lnformalio causæ
LE BOX PASTEUR
est un homme très digne, car il ne fait que suivre mes instructions. »
Il n’était pas de jour qu’il n’expédiât ou ne reçût des messages, soit pour réparer quelque désordre, soit pour se procurer certaines informations. Sa vigilance redoublait dans ses dernières années. Comme un homme pressé d’arriver au but, il accélérait son pas pour l'atteindre plus rapidement. Au moindre scandale qu’on lui signalait, il perdait appétit et sommeil. Il examinait et consultait jusqu’à ce qu’il eût trouvé le moyen d’y remédier. Les curés, les vicaires forains étaient appelés à chaque instant : « Mes chers amis, leur disait-il, vous voyez quel est mon état : si vous manquez de vigilance ou si vous omettez de m’avertir quand vous découvrez quelque dérèglement, vous serez responsables de tout le mal qui se fera, et dès maintenant je vous avertis que je vous accuserai au tribunal de Dieu. » S’il apprenait par hasard qu’un curé insouciant laissât s'introduire quelque abus dans sa paroisse, négligeât l’enseignement catéchistique aux enfants, la prédication au peuple, ou les soins dus aux mourants, il ne lui épargnait pas les réprimandes. On lui annonça un jour qu’un pauvre campagnard était mort sans sacrements, et cela, disait-on, par la faute du curé. Alphonse allait informer et sévir quand ce dernier lui envoya une lettre pour se justifier. « Il est vrai, lui répondit l’évèque, que l’on vous incrimine; nous examinerons sérieusement l’affaire dont il s’agit, et justice sera faite, soyez-en sûr1. » Heureusement pour l’accusé, son innocence fut reconnue.
Le saint vieillard s’intéressait aux élèves du séminaire plus vivement encore, s’il est possible, que pendant sa résidence à Sainte- Agathe. Outre les notes qu'il envoyait chaque semaine, le père Caputo devait très souvent se rendre à Arienzo pour examiner avec le prélat la conduite des séminaristes. Les manquements tant soit peu graves étaient sévèrement réprimés. « Il y aura toujours des brebis boiteuses, disait le saint, mais il faut s’efforcer de les faire marcher droit. » Sa vigilance s’exercait spécialement sur ceux qui rentraient dans leur famille pour raison de santé . Il les recommandait à leur curé ou à quelque bon prêtre de l’endroit. S’il recevait de mauvais renseignements sur leur conduite, il les avertissait, et, s’ils ne se corrigeaient pas, il les congédiait. Aussi les séminaristes craignaient-ils plus l’évèque malade que l’évêque bien portant. Soupçonnant que certains élèves ne se disaient indisposés que pour vivre hors du séminaire, il écrivit au supérieur, qui avait les mêmes