‹ Saint-Amant: La solitude: La contemplateur; La jouissance; Le palais de laChapitre 42 sur 46 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

Antoine Girard (i), sieur de Saint-Amant, né en i594> baptisé à Quéyilly, près Rouen, le 3o septembre! mort à Paris, probablement le ag décembre 16Ô1 (a).

(1) La forme Gérard parait préférable. C'est ainsi que Saint* Amant est appelé dans toutes ses œuvres publiées de son vivant. Tous les privilèges sont au nom de Marc^ Antoine de Gérard, eteuyer, sieur de Saint-Amant.

(2) Cette date est certaine pour l'année et pour le mois. Loret annonce la mort de Saint-Amant dans sa gazette du 30 décembre et dit : « L'autre jour^ . . » GoUetet dit positivement : « Le jeudi 29 décembre. . . » Voyez le § suivant.

Son père, mort en i6a4« ^ soixante-treize ans, était marchand, peut-être armateur et corsaire ; s'il faut en croire Saint-Amant, ce marchand de Rouen aurait commandé pendant vingt-deux ans une escadre anglaise sous Elisabeth (i). Les Girard étaient protestants : c'est au temple calviniste que le jeune Antoine fut baptisé. Elevé au collè|^e de La Marche, il ne sut jamais beaucoup de g;rec ni de latin ; mais il apprit plus tard. Il étudia la musique et jouait du luth. Il s'entendait aussi à la peinture. De bonne heure insinué dans la familiarité des grands seigneurs, qui goûtent sa gaieté libertine, ilsuit, en 1617, le duc de Retz à Belle-Isle-en-Mer (2) ; c'est là qu'il composa sa fameuse ode à la Solitude. Pendant plusieurs années, il vit tantôt en Bretagne et tantôt à Paris dans la maison du duc dont la protection le fait, en 1619, commissaire de l'artillerie (3). Il s'est lié à Paris avec Faret, « chère rime à cabaret », Michel de MaroUes,

(1) Saint-Amant est catégorique : « Feu mon père, qui commanda autrefois une escadre des vaisseaux d'Elisabeth, etc. » Voyez plut haut, page 236.

(2) Avant cela, Saint-Amant était allé en Afrique, en Amérique, comme il le dit lui-même dans l'Avertissement aux Œuvre» de 1629. Jane crois pas que personne ait jamais été en état de donner la moindre détail sur ces voyages. N'y fait-il pas allusion encore à la fin de l'Bpltre au duc de Retz (1629) et au débat de la Préface du Moïse ? II est probable que Saint-Amant montait un des vaisseaux de son père, ou commandés par son père. U distingue fort nettement le palmier qui porte des cocos, et qu*il a vu aux Antilles, du palmier qui porte des dattes,et qu'il a vu en Egypte ou en Barbarie. Voyez l'épltre au duc de Retz, p. 2i5, et la lattre à Samuel Bochart, p. 252.

(3) Maître Adam, le menuisier de Nevers, a dédié una épltre à M. de Gérard, capitaine d'un vaisseau do Roy, dans l'armée navale, à Toulon.

Malleville, Boisrobert, Molière d'Essartines, et avec le gros comte d'Harcourt, dont il partage Us joyeuses orgies. C'est alors qu'il écrivit ses F/s ion*, /a Gazette du Pont-Neuf, la Pluie, la Vigne, A la mort de son père, • il se fit concéder le brevet d*unc verrerie que celui- ci avait relevée avec son gendre d'Azémar : d'où procès avec le beau-frère, qui ne se termina qu'en i638. Notre poète resta en possession de la verrerie. Par une transformation dont il y eut plus d'un exemple, Antoine Girard, fils d'un marchand, était devenu Marc-Antoine de Girard, sieur de Saint-Amant, écuyer, bon gentilhomme (i). Ajoutons que le huguenot s'était fait catholique, grâce à Cospéan, avant 1627. (Cf. le Contemplateur.) On le voit à l'hôtel de Rambouillet et à l'hôtel de Liancourt, et dans les cabarets, tour à tour précieux et débauché. De -X cette époque sont le fameux sonnet des Goinfres et l'étonnante pièce du Melon, Puis il court le monde : on a peine à le suivre au siège de La Rochelle, en Espagne, en Dauphiné, en Angleterre . Il accompagne à Rome, en i633, le maréchal de Créqui, chargé de demander au papf l'annulation du mariage de la princesse de Lorraine avec Gaston d'Orléans. Il y écrit sa Rome ridicule. De retour à Paris, il est un des premiers membres de l'Académie française. En 1686-37, il suit le comte d'Harcourt dans son heureuse expédition maritime, qui se termine par la prise des îles de Lérins : de là date le

(1) Le frère cadet de Saint» Amant semble pouvoir être identifié avec le aienr de Montigny, commandant la Licorne dans l'escadre da comte d'Harcourt. Voyez plus haut, page 234, l'histoire de ce cadet et, sur la LicornCf une strophe du Passage de Gibraltar, page 149.

^li^rioe héroi-comiqae do Pmsage de Gibraltar, Après quelque séjour à Rouen et à Paris, il retourne en Italie ayeo le comte d'Harcourt qui va secourir Casai (iôSq), il ya avec lui à Home (i643) et l'accompagne encore dans son ambassade en Angleterre (i643-i644) > il ^i*it contre les Anglais un caprice hérot-comique, V Albion. Lorsque Marie de Gonzague épouse le roi de Pologne, Ladisias Vn, elle nomme Saint- Amant gentilhomme de sa chambre, avec trois mille livres (i) de pension (i645). Nous le trouvons^en i647,à CioUioure en Roussillon : il a suivi le comte d'Harcourt dans son expédition de Catalogne. Il va ensuite en Bretagne, à Prinçay, chez le duc de Hetz; à l'armée de Flandre, en i649)à la suite des Espagnols. Prisonnier un moment des Espagnols à Saint- Orner, il est relâché et se décide à porter son Moïse sauvé k la reine de Pologne. Il part d'Amsterdam le 1 •' février i65o et arrive à Varsovie en mars . Il revient par Stockholm, passe l'hiver à la cour de la reine Christine et rentre en France au printemps de 1 65 i.U'passa ses dix dernières années paisiblement à Rouen et à Paris^faisant (les> vers, parfois des vers pieux ; et il mourut déjà à demi oublié.

(G. Lamson, la Grande Encyclopédie.)

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