avec quelle énergie il dut faire respecter et observer par tout le clergé ses ordonnances sur la prédication.

Restait à réorganiser le ministère de la confession. Réorganiser, ne semble pas un terme excessif, car, sur trois cents prêtres séculiers, et peut-être autant de réguliers, ce n’est qu’à grand’peine que les fidèles trouvaient un confesseur, même à la cathédrale. « J’ai appris avec un vif déplaisir, écrit Alphonse à ses chanoines de Sainte- Agathe, qu’il n’est pas aisé, ce dont se plaint vivement la population, de rencontrer au confessionnal, même le dimanche, ceux d’entre vous qui sont confesseurs. Je vous rappelle qu'une bonne partie des rentes du chapitre provient des revenus des deux paroisses de la ville. Vous êtes donc tenus solidairement de vous occuper des âmes, et par conséquent il ne vous est pas loisible de dire : « Pourquoi dois-je rester au confessionnal quand les autres n’y sont pas? » Les deux curés ne sauraient suffire à la besogne : donc messieurs les chanoines sont obligés de les aider. » On voit par cette lettre que le zèle du saint tribunal ne brûlait pas les confesseurs de Sainte-Agathe, qui cependant vivaient sous les yeux de leur évêque. On ne peut guère le supposer plus ardent ailleurs.

Cette insouciance apparaît d’autant plus coupable que le nombre

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des prêtres admis à entendre les confessions était assez restreint. Beaucoup d’ecclésiastiques ne possédaient pas la science suffisante pour obtenir la juridiction et ne se mettaient nullement en peine de l’acquérir. Même parmi les prèlres approuvés il régnait une telle ignorance qu’Alphonse crutd’abord nécessaire de les soumettre tous à un nouvel examen. 11 recula devant cet le mesure par crainte qu’un bon nombre ne voulût pas ou n’osât pas affronter l’épreuve, et que le diocèse se trouvât ainsi sans confesseurs. Il se contenta d’interroger les plus relâchés et les plus ignorants, afin de savoir si à la rigueur il pouvait leur permettre de confesser. Plusieurs furent interdits; certains curés, dont quatre dans la ville et les faubourgs, durent échanger leur cure contre un bénéfice simple, par manque absolu de science. Un autre, sous prétexte que ses paroissiens, peu nombreux, vivaient dispersés dans la campagne, résidait en ville, et se rendait à peine les jours de fête à son église. Alphonse lui enjoignit d’habiter son presbytère, et sur son refus d’obéir, exigea sa démission. Le curé hésitait : « Ou vous donnerez votre démission, lui dit le saint, ou je vous interdis. » Il finit par céder : aussitôt l’évèque lui rendit sa bienveillance, et lui obtint même du pape la condonation des revenus que, par défaut de résidence, il avait indûment perçus. Un autre trait, plus significatif encore, montre combien le titre de confesseur était peu envié. Un prêtre déjà sur l’âge se présentait pour obtenir un canonicat. Très bien, dit Alphonse qui connaissait son peu de mérite; seulement il faut que vous vous rendiez capable d’entendre les confessions. » Et il lui présenta un exemplaire de la Morale. Le prêtre prit le livre tout en prétendant qu’il avait d’ores et déjà droit au canonicat. « Vous vous trompez, reprit le saint, je ne puis en conscience vous nommer si vous n’êtes pas capable de confesser. » A ces mots son interlocuteur, irrité, se lève, et jette le livre sur la table en s’écriant : « Laissez-nous la paix, vous et votre Morale ! » et il s’élance comme un furieux hors de la salle. Le prélat conserva tout son calme, et se contenta de dire aux témoins indignés de cette scène : « Voilà ce que c’est que d’être évêque ; mais il faut prendre patience, car si un père ne supporte pas les impertinences de ses enfants, qui donc les supportera ? »

En face d’une telle situation, un homme de trempe ordinaire serait tenté de se croiser les bras, et d’alléguer pour sa justification qu’à lutter contre tout un diocèse on risque de se briser. Mais Alphonse n’était pas de ceux qui reculent devant le devoir par crainte du danger ou peur d’un insuccès. Il réfléchissait sérieusement au

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moyen d’arriver au but, mettait sa confiance en Dieu, et allait de l’avant avec une indomptable énergie. Dans le cas présent il inaugura une mesure qui rompait avec toutes les traditions. Aux jeunes clercs du séminaire il déclara que dorénavant il n’ordonnerait aucun sujet qui ne fût capable d’entendre immédiatement les confessions, c’est-à-dire de passer un examen de juridiction. « Les messes ne manquent pas, dit-il, mais nous manquons de prêtres disposés à secourir les âmes ; or je veux que tous mes prêtres puissent être employés dans les paroisses, les monastères ou les missions, en un mot partout où besoin sera. » De fait, il accordait ordinairement aux nouveaux ordonnés le pouvoir d’entendre les confessions des hommes, et leur expliquait lui-même les règles pratiques à suivre avec les occasionnaires, les habitudinaires et les récidifs. Ceux qui témoignaient de la répugnance pour le saint ministère étaient impitoyablement écartés. « Préparezvous, disait-il un jour à un sous-diacre, bientôt je vous ferai prêtre et confesseur. — Monseigneur, répondit le jeune homme, je n’ai pas du tout l’envie d’être confesseur. — En ce cas, reprit vivement le saint, pourquoi recevoir les saints ordres? Vous n’avez pas l’envie de travailler au salut des âmes : eh bien, moi, je n’ai nullement l’envie de vous conférer la prêtrise. » 11 fallut donc accepter le fardeau, se mettre à l’étude, subir des examens sérieux, et l’on vit ainsi disparaître la race des simples bénéficiers, dont toute la science consistait à manger leurs rentes sans rien faire.

Cette mesure assurait l’avenir, mais comment remédier à la misère présente et donner aux confesseurs attitrés les connaissances qui leur manquaient? La Théologie morale du saint, en trois infolio, dépassait de beaucoup leurs capacités financières et intellectuelles. Même Y Homo apostolicas , réduction en trois petits volumes de l’ouvrage précédent, paraissait encore au-dessus de leur force. Malgré ses occupations de tout genre, ses visites, ses prédications, il ne recula pas devant la dure et insipide besogne de composer en langue vulgaire un abrégé del 'Homo apostolicus, qu’il intitula : Le Confesseur des gens de la campagne . « Ce compendium, dit-il dans sa préface, suffit aux prêtres de la campagne, qui n’ont pas le moyen d’acheter de gros volumes. S’il se présente des cas qui réclament une étude approfondie, ils devront recourir à des ouvrages plus développés, ou tout au moins consulter des hommes doctes et expérimentés. Souvent il arrive, surtout dans le début, qu’on ait, même pour douter, trop peu de connaissance des choses certaines et des choses controversées, et c’est ainsi que se

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commettent une infinité de bévues. On trouvera dans cet abrégé les solutions les plus certaines et les plus utiles. »

Ce compendium parut en 1764 avec l’approbation de l’évéque de Bénévent, métropolitain de Sainte- Agathe. Le père jésuite Lubrani, reviseur, en a porté ce jugement : « Ce livre, irréprochable sous le rapport de la foi et des mœurs, est en tout digne de la piété et de la science de l’illustre auteur. C’est un Epitome de sa Théologie morale , théologie dont le pape Benoit XIV a fait le plus grand éloge. »

Malheureusement le volume sortit des presses au moment où la grande famine venait d’épuiser toutes les bourses. Et cependant l’évèque, plus inquiet encore de la famine intellectuelle qui consumait son troupeau que de la disette par laquelle on venait de passer, voulait à toute force procurer au clergé le moyen de s’instruire. Il écrivit donc à son éditeur, qui lui promettait quarante pour cent sur la vente du livre : « Je ne veux ni quarante pour cent ni rien de ce que vous me proposez; seulement le prix que vous fixez est de beaucoup trop élevé. Mes prêtres sont tellement appauvris par suite du fléau, qu’ils ne pourront pas même payer leur redevance annuelle à la mense épiscopale. 11 faut donc leur laisser l’ouvrage, y compris la reliure, à raison de deux carlins, et encore patienter pour le paiement. La disette a fait sortir du royaume beaucoup d'argent; il en est résulté une telle misère que les dommages causés par le fléau ne seront pas réparés dans vingt ans. » Grâce à cette industrieuse charité, le Confesseur de la campagne franchit le seuil de tous les presbytères, et les éditions se multiplièrent rapidement.

Cependant Alphonse n’ignorait pas qu’un livre peut orner les rayons d’une bibliothèque sans qu’on en fasse usage. Il fallait donc de plus exiger l’étude assidue de la morale, ce qu’il fit par l’institution d’une conférence hebdomadaire sur les cas de conscience, conférence à laquelle tous les prêtres, chacun dans leur district, devaient prendre part. Chaque mercredi, réunis au son de la cloche dans la sacristie archipresbytérale, ils assistaient & la discussion d’une question affichée à l’issue de la précédente séance. L’un d’eux, désigné par le sort, proposait la solution et la défendait contre les objections; puis, la discussion terminée, le secrétaire relevait sur un registre la solution finale ainsi que le nom des membres absents. Une ordonnance spéciale prouva l’importance souveraine que l’évêque attachait à cette institution.

« Les confesseurs doivent se rappeler, y est-il dit, que l’appro-

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bation de l’évèque ne suffît pas pour les décharger de toute responsabilité devant Dieu ; il leur faut encore l’approbation de Jésus- Christ, qui examine, au moment de leur mort, s’ils ont bien ou mal exercé leurs fonctions. Or, pour bien exercer son office, le confesseur ne doit point cesser d'étudier la morale, science très vaste et très difficile, soit à cause du grand nombre de lois positives qui en régissent la matière, soit à raison des nombreuses circonstances qui modifient la solution des cas de conscience. Nous avertissons donc tous nos prêtres qu’ils doivent assister aux cas de morale, s’ils ne veulent pas être tenus à l’écart lors des promotions aux bénéfices. Quant aux confesseurs, nous leur enjoignons d’y assister régulièrement. S’ils y manquent trois fois sans motif approuvé par le préfet, ils peuvent tenir pour certain qu’ils obtiendront difficilement la prorogation de leurs pouvoirs. A cet effet, nous voulons que le secrétaire de chaque conférence nous envoie deux fois par an, à la fin de juin et de décembre, la liste des absences, tant des confesseurs que des autres prêtres, afin que nous prenions à leur égard telles mesures que nous jugerons à propos1. »

Il devenait ainsi difficile de se soustraire à l’obligation d’étudier. Si l’on assistait à la conférence sans préparation, on risquait tous les huit jours de devoir étaler son ignorance aux yeux des confrères; si l’on se dérobait à la réunion hebdomadaire, on s’exposait à la disgrâce de l’évêque. Alphonse espérait avec raison, au moyen de ces règlements, pouvoir procurer en peu de temps à toutes les paroisses des confesseurs instruits. Une inquiétude lui restait à l’égard des religieux. Ils échappaient à ses ordonnances, et cependant il était persuadé, vu les habitudes de relâchement assez générales alors, qu’ils négligaient tout autant que les prêtres séculiers l’étude de la morale. Il résolut donc de ne leur conférer la juridiction qu’après un examen préalable. En vain exhibaient-ils des témoignages de leurs provinciaux ou des lettres attestant qu’ils avaient reçu ailleurs la faculté d’entendre les confessions, il voulait s’assurer par luimême de leurs capacités. Un dominicain, nommé prieur à Sainte- Marie de Vico, vint lui demander des pouvoirs. « Volontiers, lui ditil, mais présentez-vous à l’examen. » Le prieur s’y refusa, et il en résulta qu’il ne put jamais confesser ni dans son église ni dans le diocèse. Un capucin à barbe vénérable vint un jour le trouver à Sainte-Agathe. Il arrivait de la Bosnie, où il avait longtemps travaillé, disait-il, à la conversion des schismatiques et des infidèles.

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