‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 74 sur 222 · De V honoraire des messes , nof 10 et il · texte numérisé non relu

De V honoraire des messes , nof 10 et il

LE CHEVALIER DE LA SAINTE ÉGLISE

tua ! Si vous connaissez quelque bon ouvrage sur l'immunité personnelle, envoyez-le moi. Vous trouverez aussi dans la brochure que je vous ai réexpédiée un papier contenant certaines notes dont j’aurais besoin1. »> — « Je conserve, dit Tannoia, le manuscrit de cette dissertation. Elle ne fut qu’ébauchée parce’ que, vu les circonstances, son directeur Villani lui conseilla fortement de ne pas la livrer à l’impression 2. »

Cet amour du travail dans un vieillard presque agonisant remplissait d’admiration ceux qui venaient lui faire visite. « Si l’on dit de saint Jérôme, observait un vénérable ecclésiastique, qu’il triomphait de ses maladies en ne cessant de lire ou d’écrire, perpétua lectione ac scriptione superabat; s’il y a lieu de s’émerveiller en voyant tout ce que saint Grégoire écrivait, bien qu’infirme et souffrant, infirma et ægra valetudine 9 Mgr de Liguori doit exciter plus encore l’admiration par les nombreux travaux auxquels il se livra dans un état pire que celui où furent jamais saint Jérôme et saint Grégoire. » Plusieurs de ses amis, persuadés qu’une aussi constante application abrégerait ses jours, s’adressèrent même au père Villani pour le prier de modérer le zèle du saint; celui-ci se justifia doucement en disant qu’il n’abrégeait aucune de ses dévotions et ne négligeait nullement le soin de son diocèse. « Le temps qui me reste, ajoutait-il, je ne crois pas qu’il puisse me suffire de me croiser les bras et de regarder le ciel. » Si encore il avait pu regarder le ciel ! mais il n’avait pas même cette consolation pour se distraire. Plusieurs fois Villani revint à la charge : toujours Alphonse répondit que le travail était pour lui un délassement, que ses ouvrages pouvaient avoir quelque utilité pour les âmes, et que d’ailleurs, quand il avait d’autres devoirs à remplir, il quittait à l’instant ses compositions.

On peut l’en croire sur parole, ce n’est pas lui qui aurait sacrifié un exercice de piété au plaisir de satisfaire son activité naturelle. En maladie comme en santé, il suivait ponctuellement l’ordre du jour tracé par son directeur. Dès que son état de souffrance le lui permit, on le vit, aux heures fixées, accomplir avec la plus parfaite régularité les pratiques de dévotion dont il s’était fait une douce habitude. Le matin, après la demi-heure d’oraison, il se préparait à la sainte communion, qu’il n’omettait jamais. Puis venait l’action de grâces, qu’il prolongeait pendant une heure, et la récitation des heures canoniales. Après le dîner, son unique repas, une courte récréa-

Page 1