‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 47 sur 222 · La main du Seigneur nous a frappés · texte numérisé non relu

La main du Seigneur nous a frappés

géra au délinquant des pénitences graves, et s’il ne se corrige pas, il sera chassé. La congrégation n’a pas besoin de sujets nombreux, mais de sujets qui veuillent se faire saints. Dix hommes qui aiment vraiment Dieu, cela suffît. Eh quoi! allons-nous payer par l'ingratitude les éclatantes faveurs que Dieu accorde à l’institut, ou voulons-nous, comme tant d’autres, scandaliser l’Église au lieu de l’édifier?

« Je n’ai pas caché au père Villani que son gouvernement me parait trop faible et trop doux, et c’est pourquoi je prétends qu’on m’avertisse des manquements importants. Si donc, après avoir signalé au père Villani quelque irrégularité notable, vous ne la voyez pas réprimée, je vous prie de me la signaler à moi-même, et je trouverai moyen de remédier au mal. Dieu ne prolonge ma vie que pour cela. »

Passant ensuite aux travaux apostoliques, il recommande de ne pas nourrir un désir impatient de prêcher, mais de n’avoir qu’un seul désir, celui de plaire à Jésus-Christ. Il exhorte spécialement les jeunes pères à préparer soigneusement leurs sermons, ne fût-ce qu’une simple allocution, « afin que tout, dit-il, soit solide, bien ordonné, écrit dans le style familier qui convient aux missionnaires. Qui agirait autrement se verrait interdire la prédication. Notre principal souci doit être de nous mortifier et de plaire à Dieu : autrement Dieu ne nous prêtera pas son concours, et nous jetterons nos paroles au vent. Je vous bénis, ajoute-t-il en terminant, j’entends tous ceux qui ont l’intention de se faire saints. Je ne maudis personne, mais ceux qui n’auraient pas bonne intention, Dieu se chargera de les maudire et de les chasser de la congrégation. »

C’est toujours le même homme et la même pensée, comme nous l’avons tant de fois remarqué. Dieu vous a appelés à la congrégation pour devenir des saints; les règles et constitutions sont les moyens de sanctification que Dieu vous met en main : ou vous marcherez dans la voie qui vous est tracée, ou Dieu lui-même vous bannira de sa maison. Qui n’admirerait la force d’âme de ce saint évêque, dirigeant d’une main son diocèse, et de l’autre tenant le gouvernail de l’institut? Son invincible intrépidité eut raison des récalcitrants, des quelques esprits forts, comme les appelle Landi, qui, depuis le chapitre, ne se gênaient pas pour déclamer contre les constitutions et encore moins pour les violer. Ils quittèrent la congrégation , ainsi qu’Alphonse le leur avait prédit et comme il arrive toujours à ceux qui traînent impatiemment le joug de l’obéissance au lieu de le porter courageusement par amour pour Dieu.

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