Omnes concordiler , nemine discrepante
CONSTITUTIONS LIGUORIENNES.
de constater que le recteur majeur conservait sa charge en vertu du bref pontifical. Les consulteurs restant en charge aussi longtemps que le recteur majeur lui-inème, il s’ensuivait que, ses pouvoirs étant prorogés, ceux des consulteurs l’étaient aussi.
Cette conclusion s’impose, et cependant les mécontents s’obstinèrent à établir sur ce point une différence entre le recteur majeur et les consulteurs, si bien que, pour couper court à toute discussion, et « maintenir la concorde et la paix !, » comme disent les actes, les six consulteurs et le procureur général donnèrent leur démission. La grande majorité des capitulaires ne voulait point accepter une abdication qui n’avait aucune raison d’être , mais les démissionnaires insistèrent avec une volonté si ferme 2 que, « par amour également de la concorde et de la paix 3 », le chapitre accepta cette renonciation toute spontanée. Si quelques-uns se réjouirent de cette solution, leur joie ne fut pas de longue durée. Le même jour on fit de nouvelles nominations, et tous les démissionnaires, sans exception, obtinrent la grande majorité des suffrages. Le père Tillani obtint l’unanimité moins deux voix, Mazzini moins une, Fiocchi moins deux, les autres moins trois ou quatre, ce qui prouve que cette question de légitimité ne fut soulevée que par un ou deux opposants. Si le chapitre consentit & la discuter, ce fut pour enlever aux malintentionnés tout prétexte d’attaquer les constitutions auxquelles la sanction allait être donnée.
Les capitulaires devaient en effet reviser une dernière fois les constitutions et consacrer ainsi l’œuvre du saint fondateur. Ce travail, bien qu’assez long, n’offrait aucune difficulté, car il s’agissait de statuts remontant aux origines de la congrégation, basés sur les révélations de la sœur Marie-Céleste, élaborés pendant dix ans par Alphonse et son directeur, et approuvés, au moins quant à la substance, par le pape Benoit XIV. Examinées et développées par les chapitres de 1749 et de 1755, ces constitutions venaient de recevoir leur forme définitive. Sur l’ordre de notre saint, Tannoia en avait disposé les articles de manière à en faire le perpétuel commentaire de la règle. Infiniment respectables, elles avaient formé des saints en grand nombre et de vrais apôtres de Jésus-Christ : qui donc aurait osé porter la main sur ce code béni de Dieu ? Aucun n’eut cette témérité. En moins de six semaines, l’assemblée entendit la lecture d’un volume de cinq cents pages,