‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 79 sur 222 · Corrispondenza spéciale , lettre CCXVL · texte numérisé non relu

Corrispondenza spéciale , lettre CCXVL

LA PERSÉCUTION EN SICILE

membres de sa congrégation plus rigides que lui, il aurait voilé ou modifié son système moral, mais il se contenta d’&bréger ses précédentes dissertations sur ce sujet : rien de plus, rien de moins. Il se serait fait tuer, lui et sa congrégation, plutôt que de trahir la vérité.

« On m’a calomnié, dit-il, en prétendant que j’enseigne dans ma Théologie morale un probabilisme relâché. Il faut donc que j’expose mon système brièvement et clairement. Voici les trois systèmes en vigueur relativement à l’usage des opinions probables :

« Le premier soutient qu’on peut suivre l’opinion moins probable en faveur de la liberté en présence de l’opinion certainement plus probable en faveur de la loi. Cette thèse a été embrassée quasi communément par les auteurs du siècle dernier; mais je la considère comme laxe et illicite en pratique, noi diciamo ch' ella è lassa .

« Le second système, celui des écrivains modernes, veut que, pour être licite, l’opinion en faveur de la liberté soit moralement certaine. Je trouve ce système trop rigide, et je le démontrerai. Qu’on veuille bien ne pas condamner la thèse avant d’en avoir examiné les preuves. Mépriser un auteur sans l’avoir entendu, ce n’est ni charité ni prudence.

« Le troisième système, celui que j’adopte, admet comme licite l’opinion équiprobable en faveur de la liberté, par la raison que, en cas d’équiprobabilité, la loi, restant absolument douteuse, manque de la promulgation nécessaire pour obliger. »

Dans cette discussion il développe avec force les preuves de sa thèse et renverse celle des rigoristes, plus préoccupé de les convertir à la vérité que d’apaiser leurs colères. « Mon système sur la licéité de l’opinion équiprobable, dit-il en finissant, je crois l’avoir démontré jusqu’à l’évidence; et beaucoup de prélats, de supérieurs d’ordre, de doctes personnages, ont trouvé mes arguments irréfutables. Quant à la « morale relâchée », tout le monde sait que je la réprouve dans ma Théologie. Il est vrai que dans mes premières éditions j’ai adopté, sur la foi d’un grand nombre d’auteurs, certaines opinions peu sûres; mais, après un nouvel examen, je les ai rétractées ou réformées, ainsi qu’on peut le voir dans YElenchas imprimé en tète de l’ouvrage. J’ai répudié nombre d’opinions soutenues par Busembaum et autres auteurs probabilistes : aussi suis-je plutô considéré comme rigide. Du reste, je ne fais aucune difficulté d’approuver les opinions qui me paraissent suffisamment probables. Je crois, avec saint Antonin, qu’agir autrement, c’est travailler pour l’enfer, ædifxcare ad gehennam .

LE CHEVALIER DE LA SAINTE ÉGLISE

« Depuis plusieurs mois, je suis au lit par suite d’une maladie qui vraisemblablement me conduira au tombeau. On dit généralement qu’à la mort on tient un autre langage que pendant la vie parce qu’au dernier moment on éprouve des remords inconnus ou méconnus jusque-là. Pour moi, je n’éprouve aucun remords relativement à mon système sur l’opinion probable. J’aurais au contraire toutes les craintes imaginables si j’avais adopté, quand il s’agit de les appliquer aux autres, les doctrines rigides de certains auteurs modernes. Je dis quand il s agit des autres , afin de suivre le conseil de saint Jean Chrysostome : « Soyez rigide pour vousmême et compatissant pour le prochain, circa vitam tuam esto austerus , circa aliénant benignus . »

En face des gens sincères, l’ Apologie était parfaitement concluante. Vous nous persécutez comme partisans de l’opinion moins probable, c’est-à-dire du pur probabilisme professé par les jésuites. Or nous réprouvons aussi bien que vous l’opinion moins probable et le système des jésuites ; nous n’admettons comme licite que l’opinion équiprobable. Vous avez donc tort de nous persécuter. Rien de plus logique que ce raisonnement. Toutefois, comme les rigoristes comprenaient sous le nom de « morale relâchée » l’équiprobabilisme au même titre que le pur probabilisme, il faut avouer que Y Apologie n’avait pas grande chance de désarmer les ennemis de la congrégation. C’était la conviction des pères Siciliens, en particulier du père Blasucci, leur éminent supérieur. Homme aussi remarquable par la science que par la vertu, mais incliné vers les opinions rigides, Blasucci jugea pour le moins inopportunes les déclarations équiprobabilistes de son supérieur. « Tout le monde croit ici, écrivait-il à Villani, que nous professons les opinions des jésuites, parce que M*r de Liguori a commenté le jésuite Busembaum. Si on ne déracine pas cette fausse idée, nous serons chassés de Sicile et de Naples. Ce n’est pas de ma part une terreur panique, croyez-le bien; ce n’est malheureusement qu’une crainte trop fondée pour qui connaît les dispositions de la cour. M** de Liguori ne fait que défendre son système équiprobabiliste et rééditer ses arguments contre Patuzzi. Il croit convertir à ce probabilisme modéré nos ministres de Palerme, qui ont juré d’extirper du pays tout reste de jésuitisme : c’est de la simplicité ; mais à notre époque je crois que la prudence du serpent va devenir plus utile que la simplicité de la colombe. » Bref Blasucci se persuada qu’un peu de diplomatie aiderait Y A pologie à désarmer les ministres. Il écrivit lui-même au conseiller Targiani une justification des missionnaires, dans laquelle le serpent

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avait réellement le pas sur la colombe. « Comme supérieur de la congrégation en Sicile, il avait le devoir, disait-il, de défendre l’honneur de ses religieux contre les fausses imputations de leurs détracteurs. On leur reprochait de professer des doctrines jésuitiques : sur quel fondement appuyait-on cette indigne calomnie? Sans doute sur la Théologie morale de M*r de Liguori, supérieur général de l’institut du Très Saint-Rédempteur ! D’abord le digne prélat professe, non pas le probabilisme, mais le système équiprobabiliste, système modéré qui n’admet nullement les opinions moins probables. Ensuite l’éminent conseiller Targiani est trop homme de son temps pour ne pas savoir qu’aujourd’hui Yipse dixit n’est plus la dernière raison des choses. On ne jure plus dans notre siècle de lumières in verba magistri . Imbus des sciences modernes, d’une philosophie sans préjugés et des principes de la saine critique, les missionnaires croiraient fouler aux pieds la droite raison s’ils s’attachaient à l’opinion moins probable en face de la plus vraisemblable. Le docte conseiller de Palerme a-t-il jamais rencontré un professeur d’éthique naturelle qui ait embrassé le système qu’on nous impute? Excellence, ajoutait Blasucci, croyez-en le ministre de Jésus-Christ qui a l’honneur de vous écrire, ni moi ni mes compagnons ne professons un système contraire aux premiers principes de la raison comme de la prudence. Et s’il en était autrement, comment serionsnous demandés dans toutes les paroisses du diocèse de Girgenti, où nous prêchons devant les savants, devant les professeurs, devant la foule enthousiaste? Ce n’est done pas en chaire que nous débitons des maximes relâchées. Serait-ce au confessionnal? Je défie nos accusateurs de citer de nous une seule parole qui sente le laxisme. Sans doute, à une époque de divisions où il est plus facile de trouver cent horloges d’accord que quatre moralistes, chacun choisit librement ses opinions; mais notre règle, à nous, c’est de choisir toujours celles qui nous paraissent plus vraisemblables. Et maintenant que j’ai confessé toute la vérité, j’espère que Votre Excellence daignera nous protéger contre les noires calomnies dont on accable vos serviteurs. » L’habile Blasucci ne s’était pas trompé. Ce morceau emphatique, d’un goût tout à fait moderne , plut singulièrement au conseiller Targiani. L’idée qu’il se faisait des missionnaires se modifia tout à coup. Évidemment ces religieux « imbus des sciences modernes, d’une philosophie sans préjugés et des principes d’une saine critique » ne devaient ressembler ni de près ni de loin aux jésuites qu’on venait de chasser. Targiani répondit à la missive de Blasucci par une lettre emphatique aussi mais très polie. « S’il a poursuivi depuis

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plusieurs mois les missionnaires de Girgenti, c’est qu’on les lui dépeignait sous le plus défavorable jour. Son zèle brûlant pour la pureté du saint Évangile le porte, disait-il, à venger les outrages que lui font subir ces moralistes qui l’interprètent d’après les principes de leur vaine philosophie, ces professeurs d’une prétendue science à laquelle il faut de beaucoup préférer l’ignorance. Il a donc déclaré la guerre aux missionnaires du Très Saint-Rédempteur parce qu’il les croyait inféodés à ces misérables casuistes, dont la vie se passe à corrompre la saine morale. Il apprenait avec un indicible plaisir, ajoutait-il, qu’on l’avait trompé sur leur compte. A l’avenir il prêterait son concoure à leur ministère, heureux de les voir travailler à instruire le peuple pour la plus grande gloire de Dieu et le progrès de notre sainte religion. »

Targiani ne se contenta pas de promettre sa protection, il intervint en effet en faveur des religieux calomniés, imposa silence aux accusateurs, et peu à peu le calme se rétablit. Blasucci put attendre sans trop d’angoisses qu’un nouvel évêque décidât du sort de la congrégation en Sicile. Dans un compte rendu très sommaire de ses rapports avec Targiani, il ne manqua pas de communiquer à son supérieur, mais non sans quelques réticences , les belles idées qu’il avait fait valoir pour convertir en agneaux les lions de Pâlerme. Puis, à la faveur du résultat obtenu, il crut pouvoir conseiller au saint évêque d’imiter à l’avenir sa prudente diplomatie. « Pour Famour de Dieu, disait-il en terminant sa lettre, qu’on ne parle plus d’opinion probable ou d’équiprobable, et qu’on n’écrive plus rien sur ce sujet. Ces termes-là sont devenus tellement odieux qu’ils excitent la bile même des plus flegmatiques. Défendre ces opinions, c’est se discréditer, et par là-même nuire à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Du reste, cette disposition universelle des esprits, n’esfr-ce pas un effet de la Providence qui veut ramener la morale chrétienne , pervertie par les élucubrations des hommes, à la simplicité et pureté évangéliques? Le dictamende la raison naturelle, exprimé par la conscience des simples, sera toujours en ces matières le guide le plus sur et le plus incorruptible. Voilà, devant Dieu, quelle est ma manière de voir. Aussi , puis-je vous l’assurer, en défendant l’équiprobabilisme. dans votre opuscule, non seulement vous avez perdu votre peine , mais tout travail de ce genre que vous entreprendriez àl’avenir serait plutôt nuisible qu’utile à notre cause. » En rassurant le saint sur l’état de la Sicile, cette lettre lui causa une profonde tristesse, parce qu’il y trouva la confirmation d’un fait plus funeste à son avis que la perte d’un établissement, c’est-à-dire

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la propension d’un supérieur vers les doctrines rigides. Il avait pleine confiance dans le père Blasucci , dont il connaissait les talents et rattachement filial à la congrégation ; mais si Blasucci tournât au probabiliorisme, il entraînerait dans son erreur bon nombre de ses confrères, sur lesquels il exerçait une influence considérable. On entraverait ainsi la grande œuvre du saint évêque, cette destruction du rigorisme janséniste, à laquelle depuis vingt ans il travaillait avec une infatigable ardeur. Sous l’impression de cette crainte, il écrivit aussitôt au père pour lui demander raison de ces insinuations plus que transparentes au sujet de Y Apologie et de l’équiprobabilisme. Celui-ci répondit en soulevant une foule d’objections contre certaines parties de Y Apologie, et surtout contre l’opportunité d’étaler devant le public des thèses contraires à l'opinion dominante des docteurs, lesquels, bon gré mal gré, demeurent les maîtres de la situation. Ce différend amena entre le père et le fils une correspondance qui dura plus de trois mois. Avec une patience héroïque, Alphonse, de son lit de douleur, réfuta, une à une toutes les difficultés que Blasucci ne cessait de lui opposer. De cette controverse, malheureusement perdue, il ne nous reste que deux lettres du saint, mais elles suffisent pour nous faire connaître la gravité de la lutte et son heureuse conclusion.

En opportuniste prudent, Blasucci aurait voulu qu’Alphonse laissât dans l’ombre son système moral, système modéré sans doute, mais qui déplaisait aux rigoristes tout autant que le probabilisme. Au point de vue de la prudence purement humaine, il avait raison; mais l’évêque de Sainte-Agathe comprenait l’opportunisme d’une tout autre manière. Sa conviction était qu’il fallait proclamer la vérité pour ne pas contribuer au triomphe de l’erreur, et que plus les rigoristes s’efforçaient d’étouffer les bonnes doctrines, plus il était urgent de les mettre en lumière. Sans doute on s’exposait ainsi aux rudes coups de l’ennemi, on courait même risque de périr dans la bataille, mais on sauvait la vérité. C’est pourquoi, fidèle à sa mission, il ne cessait d’opposer au rigorisme le système moral qu’il croyait le plus apte à sauver les âmes. « Ce système, dit-il à Blasucci, je n’ai écrit Y Apologie que pour le faire mieux connaître. Vous voudriez le cacher; mais le voudrais-je moi-mème que ce serait impossible. Mes œuvres en ont donné l’explication les unes après les autres, et si j’ai composé cette nouvelle Apologie , je vous le répète, c’est afin qu’en Sicile et partout on s’en fasse une idée complète. »

Sur le fond du système, après bien des explications, Blasucci con-

vint avec Alphonse qu'une loi douteuse n’oblige pas, mais il aurait voulu qu’on formulât avec plus de rigueur les deux propositions mie le saint docteur fait dériver de ce principe et qui constituent l’équiprobabilisme. « Je vous ai fait part de mes difficultés avec franchise et sincérité, dit Blasucci, dans une dernière lettre sur ce sujet. Je vois qu’au fond nous sommes d’accord sur la non-promulgation et par conséquent sur la non-obligation d’une loi douteuse. Seulement je crois encore qu’il faudrait formuler sans aucune clause vos deux propositions. Vous dites : « Quand deux opinions sont également ou quasi également probables, il y a doute et par conséquent la loi n’oblige pas. » A votre place, j’enlèverais le quasi, dont il est si facile d’abuser. De même, pour la seconde proposition, je ne dirais pas : « Dans le conflit de deux opinions, celle en faveur de la loi oblige quand elle est certainement ou notablement plus probable, »mais simplement : « L'opinion probabilior oblige. » Cette formule fermerait la bouche à tous vos ennemis. »

Mais Alphonse avait longuement pesé les termes dont il s’était servi : aussi refusa-t-il toute concession. En formulant ses propositions avec la rigueur d’un mathématicien, Blasucci n’agissait nullement en moraliste. « Deux opinions équiprobables s’élident, et par conséquent la loi reste douteuse, lui répondit Alphonse ; mais si elles sont quasi équiprobables, de manière que la prépondérance de l’une sur l’autre soit incertaine, elles rentrent dans la catégorie des équiprobables, parce que in moralibus parum pro nihilo repu tatur . Voilà la raison d’ètre du quasi dans la première proposition. »

D’après Blasucci, la seconde proposition devait être exprimée par cette formule très simple : l’opinion probabilior oblige, parce que, disait-il, un seul degré de prépondérance suffit pour incliner l’esprit vers elle. — « Non, répondit Alphonse, cela ne suffit pas. Pour obliger, il faut que la prépondérance soit certaine, et voilà pourquoi je dis : l’opinion certe probabilior oblige. Qui m'assurera que votre degré de prépondérance existe réellement, qu’il ne doit pas être considéré comme douteux et par conséquent de nulle valeur? Votre règle est donc confuse et donne lieu à mille scrupules, tandis que la mienne, fondée sur la certitude subjective, est absolument claire. Quand la probabiliorité me parait certaine, la loi m’oblige; quand elle me parait douteuse, la loi ne m’oblige pas. »

Alphonse avait souvent formulé sa thèse de la manière suivante : l’opinion certe aut notabiliter probabilior oblige. Ce notabililer offusquait Blasucci, bien qu’Alphonse l’expliquât tout naturellement parla

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raison que si la prépondérance n'est pas notable , elle ne sera pas certaine . L’obstiné Blasucci niait cette dernière proposition : « Un poids de dix onces est certainement plus grand, disait-il, qu’un poids de neuf onces, bien que l’excédent ne soit pas notable. Donc il n’est pas vrai de dire que si la prépondérance d’une opinion n’est pas notable, elle ne sera pas certaine. — Encore une fois, répondait son très sage antagoniste, vous parlez en physicien et non en moraliste. Un poids très faible entraîne la balance, mais une raison très faible n’entralne nullement l’assentiment de l’esprit : elle le laisse dans le doute et l’incertitude. »

« Du reste, ajoutait le saint auteur, ce sont là des questions de mots, et au fond nous sommes d’accord. Nous voulons tous deux que, pour obliger, l’opinion en faveur de la loi soit certainement plus probable. Là est le fond de la question. Vous dites qu’un seul degré de prépondérance suffit pour obliger : d’accord! vous répondrai- je, pourvu que ce degré soit assez fort, assez notable, pour rendre cette prépondérance certaine. Du moment qu’on énonce cette proposition : Pour obliger, l’opinion en faveur de la loi doit être certainement plus probable, — il n’est pas d’équivoque possible L »

Qui n’admirerait la grandeur d’âme de notre saint et son héroïque amour' de la vérité? Il fait l’apologie de son système au moment même où l’on persécute la congrégation à cause de son système. Blasucci ose lui dire que cet équiprobabilisme, qu’il oppose à tout propos aux rigoristes, finira par ruiner l’institut en Sicile. Loin d’écouter ces avertissements, il- oublie tout pour convertir son confrère à des idées plus saines. Si Blasucci devient moins opportuniste, il aura moins de chances de désarmer les persécuteurs : peu importe! qu’une maison périsse, mais que pas un de ses hommes n’incline vers un système pernicieux pour le salut des âmes! Et celui qui parlait ainsi, c’était un vieillard, presque un moribond : « Ma tête est encore solide, disait-il dans sa dernière lettre à Blasucci, mais je ne puis plus faire un pas sans m’appuyer sur le bras d’autrui. Je ne dis plus la messe depuis un an, car le rhumatisme m’a tellement courbé la tête que je ne puis plus la lever pour prendre le précieux sang. J’ai usé de tous les remèdes et je reste perclus de la même façon : Dieu le veut, et je le veux aussi. »

Après cet orage qui dura presque une année, Alphonse apprit avec grande consolation que la paix était enfin rétablie à Girgenti. Un pieux et saint évêque, de l’ordre des théatins, avait succédé à

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