‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 60 sur 222 · I. T&nnoia, liv. III, ch. iv · texte numérisé non relu

I. T&nnoia, liv. III, ch. iv

LE CHEVALIER DE LA SAINTE ÉGLISE

A l'instigation de leurs ministres, des Pombal, des d’Aranda, des Choiseul, fidèles exécuteurs des volontés de la secte, Leurs Majestés très fidèle, très chrétienne, très catholique, les rois de Portugal, de France, et d’Espagne, n'eurent pas honte de se dégrader jusqu’à proscrire de leurs États ces jésuites qu’ils estimaient au point d’en faire leurs confesseurs et de les associer presque à leur pouvoir. Nous avons vu le soupçonneux et crédule Joseph de Portugal, esclave de l’odieux Pombal, inaugurer la douloureuse passion de la compagnie de Jésus. Puis ce fut le tour du voluptueux Louis XV. Les parlements, les philosophes, le ministre Choiseul et l’adultère Pompadour, lui arrachèrent le décret du 6 août 1762, qui prononçait l’arrêt de mort de la compagnie en France : « Sa Majesté, écrivait au pape le ministre des affaires étrangères, n’a signé qu’à regret, et pour des raisons supérieures fondées sur le bien public, l’édit de suppression. Il serait donc inutile et encore plus dangereux que le pape fit directement ou indirectement aucune démarche contraire aux intentions du roi. Sa Sainteté, par zèle pour la religion et par bienveillance pour les jésuites, doit se prescrire à elle-même le silence que Sa Majesté a ordonné dans ses États. » Le bourreau commandant le silence sur son crime, n’est-ce pas le comble de l’impudeur? Toutefois Clément XIII n’était pas homme à se laisser fermer la bouche. Le 9 janvier 1765, il lança dans le monde catholique la bulle Apostolicum , qui vengea les victimes des outrages des despotes et de leurs valets. « Sa mission, dit-il, lui commande d’étendre sa sollicitude à tous les besoins de l’Église, particulièrement aux ordres religieux approuvés par le Saint-Siège, et d’encourager, protéger et consoler les vaillants ouvriers qui cultivent la vigne du Seigneur. Parmi ces instituts il faut compter la compagnie de Jésus, approuvée, confirmée, louée par plusieurs de ses prédécesseurs et tant de glorieux monarques, pépinière de saints, de martyrs, et d’ouvriers évangéliques qui ont rendu au monde tant de signalés services. » Dans son indignation, il flétrit les téméraires qui n’ont pas rougi d’appeler « irréligieux et impie » un ordre solennellement glorifié par l’Église, et dans sa justice il l’approuve et le confirme de nouveau, à l’instar de ses prédécesseurs1. »

Cet acte de vigueur apostolique consola les chrétiens opprimés qui pleuraient en silence sur tant de ruines, mais aucun n’en ressentit autant de joie que l’évêque de Sainte-Agathe. Nous avons vu sa désolation lors des proscriptions de Portugal. La dispersion

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