Leltere ad un ministro di Stalo
L'ÉVÊQUE DE SAINTE AGATHE
ment de 1764, Alphonse apprit par Remondini que le nouveau Pascal préparait une critique de son opuscule. 11 répondit avec calme : « J’ai écrit pour obéir à ma conscience. Je suis convaincu qu’un confesseur n’a pas le droit d’obliger un pénitent à suivre l’opinion en faveur de la loi quand l’opinion opposée est également probable. Je ne croirais pas pouvoir donner la juridiction à ceux qui suivraient l’opinion rigide. Que le père Patuzzi écrive contre moi, j’en serai très heureux. Ses critiques auront pour résultat de mettre mon système plus en lumière !. »
Le pamphlet parut en septembre 1764, sous ce titre : La cause du probabilisme remise sur le tapis par MgT de Liguori, et de nouveau convaincue de fausseté par Adelfo Dositeo . C’était le nom de guerre de Patuzzi. Écrit sur un ton rogue et sentencieux, il ne contenait rien de nouveau. L’auteur s’étonnait qu’après tant d’ouvrages lumineux sur le probabilisme (les siens sans doute), tant de condamnations d’un système aussi faux qu’exécrable, tant de coups portés à ce monstre par les souverains pontifes et par des milliers de prélats et de personnages illustres, on vint encore au secours de ce moribond comme s’il eût été possible de le ranimer. « J’admire votre courage, Monseigneur, ajoutait-il, et surtout votre naïveté. Comment avez- vous pu croire qu’avec quatre feuilles d'impression vous alliez réduire au silence tant d’écrivains distingués, en particulier l’autour de la Règle prochaine des actes humains , à qui vous faites plusieurs fois allusion dans votre dissertation? » Cet auteur, c’est Patuzzi en personne. Il continuait sur ce ton, avec l’outrecuidance du lion parlant au moucheron, mêlant les plaisanteries aux invectives, et, pour le fond, se bornant à rééditer les thèses ordinaires des probabilioristes sur l’obligation d’observer les lois douteuses, sur la promulgation des lois naturelles et divines, et sur le laxisme des probabilistes. Pour finir, croyant son adversaire anéanti, il le sommait de se rétracter. Le prélat n’avait-il pais promis de faire amende honorable si on lui donnait de bonnes raisons? L’audacieux pamphlétaire eut bientôt l’occasion de s’apercevoir qu’il ne suffit pas d’enfler la voix pour abattre un homme de science et de conscience.
Quatre mois après, en janvier 1765, paraissait Y Apologie de Monseigneur de Liguori contre les attaques d'un certain Père Lecteur11 qui prend le nom d’ Adelfo Dositeo . Mais telle était l’animosité des probabilioristes qu’ils employèrent tous les moyens pour en empêcher la divulgation. « Ils importunent le gouvernement, écrivait Alphonse