‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 82 sur 222 · Opéra dogmatica contro gli erelici pretesi riformati · texte numérisé non relu

Opéra dogmatica contro gli erelici pretesi riformati

LE CHEVALIER DE LA SAINTE ÉGLISE

faires ecclésiastiques, il fut renvoyé au premier professeur de théologie à l’université de Naples, qui reçut l’ordre d’en reviser sérieusement tous les chapitres. Mais celui-ci eut beau chercher matière à censure, il fut obligé de déclarer l’ouvrage excellent et parfaitement inoffensif.

Quant à l’édition de Venise, Remondini crut devoir retrancher un paragraphe qui peut-être aurait froissé l’amour-propre national et empêché l’impression du livre. Tout le monde sait que Fra Paolo Sarpi, l’auteur d’une Histoire du concile de Trente mise à Y index, était Vénitien. Or ce « protestant sous un froc, qui, d’après Bossuet, disait la messe sans y croire, et demeurait dans une Église dont le culte lui paraissait une idolâtrie, » se montre à chaque page de son récit « non l’historien, mais l’ennemi déclaré 1 » du concile de Trente. Naturellement Alphonse rencontre souvent, on peut dire à chaque pas, ce moine apostat sur son chemin, et fait 'bonne justice de ses inventions. Il cite même des lettres de Fra Paolo que le plus franc hérétique aurait pu signer, entre autres celle-ci, qu’il écrivit à un ministre de Louis XIV à propos de l’arrivée à Venise d’un ambassadeur protestant de Hollande : « Je me réjouis d’avoir vécu assez longtemps pour voir dans ma patrie un représentant de cette république qui reconnaît comme moi que le pape est l’Antéchrist. » Les Vénitiens n’auraient point permis qu’on déshonorât leur Fra Paolo par la publication de ces lettres scandaleuses, et c’est pourquoi on ne les trouve que dans l’édition napolitaine.

En sa dédicace au pape Clément XIV, Alphonse déclare qu’il a composé cet ouvrage au déclin de sa vie, « pour faire connaître de plus en plus la vérité et la sainteté des dogmes catholiques, définis contre les erreurs des protestants par le saint concile de Trente, dont les travaux ne seront jamais assez appréciés. Les prétendus réformés, dit-il, en renouvelant d’anciennes hérésies, se sont efforcés par leurs sophismes et leurs fausses doctrines d’anéantir la foi en Jésus-Christ, et, autant qu’il était en eux, de conduire toutes les âmes à l’éternelle perdition. » C’est pour déjouer leurs manœuvres qu’il a écrit cet ouvrage et qu’il demande au pape de le bénir. Clément XIV lui exprima sa satisfaction de voir avec quel zèle il travaillait non seulement à sauver et à sanctifier les catholiques, mais encore à faire resplendir la vraie foi aux yeux des protestants et des incrédules.

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