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VIII. Amand et Colomban

Bien des fois, au cours de ce livre, nous avons rencontre le nom de saint Colomban. Comment ne pas lui reserver une place speciale dans ce chapitre, quand c'est surtout du point de vue monastique, que se remarque son influence sur le missionnaire des vallees de la Meuse et de 1'Escaut ?

II n'est pas possible de prouver que ces deuxpersonnages se soient connus. Colomban vint, sans doute, aumonde avant

dicitur Moyssiacus in pago Caturcino super fluvium quod dicitur Tarnus, quod olim sanctus Amandus abbas in honore sancti Petri principis apostolorum construxit (DE Vic et VAISSETE, Histoire du Languedoc, t. II, p. 638 et63q. Cfr Gdllia Christiana, t. I, col. i5g). Ce renseignement n'est pas necessairement inexact, parce qu'il se trouve dans un diplome inauthentique. Mais, isole. il n'a guere de valeur. Dans un ms. du xi e siecle de la VA 1 . ecrit a Moissac, on trouve deja ce nom substitue, dans un chapitre, a celui de Barisis (Cfr KRUSCH, SRM, t. V, p. 417). (i) Cfr WARICHEZ, L'abbaye de Lobbes, p. 5-i5 ; LEVISON. SRM, t. VI, p. 433-437-

ET LA VIE MONASTIQUE 23g

55o (i). II etait done notablement plus age qu'Amand, ne, d'apres notre calcul, dans les dernieres annees du vi c siecle.

En 5go, le moine irlandais, apres avoir obtenu de son abbe, Comgall, de Bangor, la permission de voyager pour le Christ , arrivait en terre gauloise avec douze compagnons (2). II se mettait aussitot a precher, par sa parole et par ses exemples, aux peuples de ce pays, dont la foi lui paraissait tres exterieure, la penitence et la mortification, YAbnega temetipsum, de 1'Evangile. II fondait bientot en Bourgogne, Annegray, Luxeuil (692) et Fontaine. II composait pour ses freres sa regie fameuse, qui reflete si bien son esprit. II devenait, surtout pour les ecclesiastiques, un conseiller tres goute, repandait en Gaule, a 1'exemple de ce qui se faisait en Irlande, la pratique de la confession privee et dressait, comme Finian le Jeune (t 58g), un penitentiel fixant les sanctions applicables aux differentes categories de peches. Mais, en depit de son austerite et de son zele, il ne tardait pas a dechainer 1'opposition des eveques par son attachement obstine aux coutumes irlandaises : independance des monasteres vis a. vis des eveques, tonsure en forme de demi-lune, usages liturgiques particuliers, fixation de la fete de Paques d'apres un cycle different de celui qui etait alors en usage dans la Gaule. Bien plus, son audace a denoncer les debauches du roi Thierry II lui attirait la haine farouche de la regente, Brunehaut, et le faisait condamner a 1'exil.

Nous voici en 610. Apres s'etre echappe de Besancon, ou il s'est vu relegue d'abord, Colomban sera dirige sur Nantes. Dans ce long voyage, nous savons qu'il s'arreta a Tours, y accepta 1'invitation de 1'eveque, L.eoparius, et y pria sur la tombe de saint Martin (3). Ce passage de 1'exile

(1) HAUCK, Kircliengescliiclitt Deutschlands, t. I, p. 244 ; MARTIN, Saint Colomban, p. n.

(2) Sur saint Colomban, voir sa Vita dans SRM, t. IV, p. 61-112, avec la preface critique de M. KRUSCH (p. 1-61) ; MARTIN, Saint Colonwan; J. LAUX, Der TtsiligeKoluntban. Sein Leben und seine ScTiriften. Fribourg, 1919.

(3) Vita Columbaiti, I, c. 22, SRM. t. IV, p. g5.

irlandais par Tours se place, peut-etre, pendant le sejour du jeune Amand dans cette ville. On ne peut dire davantage.

Nous ne suivrons pas saint Colomban dans les nouveaux voyages auxquel il se livra, apres sa liberation : dela cour de Clotaire II, roi de Neustrie, a celle de Theodebert, roi d'Austrasie, de 1'Allemagne a la Suisse et de la Suisse a 1'Italie. Age de plus de soixante-cinq ans, aspirant au repos, il fonda, enfin, dans une solitude de la vallee de la Treble, le celebre monastere de Bobbio. II y expira une annee apres, le 23 novembre 6i5.

Anterieurement au vn u siecle, on connaissait en Gaule, soit par des traductions latines, soit dans leur texte latin original, une vingtaine de regies monastiques, celles de saint Pakhome, de saint Basile, de saint Cesaire d'Arles, les ecrits de Cassien, les regies attributes a saint Macaire, a saint Antoine, etc. Ces textes ne reglementant pas, d'ordinaire, tout le detail de la vie claustrale, et la liberte de chaque monastere restant presque illimitee, il arrivait qu'on combinat plusieurs d'entre eux, a 1'usage d'une meme abbaye (i). Ainsi fit-on a Saint- Yrieix, au diocese de Limoges. Gregoire de Tours nous apprend qu'on y observait les usages monastiques, non seulement de Cassien, mais de Basile et d'autres abbes qui ont constitue la vie monastique (2).

Le grand legislateur de 1'Occident, saint Benoit, est mort en 643, plus d'un demi-siecle avant saint Colomban. En depit de cette difference, et malgre la superiorite incontestable de la regie benedictine, celle-ci ne parvint a s'imposer dans 1'empire franc que peu a peu. Au vn e siecle, elle entre partout en concurrence avec la regie de saint Colomban. A partir de 636 environ, on les adopte toutes les deux a la fois dans beaucoup de monasteres.

(1) MALVORY, Quid Luxovienses, p. i ; LOENING, Gcscliicliie des deutsclien Kir chenr edit, t. II. p. 36S-36g; HAUCK, Kircliengescliicliie DeiitscMands, 1. 1, p. 241-242 ; DOM LECLERCQ, article Eglise gallicane, dans le Dictionnaiye d'archeologie chretienne et de Utuygie, fuse. LVI-LVII (1924), col. 426-427.

(2) Historia Francoruin, X, 29, SRM, t. I, p. 440-442.

M. GEORGES GOYAU a ecrit que sur la carte monastique de la Gaule au vn e siecle, Luxeuil s'epanouit, non comme un chef d'ordre jamais il ne pretendit a ce role etranger aux idees de 1'epoque mais comme une sorte de centre pedagogique pour les vocations (i) . Ces lignes n'expriment pas encore la realite d'une maniere complete. Elles ne disent pas toute I'mfhience exercee par la principale creation de saint Colomban dans la Gaule. Que de monasteres fondes a leur tour par des religieux de Luxeuil ! Que de moines sortis de la celebre abbaye pour en gouverner d'autres ! Que de renforts accordes par les chefs de cette ecole insigne de perfection a des abbes desireux de renouveler la vie religieuse de leurs sujets ! Que d'eveques prepares a leur minis tere dans ce noviciat d'abnegation et de zele ! Que d'ecclesiastiques et de laiques penetres des principes du patriarche irlandais par leurs rapports suivis avec ce monastere ! Plutot que de nous livrer ici a de seclies enumerations (2), contentons-nous de quelques recherches dans 1'entourage meme de saint Amand. Au risque de nous repeter parfois, nous n'aurons pas de peine a nous representer ainsi les nombreuses relations intellectuelles qui existerent entre ces deux Saints.

A partir des environs de 610, Amand s'enferme a Bourges. Or, la seconde pai'tie de la Vita Columbani nous apprend que, sous Eusthasius, devenu abbe de Luxeuil apres 6i3, et mort en 629 (3), il ne s'eleva pas moins de quatre monasteres, qui suivaient la regie de saint Colomban, a Bourges et aux environs (4). Le jeune ascete put ainsi connaitre des lors ce genre special de vie monastique.

Mais il en acquit une connaissance beaucoup plus nette et beaucoup plus detaillee pendant le sejour que Jonas de

(1) Histoire religieuse (de la France), p. 108.

(2) Voir par exemple HAUCK, Kirchengeschichte Deutschlands,t.l,p. 270 ss. ; MARTIN, Saint Colomlan, p. i85 ss. ; GOUGAUD, Gaelic pioneers, p. 9 ss.

(3) HAUCK. op. cii., t. I, p. 269 et note 3.

(4) Vita Cclumbani et discipiilorum, II, c. 10, SRM, t. IV, p. 129.

Bobbio fit a Elnone, de 63g a 642 (i). Le biographe du patriarche irlandais etait alors a la veille de commencer sa belle ceuvre hagiographique. Pendant trois annees, il put narrer au venerable pontife Amand les faits si curieux racontes dans la premiere partie de sa Vita Columbani. II tenait ces renseignements de nombreux temoins qui avaient connu le celebre legislateur monastique et vecu avec lui, en particulier d'Attala et d'Eusthasius, premiers successeurs du Saint, Tun a Bobbio et 1'autre a Luxeuil (2).

Voici 1'abbaye de Rebais. En 636, Amand consacre son eglise. En 636-63y, il signe avec d'autres eveques les privileges accordes a ce monastere. Or, Rebais regut pour premier abbe et pour premiers moines des religieux de Luxeuil, et pour premiers statuts les regies de saint Colomban et de saint Benoit (3).

Voici Acharius, 1'eveque de Noyon-Tournai, auquel Amand s'adresse pour obtenir 1'autorisation d'evangeliser les Gantois. Acharius, lui aussi, fat moine a Luxeuil. Acharius obtiendra du roi Dagobert la nomination d'un de ses confreres, d'un moine de Luxeuil, encore unefois, Omer, a un autre eveche de 1'ancienne Belgique, Therouanne (4).

Voici Ouen et Eloi. Fonctionnaires a la cour de Dagobert, c'est eux qui, d'apres 1'ancienne biographie, decident saint Amand a baptiser le jeune Sigebert (5). Ouen est le fondateur de Rebais. Eloi sera le successeur d'Acharius a Noyon-Tournai, et, a ce titre, il entretiendra sans doute avec Amand de nombreuses relations. Mais avant d'etre eveque et meme clerc, il avait deja fonde le celebre monastere de Solignac, pres de Limoges, ou non seulement la regie de saint Colomban etait observee en meme temps que

(1) Cfr supra, p. 134.

(2) Vita Cohmibani, preface, SRM, t. IV, p. 6i-63 ; cfr KRUSCH, ibidem, p. 3i-32.

(3) Cfr supra, p. iSi.

(4) Cfr supra, p. 34 et 35 ; 127,

(5) Cfr supra, p. 146.

celle de saint Benoit, mais que son fondateur voulut rendre independant de 1'eveque, conformement aux principes irlandais (i). De Solignac partira pour le Nord, Remacle, fondateur de Stavelot-Malmedy (2).

Enfin voici, au testament de saint Amand, le nom d'un eveque : Mummolenus, et le nom d'un abbe : Bertin (3). Mummolenus est le successeur de saint Eloi a Noyon- Tournai. Auparavant, il fut abbe de Sithiu, ou il sera remplace par saint Bertin. Or 1'abbaye de Sithiu parait bien avoir, elle aussi, admis, a ses debuts, la regie irlandaise (4).

Tels sont les personnages et telles sont les institutions religieuses avec lesquels les sources nous montrent saint Amand en contact. II est done certain qu'il vecut dans un milieu tout rempli de 1'influen.ce de saint Colomban.

Dans quelle mesure la subit-il en realite ? II n'est pas toujours facile de le savoir. Mais deja la comparaison de ces deux caracteres et de ces deux vies manifesto certaines ressemblances dans lesquelles il est permis de decouvrir au moins quelques imitations. Et comme la biographic ancienne de saint Amand ne denote aucune dependance vis a vis de la vie de saint Colomban, cetteconformiteapparait comme une nouvelle preuve de sa valeur.

Nous connaissons beaucoup mieux saint Colomban que saint Amand. Ses onze lettres surtout, en prose ou en vers, sont precieuses pour la revelation de sa personnalite (5).

(1) Viia Columbani, II, 10, SRM, t. IV, p. 128 ; HAUCK, op. cit., t. I, p. 272 ; KRUSCH, SRM, t. IV, p. 748-749.

(2) BAIX, Uabbaye de Stavelot-Mahnedy, p. 13-27.

(3) Cfr infra, cli. IX.

(4) Voir W. LEVISON, dans SRM, t. V, p. 733-744. Nous ne faisons pas etat ici de la tonsure celtique avec laquelle Mommolenus est represente dans une gravure du xn siecle. Sur cette question fort controversee, voir, outre LEVISON, loc. cit. ; KRUSCH, SRM, t. IV, p. 641 ; Neues Archiv, t. XXX, igo5, p. 5o2 ; SRM, t. V, p. 417 ; A. PONCELET, dans les Aiiahcta Bollandiana, 1910, t. XXXII, p. 109 ; VACANDARD,dansla R&miz des Questions historiques, 1904, t. LXXV, p. 586-5g5 ; VAN DER ESSEN, Etude critique, p. 3j5 ; GOUGAUD, Gaelic pioneers, p. iS.

(5) MGH, Epistolae, t. Ill, p. i56-igo.

Ses qualites principales furent : 1'austerite de savie, sa foi inebranlable dans la Providence, son sentiment profond des droits de Dieu, sa franchise sans aucun melange de duplicite, ni meme de reticence ; et ses defauts : le manque de discretion, la violence, 1'intransigeance, 1'impatience de la contradiction, la durete meme. De saint Amand, nous n'avons qu'un testament et qu'une charte. Une lettre de pape et une biographie, composee quelque cinquante ans apres sa mort, aident aussi a le connaitre. Mais tout cela est bien peu de chose et ne nous permet point de donner de son caractere une description aussi complete que pour Colomban.

Plus entierement que celui-ci, il se livre a 1'apostolat des paiens. Colomban est un predicateur, c'est vrai ; mais il s'adresse presque uniquement a des chretiens, catholiques ou ariens. Cette difference tient sans doute a la difference meme des regions qu'ils parcourent. Mais Colomban ne recherche pas avant tout, comme Amand, les contrees ou il reste beaucoup de paiens (i). Cependant, dans le ministere apostolique, celui-ci se decourage plus vite que celui-la.

Comme Colomban, Amand ne transige pas, meme en presence des rois, quand il s'agit de la loi de Dieu (2). Comroe lui, ainsi que nousle dirons au chapitre suivant, il se sent dirige dans toute sa vie par la Providence divine (3).

La ressemblance entre ces deux saints ne se borne, d'ailleurs, pas a ce que nous venous de dire. Elle se manifeste dans quelques evenements de leurs carrieres, d'ailleurs assez diverses. Comme lui, comme les grands moines irlandais, il est pris de ce desir de vo}-ager, devenu chez les fils d'Erin, ainsi que le notait Walafrid Strabon, une seconde

(1) Cfr HAUCK, op. cit., t. I, p. 246 ss. ; MALNORY, Quid Luxovienscs, p. 48-45 ; KRUSCH, dans SRM, t. IV, p. 2, note 5.

(2) Cfr supra, p. 143.

(3) Nous ne parlons pas ici de 1'austerite de saint Amand, par example, dont il est question au ch. 6 de sa Vita. Ces passages relatifs aux vertus ressemblent trop a des cliches.

nature (i). Comme lui, il passe, en realite, une bonne partie de sa vie en voyages. Comme lui, il ne conceit pas un pays chretien sans monasteres et il donne aux moines un role considerable dans la diffusion de 1'Evangile. Comme lui, il est pris de pitie pour les Slaves, mais, a la difference de Colomban, il part en realite pour les pays situes au Sud du Danube. Comme lui, il entretient des rapports personnels avec le Souverain Pontife et lui demande des directions (2). Comme saint Colomban a consacre a Saint Pierre les oratoires de Luxeuil et de Bobbio (3), saint Amand dedie au prince des apotres toutes les eglises qu'il fonde. II est meme tel miracle attribue a saint Amand qui ressemble a un miracle que Jonas de Bobbio nous raconte de saint Colomban. Le prophete irlandais fit, un jour, la decouverte d'un ours dans son antre. II lui signifia 1'ordre de deguerpir et de ne plus jamais revenir ; et la bete feroce s'en alia doucement et elle n'osaplus jamais reparaitre (4). On se souvient du serpent de 1'ile d'Yeu.

Mais nous voila bien loin des monasteres auquels ce chapitre est consacre. Retrouve-t-on les idees de saint Colomban dans la fondation des abbayes de saint Amand ?

Durant la seconde moitie du V s siecle et au vi e siecle, les abbayes s'etaient multipliees beaucoup plus dans les villes que dans les campagnes. On peut donner beaucoup de raisons de cette preference, comme le besoin de securite, le developpement du culte des saintes reliques dans les eglises urbaines, la politique des rois merovingiens qui instituaient des moines gardiens du tombeau d'un Saint ou de leur propre sepulture, enfin la volonte des eveques de maintenir leur autorite sur les monasteres. Saint Colomban et ses

(1) Vita Galli, II, 46, SRM, t. IV, p. 336.

(2) Cfr supra, p. i56 et 101. L'apotre irlandais parle au pape avec une tres grande liberte ; il a parfois 1'air de lui adresser des sommations (Cfr HA.UCK, op. cit., t. I, p. 262, n. 6 et J. RIVIERE, dans la Revue des Sciences reKgieuses, 1928, t. II, p. 277 ss.).

(3) 7YaGaffi,c.2,SRiVr,t. IV,p.258; Vita Columbanz, I, 8, ibidem, p. 107.

(4) Vita Colwnbani, I, 8, SRM, t. IV, p. 25.

disciples, bien au contraire, reviennent, sur ce point, a 1'esprit des premiers moines de la Gaule ; ils s'etablissent plus volontiers loin des agglomerations urbaines, dans des lieux deserts ; ils n'y seront pas distraits par le commerce des hommes ; ils pourront travailler a la conversion ou tout au moins a la christianisation plus profonde des populations rurales, qui restent plus attachees au paganisme ; ils trouveront un lieu de repos, apres des courses apostoliques, parfois lointaines. La foret leur fournira le bois de construction et de chauffage ; la riviere leur apportera 1'eau et leur permettra d'etablir des pecheries et des moulins (i).

Dans les regions du Nord evangelisees par saint Amand, les villes etaient fort rares. II ne lui fut done pas difficile d'etablir toutes ses abbayes a la campagne. Elnone et Leuze, par exemple, se trouvent a une vingtaine de kilometres de la ville la plus proche, Tournai. Que dire alors de Gand et de Nivelles ? Toutes ou presque toutes sont situees sur des cours d'eau : Elnone, au confluent de la Scarpe et del'Elnon, Gand a celui de 1'Escaut et de la L,ys, Marchienne sur la Scarpe, Leuze sur la Petite-Dendre, Renaix sur le Molenbeek, Nivelles sur la Thines. Les contrees auxquelles appartiennent Elnone et Marchienne sont marecageuses. Nivelles, et aussi peut-etre Leuze et Renaix sont comprises dans 1'ancienne Foret charbonniere (2). Barisis-au-Bois est fonde dans la foret de Saint-Gobain.

La choix de la regie a naturellement plus d'importance que celui de 1'emplacement du monastere.

Saint Colomban avait ecrit deux regies, ou plutot une

(1) LESXE. Hisioire de la propriete eccUsiastique, t. I, p. 83-gg ; BESSE, Les moines de I'ancienne France, p. 3oS ss.

(2) CH. DUVIVIER, Recherclies sur le Hainanl ancien, t. I, p. t3 ss. (surtout p. 21, n. 2). Bruxel'.es, 1866, place Leuze et Renaix dans la Foret charbonniere. II n'en est pas ainsi de H. VAN DER LINDE.V, La Foret charlonniere, dans la Revue beige de philologie et d'liisioire, 1928, t. II, p. 202- 214. Pour Nivelles, p. 207. Ce dernier auteur, dont les conclusions sont indiscutables. reduit trop le domaine de I'ancienne Charbonniere,

regie en deux parties (i). La premiere, elite Regnla monachorum, comporte dix chapitres, ou il est traite de 1'obeissance, du silence, de la nourriture et de la boisson, de la pauvrete, de la lutte centre la vanite, de la chastete, de 1'office divin, de la mortification et enfin de la perfection du moine (2). La seconde, dite regula coenobialis, est un long code penitentiel prevoyant les infractions des moines et les penitences a leur appliquer (3). La legislation de saint Colomban porte un double caractere : elle est excessivement severe et elle est fort incomplete.

La severite se remarque dans les sanctions. Six coups de verges seront administres a qui omet le Benedicite ou VAmeii du Benedicite ; a qui, en mangeant, parle sans necessite ; a qui ne fait pas le signe de croix sur la cuiller dont il se sert pour boire ; dix coups, a qui frappe la table de son couteau... et la liste de ces taxations, variant de six a cent coups, se continue, monotone, coupee parfois par remuneration d'autres peines : jeunes au pain et a 1'eau, psaumes a reciter, silence extraordinaire a observer. Cette litanie de fautes et de peines compte plusieurs centaines d'articles.

La meme severite se remarque dans 1'ideal monastique exprime par saint Colomban avec une energie inconnue jusque-la. Tous, a la premiere parole du superieur, doivent se lever ; s'ils ne le font pas, ils sont coupables. Celui qui contredit le superieur et qui murmure, Test plus encore. Cette vertu d'obeissance doit aller jusqu'a la mort. Le vrai obeissant ne refuse rien, meme de dur, d'ardu ; il accomplit avecferveur, avecjoie, tout ce qui lui estcommande. Dans le chapitre consacre a la mortification, Amand revient encore sur son sujet prefere : 1'obeissance. Et enfin, la regie se termine par ces lignes suggestives : Que le moine dans le monastere vive sous la discipline d'un seul frere et dans la

(1) O. SEEBASS, cite par HAUCK, op. cit., p. a5o, n. i.

(2) Edit. O. SEEBASS, dans la Zeitschrift filr Kirchengeschichie, t. XV, p. 374-386.

(3) Edit. O. SEEBASS, ibidem, 1897, t. XVII, p. 218-234.

compagnie de beaucoup, afin que, de 1'un, il apprenne I'humilite, de 1'autre, la patience. Que celui-ci lui enseigne le silence et cet autre la douceur. Qu'il ne fasse pas ce qu'il veut ; qu'il mange ce qu'on lui donne ; qu'il n'aie que ce qu'il a re9U ; qu'il accomplisse les travaux imposes ; qu'il se soumette a qui il ne voudrait pas obeir. Qu'il soit las quand il va se coucher, et qu'il soit force de quitter sa couche lorsqu'il n'est pas encore repose. Injurie, qu'il se taise. Qu'il craigne 1'abbe du monastere comme un maitre, qu'il 1'aime comme un pere. Qu'il croie utile a son salut tout ce que son superieur lui ordonne, qu'il ne juge pas ses ordres (i). Ne pouvons-nous pas rappeler ici que le seul trait que nous connaissons sur la vie intime de 1'abbaye au temps de saint Amand se rapporte a 1'obeissance. Et 1'abbe parait, en effet, avoir de cette vertu une conception des plus austeres. On voudrait bien avoir ete pres de lui pour plaider les circonstances attenuantes en faveur du prieur Chrodebaldus.

Si precise sur les penitences a administrer, la regie se tait sur 1'emploi de la journee monastique, sur le gouvernement des cloitres et sur d'autres points essentiels. Elle qui exige des moines un heroi'snie sans repit (2), qui, appliquee sans intelligence par un superieur imprudent ou sans experience, aboutit a la mine de 1'activite (3), elle a done encore 1'inconvenient de ne pouvoir suffire a un monastere ; elle laisse, en outre, au chef de celui-ci un pouvoir absolu et sans controle.

Aussi les abbes des monasteres en vinrent-ils peu a peu a la completer et a 1'adoucir, non pas en changeant sa lettre, mais en admettant a cote d'elle, comme nous 1'avons deja dit, la regie beaucoup plus numaine et beaucoup plus precise de saint Benoit. Celle-ci insiste sur la responsabilite

(1) Regula Monaclwmm, dans Zeiisclwift fiir KircliengescJricJttt, t. XV, p. 386. Voir un beau resume de cette regie dans MARTIN, op. cit., p. 48- 58 et dans HAUCK, op. cii., t. I, p. 25o-253.

(2) VACANDARD, Saint Ouen, p. 175.

(3) MARTIX, op. cit., p. 69.

de 1'abbe, sur les conseils dont il doit s'entourer dans son gouvernement, sur les reprimandes qui doivent preceder 1'application des peines, sur le soin des malades, sur la discretion chez tous, surtout chez les superieurs, sur la repartition, danslajournee, dela.priere(opusdivimtm), dela lecture et du travail manuel. Elle entre dans de multiples details sur la nourriture, le jeune, le vetement. Elle distingue les differentes categories de personnes : oblats, novices, moines, qui peuplent le monastere, et les differentes charges, prieur, cellerier, etc. dont les titulaires sont a la nomination de 1'abbe. La perfection que saint Benoit demande de son moine n'est pas moins elevee que celle qu'exige Colomban. Et pourtant quelle difference entre ces deux regies. La moderation de celle de saint Benoit, son adaptation aux besoms de 1'Europe continentale, sa nettete dans les traits principaux, la latitude qu'elle laisse a 1'abbe pour les points secondaires, son caractere pratique, enfin, assurerent sa victoire definitive.

Mais nous sommes encore au vn e siecle. On manque de details sur la maniere precise dont se fit, en Gaule, la conciliation entre ces deux textes legislatifs. L'initiative de leur union se serait produite, d'apres MALNORY, sous 1'abbe de Luxeuil, Walbertus (629-670) (i). Toujours est-il que le premier document ou nous la trouvons realisee est precisement ce privilege de Faron, eveque de Meaux, en faveur de Rebais (636-637), au bas duquel figure la signature d'Amand, eveque (2). Dans la suite, les actes ou elle est stipulee se multiplient (3).

Un de ces documents est la charte du Saint en faveur de Barisis, ou, dit-il, nous avons commence a construire un monastere, au lieu-dit Faveroles, en 1'honneur des saints Pierre et Paul, et d'autres saints, sous la regie de saint Benoit et de saint Colomban (4).

(1) MALNORY, Quid Luxovienses, p. 20 ss. ; BESSE, op. cit., p. 291 ss.

(2) Cfr supra, p. i5i.

(3) LOENING, GeschicliU der deuisclien Kirclienr edits, t. II, p. 442.

(4) Cfr supra, p. 229.

autres monasteres fondes par saint Amand furent-ils places sous le nieme regime ? Nous ne pourrions le dire. Mais il semble bien que, dans tons, la regie de saint Colomban obtint au raoins une place. En effet, Barisis est le dernier monastere qu'il fonda, alors que le souvenir du patriarche irlandais commengait a s'obliterer et que les desavantages de sa regie apparaissaient plus manifestos (i). A Nivelles, dont saint Amand provoque la fondation, 1'influence irlandaise apparait si grande qu'il est bien peu vraisemblable qu'on n'y ait pas observe a 1'origine la regie de saint Colomban (2).

La maniere pratique de mettre d' accord les deux regies dans le monastere dependait vraisemblablement de chaque abbe (3).

A Elnone meme, on a tout lieu de croire que saint Amand se reserva 1'autorite abbatiale. II parait au moins 1'exercer dans 1'anecdote du prieur desobeissant. Cependant, quand il dicte son testament, il declare que 1'abbe doit faire rapporter son corps en cet endroit, s'il lui arrive de mourir en voyage (4). Philippe de I'Aumone considere comme abbe d'Elnone, du vivant de saint Amand, Andre, premier abbe de Barisis (5). Blandigiiy semble avoir eu pour chef Florbert, au temps du saint fondateur (6). A Marchienne, au temoignage assez peu sur, il est vrai, d'Hucbald, le Saint constitua comme abbe son disciple, Jonas ; puis, quand les moniales furent admises a cote des moines, Rictrude devint leur superieure (7) . Amand aura vraisem-

(r) MALNORY, op. cit., p. 36 ss. ; KRUSCH, SRM, t. IV, p. 2g-3o.

(2) Cela n'est pas prouve, comme le pretend MALNORY, p. 33, mais rendu tres probable par certains passages de la Vita Geretrudis (voir p. ex. c. 2, SRM, t. II, p. 457 ; c. 7, ibidem, p. 4.63). Sainte Gertrude a beaucoup travaille a la fondation de Fosses, abbaj r e irlandaise (cfr Additamentum Nivialense de Fuila.no, dans SRM, t. IV. p. 450).

(3) VACANDARD, Saint Otten, p. 171 et 177.

(4) Cfr ch. IX.

(5) Cfr supra, p. 229, et VA 3 , c. 68, AA. SS., Febmarii t. I, p. 871.

(6) Cfr supra, p. 223.

(7) Cfr supra, p. 146 et 224 ss.

ET LA VIE MONASTIOUE 25l

blablement conserve sur ses monasteres un certain droit de surveillance, semblable a celui que 1'abbe de Luxeuil se reservait sur les abbayes filiales (i). La Vita nous le represente visitant les freres laisses de-ci de-la (2). Mais ce texte s'applique principalement aux moines charges du ministere en dehors des abbayes.

Parmi les abbayes de saint Amand, Marchienne, comme nous 1'avons deja dit, semble avoir ete, des le debut, un monastere double (3). Nivelles fut certainement dans le meme cas et 1'ancienne Vita Geretmdis nous apprend meme que cette sainte confia a des freres les rapports du monastere avec 1'exterieur, tandis qu'elle chargeait les sceurs de la cur a familiar-is (4). On sait que les monasteres doubles ne furent pas une invention de saint Colomban ; ils existaient avant lui ; mais la propagation de sa regie en favorisa la multiplication, dans le cours du vn e siecle (5).

En terminant ce long chapitre, nous toucherons un dernier point : la situation juridique de ces abbayes vis-a-vis de I'Ordinaire diocesain.

II est indubitable qu'au vi e siecle, les abbayes dependent tres etroitement des eveques. Personne ne peut fonder de nouveau monastere sans leur autorisation : les abbes leur doivent la soumission et peuvent etre punis, voire meme demis par eux ; aucune alienation de biens n'est autorisee, sans leur agrement ; la visite des cloitres leur revient ; les religieux n'ont meme pas le droit de se rendre chez le souverain, sans leur autorisation (6).

(1) HAUCK, op. cit., t. I, p. 278, n. 2.

(2) Cfr supra, p. i32.

(3) Cfr supra, p. 226.

(4) Vita Geretnidis, c. 3, SRM, t. II, p. 457.

(5) Sur les monasteres doubles, qui n'ont pas encore fait 1'objet, a notre connaissance, d'une etude d'ensemble, voir DOM U. BERLIERE, Les monasteres doubles aux XII e et XIII s siecles (Memoires de 1' Academic royale de Belgique. Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques, in-8, t. XVII, fasc. 3) Bruxelles, 1923. La bibliographie du sujet se trouve p. 4, n. i. Nivelles et Marchienne sont mentionnes p. 9.

(6) A. HEFNER, Das Rechtstr.stztut der klosterticlien Exemtion in dcr abend'

Des eveques abuserent de leur autorite, par exemple, pour exploiter la richesse naissante des religieux. Us se font offrir une hospitalite couteuse, exigent des redevances et des presents ; parfois, ils font main-basse sur les pieces precieuses du mobilier liturgique de la basilique monastique, s'emparent des offrandes faites par les fideles, se saisissent me me, sans doute, de biens-fonds donnes aux moines. Un concile du vn e siecle dut interdire aux eveques et aux archidiacres de profiler du deces des abbes pour spoli er 1' avoir des monasteres (i).

Aussi, des avant le vn e siecle, bien des moines supporterent-ils impatiemment cette ingerence et certains monasteres, comme Lerins, Agaune, Saint-Marcel de Chalon, obtinrent-ils deja des exemptions (2).

Mais le mouvement d'independance des cloitres s'accentua considerablement, au vn e siecle, a la suite de I'arrivee en Gaule de saint Colomban et de ses moines. Comment s'en etonner apres ce que nous avons dit de 1'organisation, surtout monastique, de 1'Eglise en Irlande, de I'attachement tenace du patriarche aux coutumes de son pays et enfin du succes que rencontrerent plusieurs de ses idees aupres de nombreux hommes influents, meme chez beaucoup d'eveques (3) ?

Au vn e siecle, des privileges sont done accordes aux monasteres, soil directement, grace a la generosite des eveques, soit par la faveur des souverains. II y a des degres dans ces concessions. Les unes suppriment en realite la juridiction de 1'eveque diocesain, qui n'a plus le droit

Jtindischen Kir die, dans ArcJiiv fur kathoHscJten Kir clienv edit, 1906, t. LXXXVI, p. 3o^--3o5. Cfr HAUCK, Kivcli&ngescliicliie Deutsclilands, t. I, p. 228-s3i.

(1) LESNE, Histoiredelafiroprieie ecclesiasUqite, 1. 1, p. I25-I26. L'auteur dit en note que ces faits (sauf le dernier) sont etablis par les privileges delivres aux monasteres pour les mettre a 1'abri de telles vexations.

(2) Ibidem, p. 126 et 127, n. 3.

(3) Cfr supra, p. in s. ; 238 ss. Cfr LEVISON, Die Iren tend die frcinkische Kirche, dans Historische Zcitschrijt, 1912, t. CIX, p. 1-22.

d'instituer 1'abbe et ne peut venir au monastere que s'il y est appele par les moines, libres de s'adresser pour toutes les fonctions liturgiques a un eveque de leur choix (i). De ce type, est le privilege de Rebais, auquel a souscrit saint Amand. II emane de 1'eveque lui-meme, saint Faron de Meaux. Avec le consentement des eveques tres nombreux, dont le nom figure au bas de 1'acte, il garantit aux moines 1'integrite de leurs possessions en tout genre ; la libre election de 1'abbe apres la mort de leur premier chef, Aile ; la faculte de recourir a n'importe quel eveque pour les consecrations d'autels, pour le saint-chreme et pour les ordinations. L'eveque ou son archidiacre est depourvu de tout pouvoir par rapport a ce monastere. II ne peut y penetrer que sur la demande de 1'abbe ou des moines. S'il y a ete appele, il doit, aussitot sonministere rempli, en sortir, sans rien exiger comme retribution. Les religieux ont-ils besoin d'etre corriges, 1'abbe s'en chargera, en conformite avec les regies de saint Benoit et de saint Colomban (2).

Plus souvent, neanmoins, certains droits sont reserves a 1'eveque. Celui-ci pourra seul benir 1'abbe, conferer aux moines les Ordres, consacrer les autels ; les religieux ne demanderont pas a un autre le saint-chreme. Mais le droit que 1'eveque prelevait, a 1'occasion de ces fonctions liturgiques, est aboli. II ne viendra au monastere que s'il y est invite. Leur privilege affranchit aussi les moines de toutes les charges que 1'eveque voudrait leur imposer sous pretexte d'hospitalite. II ne peut exiger ni gite, ni repas, ni cens, ni presents (3) .

A Elnone, les moines du moj^en age ne pouvaient pas, ainsi qu'a Rebais, exhiber leur privilege. Et cependant il

(1) LESNE, op. cit., t. 1, p. 128, n. 6. Cfr LOENING, Geschichte des deutschen Kirclienrecht, t. II, p. 878 ss. ; HAUCK, op. cit., t. I, p. 289 ss. ; KRUSCH dans Nates Archiv, 1900, t. XXV, p. i3g ss. ; GOUGAUD, Les cliretienies celtiques, p. 219 ss.

(2) PARDESSUS, Diplomata, t. II. p. 41.

(3) LESNE, op. cit., p. 128-129.

est tres vraisemblable qu'ils en avaient obtenu un, des les debuts de leur monastere. Charles le Simple, dans un diplome de 8gg, atteste que 1'eveque de Reims, Fulco, au nom de 1'abbe et des moines d'Elnone, lui a presente un certain nombre d'actes royaux et imperiaux, conserves a Elnone. En outre, ajoute-il, il est venu a la connaissance de notre clemence, que le privilege accorde a cet endroit, au temps de saint Amand, par les eveques... avait peri par le feu, lors des ravages des barbares, ainsi que plusieurs autres pieces (i) .

Malheureusement, ce texte ne nous dit pas jusqu'a quel point les pouvoirs de 1'eveque de Noyon-Tournai avaient ete limites par rapport a Elnone. Noxis sommes encore plus pauvres de renseignements sur les autres monasteres. Mais si Ton tient compte de 1'innuence exercee sur saint Amand par les idees irlandaises, de la presence sur les sieges episcopaux de Belgique d'hommes comme Acharius et Omer, anciens moines de Luxeuil, du privilege d' exemption que ce dernier, a la date tar dive de 662, accorda genereusement aux moines de Sithiu (2), enfin du caractere episcopal de saint Amand et de 1'autorite dont il devait jouir dans 1'episcopat franc, on sera amene a conclure que plusieurs au moins des abbayes de saint Amand devaient se trouver vis-a-vis des eveques diocesains dans une situation fort differente de celles des abbayes du vi e siecle et qu'elles avaient obtenu, elles aussi, des privileges plus ou moins etendus d'exemption (3).

(1) BOUQUET, Rccmil des liisioriens de la Gaule, t. IX, p. 473. Cfr KRUSCH, SRM, t. V, p. 3g5. Les lettres d'exemption de Martin I a Elnone sont uii faux (WARICHKZ, Les origines de I'egUse de Tournai, p. i85).

(2) Voir Caylulaire de I'cibbaye de Saint-Berfin, edit. GUERARU (Collection de documents inedits sur 1'histoire de France), p. 23 ss. Paris, 1861.

(3) L'opinion contraire de M. WARICHEZ (op. at., p. 184-185) nous parait insoutenable.

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