‹ Saint Ambroise (340-397)Chapitre 15 sur 27 · I. Eptst. XVIII. p. -y.o et suiv · texte numérisé non relu

I. Eptst. XVIII. p. -y.o et suiv

rompit le silcnco : « Je ne puis, dil-il, défaire ce que mon tVère a lait : je ne veux pas avoir moins de piété envers Dieu que mon frère. On dit que mon père n'avait pas enlevé eet autel, mais il n'avait pas à le rétablir, et je l'imite en ne chan^^eant rien à ce qui avait été Tait avant moi. »

C'était Daniel, disait plus tard Ambroise, parlant sous le souffle de l'Esprit-Saint. Personne n'osa reprendre la parole, et la requête du Sénat fut rejetée à l'unanimité avec le consentement tacite même des conseillers païens.

Un grand service rendu, suivi d'un grand succès obtenu à si peu de jours de distance, faisait à Ambroise une situation tellement considérable que, dans le monde politique qui environnait l'Empereur, on commença à murmurer assez baut qu'il ne fallait pas permettre à un homme, parce (ju'il était évêque, d'affecter une telle prééminence dans TEtat : on cbcrclia donc quebjue manière de le remettre au rang dont il semblait vouloir sortir et de lui imposer le respect de l'autorité qu'on l'accusait de braver. Au nom du paganisme mourant, il n'avait pas été possible de lui tenir tète, ni même de lui faire face : mais n'aurait-on j)us meilleuie chance sur un autre terrain où les chrétiens eux-mêmes étant divisés, on aurait rajqnii d'une partie d'entre eux? Ce fut il l'instigation de ces défenseurs ombrageux de Faulorité politique que le petit noyau d'Ariens, qui s'étaient tenus silencieux et dont rimjK)rlnnee ditniMUîiit eha(|ue jour pendant le

règne de Gratien, se crut en mesure de relever la tête.

Leur nombre, à la vérité, était devenu plus considérable depuis que Justine les admettait familièlement à sa cour et que plusieurs même étaient venus de Sirmium à Milan à sa suite: ceux-là étaient arrivés avant à leur tête un évêque de leur choix, Goth d'origine, comme beaucoup d'entre eux, auquel ils avaient fait prendre le nom d'Auxence pour se rattacher au souvenir duprédécessein*d"Ambroise. On leur avait accordé un lieu de réunion, dans une des dépendances du palais : c'était ime ancienne écurie, ce qui, disait plus tard Ambroise, leur convenait assez bien, puisque, en qualité de Gotbs, ils avaient fait longtemps leur demeure sur des chariots, et qu'ils ne devaient pas s'étonner d'v placer maintenant leur église. Mais leurs prétentions croissant avec les encouragements secrets qu'ils recevaient, ils adressèrent une pétition au consistoire pour obtenir qu'on leur fit cession d'une des basiliques de la ville.

La décision fut cette fois acceptée sans débat et enlevée d'autorité, la conscience de Valentinien mal instruite des questions religieuses n'éprouvant pas. pour un avantage donné à une nuance de chrétiens sur une autre, les mêmes scrupules que lui avait causés une tentative de réaction païenne ^ D'ailleurs la faveur témoignée aux Ariens par sa mère agissait

Page 1