‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 43 sur 222 · Ergo erravimus a via veritatis · texte numérisé non relu

Ergo erravimus a via veritatis

CONSTITUTIONS LIGUORIENNES.

Villani : « Je me rappelle une opinion plusieurs fois émise, c'est que pour ôter à l’un ou l’autre père l'idée de contester la validité des actes, il serait bon de tenir l'assemblée à Saint-Ange, dans les États du pape. » La précaution n'était pas inutile. Vu les sentiments régalistes qui dominaient alors, certaines tètes auraient pu dénier au chapitre le droit d’édicter des constitutions et même de siéger avant d'avoir obtenu l'assentiment du roi. Ces craintes cependant ne prévalurent pas, et Nocera fut choisie.

D’autres appréhensions se manifestaient, et avec non moins de raison. Il s'agissait d’assurer l'avenir de l'institut en déterminant, par des constitutions officiellement acceptées et promulguées, tous les détails de la vie intime des religieux, la forme exacte des missions, les divers rouages du gouvernement, et par conséquent on pouvait s'attendre, sur des matières aussi graves, à diverses oppositions. « Je ne sais, écrivent Mazzini à la sœur Marie -Angèle, si Dieu me donnera la consolation de voir confirmer toutes nos constitutions. Il est certain que l'enfer va se déchaîner contre nous au prochain chapitre1. » Il ne fallait pas, du reste, être grand prophète pour le prédire, car si le diable rôde autour de chaque homme et lui souffle ses idées, il serre de plus près encore les capitulaires pour peu qu’ils consentent à prêter l'oreille. De là les dissensions qui agitent souvent ces sortes d'assemblées.

Le chapitre de Nocera se composait d'hommes infiniment respectables, au nombre de vingt. Alphonse présidait, entouré de ses six consulteurs, les pères Villani, Mazzini, Fiocchi, Ferrara, Cajone, Étienne Liguori, et du père Laurent d’Antonio, substitué récemment comme procureur général au regretté père Margotta. Puis venaient les recteurs des six maisons, assistés d'un membre nommé par les électeurs de chaque résidence. Représentaient Ciorani, les pères Landi et François de Paule ; Nocera, les pères Gaiano et Cimino; Iliceto, les pères Piccone et Mathias Corrado; Caposele, les pères Cajone et Pascal Caprioli ; Saint-Ange , les pères de Léo et Nicolas Grossi ; Girgenti, les pères Apice et Tannoia. Le père Cajone remplisait les fonctions de secrétaire. La plupart des capitulaires, anciens de la congrégation, avaient rendu de grands services comme missionnaires ou dignitaires. Tous pratiquaient depuis longtemps ces constitutions qu’il s'agissait d’approuver et de confirmer. On pouvait donc, malgré certains présages, espérer que ce sénat si bien composé dissiperait bien vite toutes les appréhen-

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