Storia delle Eresie, inlenlo dell’ Opéra, n« 1 et
DOGMES ET HÉRÉSIES
de la raison humaine et du libre examen, ils en ont fait sortir des monstres de doctrine qui révoltent la raison et épouvantent la conscience. Au fond ils n’ont aspiré qu’à détruire ; ils n’ont fondé que l’école de la négation de tous les dogmes pour aboutir enfin à la négation du Christ rédempteur, à la négation même du Dieu créateur. Ils ont joué le rôle du nuage qui cherche à voiler le soleil, et qu’un rayon de cet astre suffit à dissiper. La lumière du divin soleil, dont aucune hérésie n’a pu soutenir ni ternir l’éclat, n’est-ce pas le triomphe de l’Église, et la preuve que la raison humaine révoltée ne peut rien contre la raison de Dieu?
V Histoire des Hérésies , partout applaudie, mit fin aux travaux dogmatiques de notre saint. « Ce sera, écrivait-il le 20 août 1772 l, mon dernier grand travail. Avec mes soixante-dix-sept ans, je ne dois plus penser qu a la mort. Je n’ai plus de santé, je ne tiens plus sur mes pieds, je passe mes jours dans le lit ou sur un fauteuil, et du reste ma tête ne me sert plus comme autrefois. Donc trêve aux matières scientifiques! Je n’écrirai plus que des opuscules de piété, comme je suis en train de le faire. » Il ajoutait quelques mois après : « Les médecins m’obligent à sortir en voiture matin et soir afin de prolonger un peu ma pauvre existence, de sorte que je ne puis plus travailler dix-huit heures par jour comme je le faisais autrefois. Seulement quand je réussis à dérober quelques minutes au soin de mon troupeau, je tâche de ne pas perdre de temps. J’ai reçu quatre fois le saint viatique, deux fois l’extrême-onction, et j’attends la mort de jour en jour2. »
Certains travaux dogmatiques tenteront encore, nous le verrons, la plume du saint vieillard, mais il ne pourra plus leur donner une étendue aussi considérable. Du reste, son œuvre était à peu près complète. La Vérité de la Foi avait exposé la Théologie générale; et l’ Opéra dogmatica, les dogmes particuliers, sauf une lacune que venait de combler la Réfutation des Hérésies. La Christologie n’avait pas trouvé place dans YOjjera dogmatica , parce que les protestants ne s’étaient point attaqués au Verbe incarné, mais les erreurs d’Arius, de Nestorius et des monothélites sur la divinité de Jésus-Christ et les mystères relatifs à l’Homme-Dieu, lui fournirent l’occasion de traiter avec ampleur cet important sujet. Il l’épuisa pour ainsi dire, car il y revint, en terminant son ouvrage, à propos des opinions extravagantes du père Berruyer sur l'humanité sainte du Sauveur. Les cent pages qu’il écrivit pour les réfuter donnent de