‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 72 sur 222 · Lettre à la sœur Brianna Carafa · texte numérisé non relu

Lettre à la sœur Brianna Carafa

LE NOUVEAU JOB

cette lettre de rappel : « Mon cher Salvatore, les jours s’écoulent, le logement convenu n’est pas encore trouvé, et les soldats vont de mal en pis. Réfléchissez à la multitude de péchés qui se commettent et dont vous devrez rendre compte à Dieu. Nous voulons avoir de l’eau, et nous multiplions les iniquités qui sont la cause de la sécheresse! Venez me trouver immédiatement, je vous prie, afin d’aviser de concert1. » Salvatore s’empressa, au sortir de cette conférence, de caserner ses soldats. Plus tard, appelé comme témoin au procès de béatification, il disait : « En qualité de syndic d’Arienzo, je me suis bien souvent entretenu avec le saint évêque, mais il ne me parlait jamais que de choses de piété, ou de scandales à faire disparaître, ou de secours à procurer aux pauvres. »

Cependant le ciel restait serein, et l’on voyait arriver le moment où l’eau manquerait tout à fait. Alphonse annonça que, le 10 juillet, s’ouvrirait une neuvaine de prières et de prédications pour exhorter le peuple à la pénitence et fléchir la colère de Dieu. Malgré son état d extrême faiblesse, il prêcha lui-même cette neuvaine, dont son serviteur, Alexis Pollio, également témoin au procès, raconte en ces termes le succès merveilleux : « On ne peut s’imaginer quelle était l’afflicfion de la population. Touché de pitié, Monseigneur commença une neuvaine dans l’église de l’Annonciation. Des capucins, appelés par lui pour entendre les confessions, parcouraient le soir les villages voisins, et exhortaient les habitants à venir entendre la parole divine. Le saint parlait avec une chaleur extraordinaire. Dès le premier jour de la neuvaine, il dit à ses auditeurs d’avoir bon courage, et que, le 26, fête de sainte Anne, la Vierge Marie viendrait à leur secours. En effet, le jour de sainte Anne, le temps, calme et serein comme d’ordinaire, changea tout à coup. Le ciel se couvrit en un instant de gros nuages, et une pluie diluvienne inonda le pays. Le lendemain, Monseigneur retomba plus malade que jamais, de sorte qu’il lui fut impossible de terminer les exercices. »

Dieu ne lui avait accordé que le répit nécessaire pour accomplir ce grand acte de zèle et de charité envers son peuple. Pendant les derniers jours de la neuvaine, les douleurs sciatiques le reprirent avec une violence inouïe. La fièvre augmentant chaque jour, on craignit bientôt pour sa vie. On lui proposa de mander un médecin de Naples : « Les médecins de Naples, répondit-il, ne font pas plus de miracles que ceux d’Arienzo. » Toutefois les deux docteurs qui le soignaient exi-

Page 1