‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 85 sur 222 · Corrispondenza spéciale , II · texte numérisé non relu

Corrispondenza spéciale , II

DOGMES ET HÉRÉSIES

La flèche du Parthe, c’est cette insinuation : « L’auteur a consulté des auteurs doctes, mais plus pieux que critiques, non tam a cri ticis quam a doctis piisque scriptoribus . » N’ayant pu mordre aux doctrines, le censeur tâche au moins d’entamer les faits surnaturels, ou déshonorants pour les hérétiques. Or il se donne une peine inutile, car les auteurs cités par saint Alphonse, et que nous avons énumérés, « tous de bon renom et de saine critique, di buon nome e critica , » protestent contre l’injuste accusation du pointilleux chanoine. Évidemment Simioli ne considérait comme vrais critiques que les auteurs plus ou moins jansénistes, qui retranchaient de l’histoire les faits entachés de surnaturel, et le grand tort de l’évêque c’était de n’avoir aucun respect pour ces « dénicheurs de saints ».

Dans une lettre au reviseur ecclésiastique, don Lorenzo Selvaggio, qui avait servi d’arbitre entre lui et Simioli, Alphonse parle avec une certaine amertume des procédés du chanoine. << Affirmer que j’ai consulté des auteurs peu critiques, dit-il, c’est m’accuser d’avoir recueilli les faits au hasard et fait flèche de tout bois; c’est déshonorer le livre en laissant croire que j’ai cherché plus à convertir qu’à convaincre, que j’ai parlé plus en dévot qu’en théologien, et que finalement mes arguments, procédant plus du cœur que de la raison, n’ont pas grande portée. Vraiment il faut avoir du courage pour imprimer un livre qui porte en tête cette belle recommandation. Je ne l’ai pas écrit pour ma gloire, mais pour la gloire de Dieu ; seulement je me demande quelle gloire peut procurer à Dieu un livre ainsi discrédité. Enfin qu’v faire? Celui qui veut imprimer doit s’attendre à mille ennuis1. » Malgré ce petit chagrin, qu’il ressentit bien plus pour le tort fait à Dieu que pour l’injustice commise à son égard, il n’en resta pas moins l’ami de Simioli. Il souhaita même au docte chanoine le chapeau de cardinal, « parce qu’il n’existe point actuellement dans le Sacré-Collège, disait-il, im seul cardinal qui ait professé la théologie, et il est nécessaire à l’Église qu’il y ait des cardinaux savants, car ils sont les aides et les conseillers du souverain pontife2. »

Une autre singularité digne de remarque, et qui surprendra bien des lecteurs, c’est que YHistoire des Hérésies est dédiée au marquis Tanucci. Chose plus étonnante encore, l’auteur ne marchande pas les éloges au fameux ministre. « Secondant son auguste prince, il a toujours montré, assure-t-il, le glus grand zèle pour les

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