‹ Saint Ambroise (340-397)Chapitre 12 sur 27 · I. De excess. Sat,, p. j · texte numérisé non relu

I. De excess. Sat,, p. j

sœur Marceline Ty attendait seule. Ce fut entre eux un triste entrelien qu'un éclair de gaîté vint pourtant un instant interrompre : ils se rappelèrent que dans leurs jeux enfantins, prenant un rôle de maître et de père, il avait exigé de sa sœur des marques de respect qu'elle n'avait pas voulu lui donner. « Je vous en avais averti, lui dit-il, qu'il faudrait bien que vous y vinssiez. Allez vous refuser de baiser la main de votre évoque ? »

Nul doute que chez ces populations de l'Empire depuis longtemps accoutumées à obéir, et qui n'étaient que trop portées à rendre hommage au pouvoir, le crédit bien connu dont Ambroise jouissait auprès de l'Empereur, ne fût pour quelque chose dans l'empressement flatteur et presque enthousiaste qu'on lui témoignait. Il y eut pourtant un jour où cette condition même de conseiller de Gralien mit la faveur générale à une assez forte épreuve. Pendant ce séjour cpii dura quelques mois, une famine vint h se déclarer à Rome, causée soit par l'insuffisance des récoltes, soit par un retard survenu dans les transports maritimes dont dépendait la subsistance de la grande cité. L'émotion fut assez vive dans les classes populaires ; et comme les sénateurs païens, toujours ulcérés de n'avoir pu faire revenir sur la suppression de l'autel de la Victoire, ne se firent pas faute de l'exploiter, elle se fût aisément tournée en irritation contre celui dont l'influence avait privé Rome du culte protecteur de sa fortune. Mais Ambroise, soit par l'exemple de ses libéralités

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personnelles, soit par ses exhortations pressantes, sut obtenir de tous les chrétiens riches qui étaient ses parents ou ses amis de véritables prodiges de charité qui firent taire tous les scrupules, et le jour qu'il dut partir, il fut accompagné jusqu'aux portes de Rome par les bénédictions du peuple entier.

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