‹ Saint-Amant: La solitude: La contemplateur; La jouissance; Le palais de laChapitre 5 sur 46 · LIVRE PREMIER POÈMES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER POÈMES

A ALGIDON *

Que j'aime ia solitude !

Que ces lieux sacrés à la auit, Eloignés du monde et du brait, Plaisent à mon inquiétude 1 Mon Dieu I que mes yeux sont contents De voir ces bois, qui se trouvèrent A la nativité du temps,

Et que tous les siècles révèrent, Etre encore aussi beaux et verts, Qu'aux premiers jours de l'univers!

'' Un gai zéphire les caresse D'un mouvement doux et flatteur.

Rien que leur extrême hauteur Ne fait remarquer leur vieillesse.

Jadis Pan et ses demi-dieux Y vinrent chercher du refuge, Quand Jupiter ouvrit les cieux Pour nous envoyer le déluge, Et, se sauvant sur leurs rameaux, A peine virent-ils les eaux.

Que sur cette épine fleurie, Dont le printemps est amoureux, Philomèle, au chant langoureux, Entretient bien ma rêverie !

Que je prens de plaisir à voir Ces monts pendants * en précipices.

Qui, pour les coups du désespoir, Sont aux malheureux si propices.

Quand la cruauté de leur sort Les force à rechercher la mort!

Que je trouve doux le ravage De ces fiers torrents vagabonds.

Qui se précipitent par bonds

POÈMES l3

Dans ce vallon vert et sauvage I Pub, glissant sous les arbrisseaux^ Ainsi que des serpents sur l'herbe, Se changent en plaisants ruisseaux.

Où quelque Naïade superbe Règne comme en son lit natal, Dessus un trône de cristal I

^ Que j'aime ce marais paisible !

n est tout bordé H'aliziers, D'aulnes, de saules et d'osiers, A qui le fer n'est point nuisible.

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