Lettre du 25 juillet
LES RÉDEMPTORISTINES A SAINTE-AGATHE
Vierge, sous le titre de Sainte-Marie de Constantinople; mais la famille s’était éteinte avant l’achèvement complet de cette église et du couvent y attenant, de sorte que le peuple l’appelait l’église de Saint-Nul, parce que nul saint n’y était honoré. Plus tard un pieux chanoine érigea dans ce lieu un autel en l’honneur de Marie, et y établit une confrérie qui fit assez longtemps l’édification de la ville. Le chanoine mourut, les cent cinquante frères qui composaient l’association se dispersèrent ou tombèrent dans le relâchement, de sorte que, peu d’années après, il ne restait plus trace de la confrérie. Des franciscaines prirent alors possession des bâtiments, qu’elles augmentèrent pour en faire une maison d’éducation. Pendant cinquante ans elles élevèrent dans la piété les jeunes personnes de la ville, mais au commencement du dix-huitième siècle, la discorde pénétra dans le lieu saint, et le couvent, abandonné par les religieuses, devint un repaire de gens de mauvaise vie et une caserne pour les soldats de passage. C’est une retraite de bêtes fauves, pour parler comme Tannoia, que saint Alphonse entreprit de changer en un nid de colombes.
Il s’agissait de restaurer l’église, réparer et meubler la maison, et disposer le tout pour établir une clôture parfaite. 11 fallait ensuite assigner à la communauté une rente suffisante. A cet effet, il demanda au pape l’autorisation de prélever sur les revenus des chapelles ecclésiastiques une somme annuelle de quatre-vingt-dixsept ducats, et au roi de Naples, une autre somme de cent vingt-cinq ducats sur les revenus des chapelles laïques, ce qui lui fut accordé. La ville promit cinquante ducals pendant dix ans. Ces rentes, ajoutées aux quatre cents ducats attachés à l’église, permettaient, avec les dots des religieuses, de constituer le monastère. « Quant aux subsides des chapelles, écrivait Alphonse à don François Mostillo, qui dirigeait les travaux de réparation, ils nous manqueront pendant plusieurs années par suite des désastres de la famine, mais les pensions des éducandes y suppléeront. De mon côté, je promets de donner pendant ce temps cent ducats par an, car je veux commencer immédiatement cette sainte œuvre. 1 »
Six mois après, les travaux de reslauration avançaient avec tant de rapidité que déjà la ville se préparait à recevoir les religieuses. Rien de plus curieux que la lettre suivante de don François Mostillo, agent du duc de Maddaloni, qui s’intitule intendant général des constructions pour le monastère de Sainte-Marie de Constantinople :