‹ Saint Amand [microform]Chapitre 4 sur 136 · VIII AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AYANT-PROPOS

d'heroisme, tant de fatigues, tant de souftrances, prodigues pour notre race huraaine, par nos ancetres spirituels, ne sont-ils done connus que de Dieu? Et en sommes-nous reduits a adresser notre reconnaissance et notre veneration a des personnages anonymes, dont on n'a pu vetir les statues que par des ornements d'emprunt?

Pour les sources d'autre nature, elles manquent presque completement. C'estdonc en vain, d'ordinaire, qu'oncherche a suppleer au silence des biographies par des donnees recueillies ailleurs. Nous ne possedons, sur la periode intermediaire entre Clovis et Pepin le Bref, que quelques diplomes de souverains, quelques actes prives, et deux ou trois chroniques, dont celle de Gregoire de Tours, pour le vi e siecle, 1'emporte de loin sur les autres.

Du point de vue des renseigneraents qui nous restent sur lui, Amand ne prend place ni parmi les Saints les plus privilegies ni parmi les plus depourvus de la periode merovingienne. Cinquante ans environ apres sa mor-t, un derc qui ne 1'avait sans doute pas connu, composa sa biographie. Au moins voulut-il retracer toute la carriere de son heros. II ne recourut, pour ce faire, a aucune source ecrite ; mais, habitant d'un diocese, Noyon, reuni a celui de Tournai, dans lequel Amand avait le plus travaille, il pouvait puiser a la source de la tradition orale, encore assez abondante, assez fraiche et relativement pure. Deux ou trois mentions de Vies d'autres saints, unecharte impersonnelleparlaquelle Amand remet des proprietes a un nouveau monastere, un testament d'une trentaine de lignes ou il n'est question que de sa sepulture, enfin une lettre assez longue que le pape saint Martin lui adressa viennent heureusement ajouter, a celles de la biographie ancienne, quelques precisions, moins nombreuses il est vrai, mais plus sures. II s'agit la, en effet,

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