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CHAPITRE III

A peine arrivée à Tliessalonique, Justine envoya un messager suppliant pour recommander son fils à la protection de Théodose. Sa confiance était bien placée et Théodose était en mesure de la justifier.

Les huit années qui s'étaient écoulées depuis que Gratien avait associé ce vaillant soldat à l'Empire avaient été en effet très heureusement employées par lui pour remettre l'Orient ébranlé de toutes les secousses que lui avaient causées la vaniteuse et flespotique incapacité de Valcns. Le contraste était complet entre son prédécesseur et lui. Appelé au pouvoir sans l'avoir recherché, il y apportait, sinon un génie supérieur, au moins des qualités précieuses, très bien appropriées à la tache qu'il avait à remplir : une conscience honnête, un sens droit et une volonté ferme, ^e cherchant que le bien, quand il croyait avoir reconnu le moven de l'accomplir, il sy appliquait en surmontant tous les obstacles avec un rare mélange de modération et de persistance.

C'est par une coiiduilo suivie de celte nature ([ii'il avait réussi à réparer le désastre d'Andrinople, eu traitant séparément avec les tribus révoltées, pour les faire rentrer, elles et leurs chefs, dans les cadres de Tadministralion romaine. Il relevait et fortifiait en même temps les digues, un instant emportées par le flot de l'inondation barbare.

Plus de peine encore, peut-être, plus de soin et plus d'art lui avaient été nécessaires pour apaise i' les dissentiments religieux si imprudemment fomentés par Valens. Non que, très fidèle catholique comme il était, il eût hésité un instant sur la voie qu'il avait à suivre, et ne se fut pas empressé, dès le lendemain de son avènement, de soustraire les serviteurs de la foi de Nicée aux épreuves qu'ils avaient eu à subir. Mais une persécution qui a duré et sévi pendant de longues années laisse toujours après elle d'assez graves désordres, parce (ju'il est raie (ju elle n'ait pas donné lieu à des contestations entre ceux mêmes (jui v ont résisté, mais avec un degré inégal d'intelligence (^t de courage. (Mêlait ce spectacle de désunion qu'avait un instanl donné une grande réunion d'évêques, convoquée :V Conslanlinople par Théodose lui-même, et sou entremise avait été plus d'une fois nécessaire pour y rétablir l'harmonie troublée. En définitive cependant, ses conseils, assistés par la grâce divine, avaient fait prévaloir l'esprit do paix et le Concile de Constantinople s'était lermiué par un ensemble de décrets (jui ont placé cette grande assemblée

immédiatement à la suite de celle de iVicée, sur h» liste des assises solennelles de TEglise.

De cette sage administration, Théodose était récompensé (ce qui arrive rarement à ceux qui commandent parla reconnaissance des populations qui en sentaient le prix. Un acte de clémence éclatant, accompli dans des circonstances qui en relovaient l'éclat, venait même tout récemment de porter h un très haut degré cette popularité méritée. A la suite d'impositions extraordinaires, rendues nécessaires par les lourdes charges du Trésor, une sédition violente avait éclaté dans Antioche, la brillante métropole de FAsie Mineure : la foule, égarée, s'était emportée jusqu'à des outrages contre la personne et la famille de l'Empereur. La plus sévère répression n'eût été que justice, et un arrêt de mort était déjà rendu contre les principaux coupables, mais devant les supplications portées an pied de son trône par Tévêque Flavien, Théodose avait consenti d'abord à suspendre l'exécution, pui«^ à accorder une o^râce entière, dans des termes d'une bonté paternelle. Tout le monde bénissait la générosité du souverain qu'on attribuait surtout, pour l'honneur de l'Eglise, aux sentiments de foi et de charité chrétienne dont il était animé.

La prière de Justine trouvait donc Théodosc, grâce à la paix générale quil avait su faire r» gner autour de lui, en lil^erté de l'écouter. A vrai dire, elle ne lui causait aucune surprise. Il n'avait jamais bien auguré des intentions d'un pouvoir

d'aventure inauguré par une sédition militaire; h la première heure même, il avait songé h accourir pour faire justice d'un si fâcheux exemple. Des devoirs impérieux, qu'il avait encore à remplir en Orient, l'avaientretenu, et, d'ailleurs, pourattoindreMaxime en Gaule, il aurait fallu traverser l'Italie où il n'était pas encore appelé. Mais s'il avait dû accorder à ce fâcheux collègue une très froide reconnaissance, il aucun prix, cette fois, il ne voulait de lui ])our voisin. D'ailleurs, il restait attaché au souvenir de Gratien qui était venu le chercher dans sa retraite et il se serait reproché d'abandonner, dans l'infortune, le frère de celui à qui il avait dû l'Empire.

Aussitôt donc qu'il connut la venue de Justine et de son fds, il donna ordre que tous les honneurs impériaux lui fussent rendus, et il se transporta de sa personne auprès d'elle avec les principaux membres de son conseil. On lui nmenn Valentinien qu'il serra contre son cœur avec une alTection paternelle. « Mon enfant, lui dit-il, prenez leçon du malheur qui vous arrive. Comprenez que ce ne sont pas les armes mais c'est la justice qui peut seule solidement fonder la puissance. Croyez-en mon expérience. C'est par la piété que des empereurs ont pu maintenir la discipline dans leurs armées, vaincre leurs ennemis, les soumettre ii leurs lois, et sortir de toutes les épreuves. Ce fut la fortune du grand Constantin et de votre père Valentinien. Votre oncle Valens, au contraire, pour avoir troublé l'Eglise par le meurtre et l'exil des

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saints et des évêques, a été livré à la foule menaçante des barbares et ses restes ont été consumés ]iar les flammes. On dit que celui qui vous a chassé de Milan rend au Clirisl un culte plus fidèle que le \olre, c'est donc votre infidélité qui a lait sa force. Car si nous n'adorons pas le Christ, quel autre nom invoquerons-nous dans les batailles? »

Les leçons du malheur sont instructives, et ^ alentinien, approchant de sa quinzième année, était d'à'^e à entendre ce touchant lan^ao^e : il se jeta dans les bras de son protecteur, en jurant qu'il ne s'écarterait plus de la loi du Christ. « Ainsi, disait plus tard Ambroise à Théodose, ce n'est pas l'Empire que Votre Clémence lui a rendu : c'est luimême qu'elle a rendu à la foi. »

La religion et la politique commandaient dès lors également à Théodose devenir en aide à un prince victime d'une traliison, dont l'exemple pouvait être contagieux et dont il convenait de décourager les imitateurs. Aussi, pour bien faire voir qu'il considérait la cause du jeune Empereur comme la sienne propre, il tint à le faire entrer tout de suite dans sa famille. Il venait de perdre, après des années d'une longue et heureuse union, une épouse tendrement aimée, et rien ne faisait croire qu'il cherchât h mettre un terme à un veuvage qui ne devait pas peser à l'austérité connue de ses mœurs. On apprit donc avec surprise qu'il allait contracter un second mariage avec la jeune Galla, sœur de Valentinien, que Justine avait amenée avec elle dans sa fuite, et

Maxime dut comprendre par là, asanl qu'aucune <l<'claration de i^ucrre lui eût été sii,Miifiée, h cjuclle forte partie il avait à faire et qu'il aurait à combattre toutes les forces de TOrient, placées sous !a main d'un i^a'néral renommé que la fortune avait jusque-là toujours favorisé.

Il n'en fallait pas tant pour |)orter au plus haut degré l'inquiétude que lui causait déjà l'accueil plus que froid avec lequel était accueilli dans Milan d'abord, puis dans l'Italie tout entière, le tour d'adresse qui l'avait iciidu niiiîtro du pouvoir. La première émotion passée, la soumission était toujours complète, mais c'était un effet de stupeur générale. Rien de semblable à l'empressement quil avait espéré trouver chez les catholiques délivres par lui de l'administration tracassière de Justine. Ambroise. avant la meilleure raison pour ne pas se présenter devant lui, ne fit pas un pas à sa rencontre, et l;i où Ambroise lardait à venir, aucun catholique n'était pressé d'accourir. Ne pouvant compter sur un concours qu'il n'avait pas songé à se ménager, il essaya bien d'y suppléer en se mettant en relation avec le pape Siiioe qui occupait, depuis la mort de Damase, le siège de Rome. Il lui adressa une letlre, où il lui assurait de sa soumission et se faisait honneur d'avoir prévenu des complots prêts il éclater contre la foi. « dont rcilel, disait-il, eùl été un mal sans remède ». Nous n'avons pas la réponse de Sirice (pii, peut-être, fut mis en gaide par Ambroise contre toute démarciie

précipitée. A la place de cette consécration, qui se faisait attendre, ce fut une députation du sénat qu'il vit arriver, ayant toujours h leur tête le même Symmaque porteur d'un de ces panégyriques qr.i étaient de rijjueur et de style à Tavènement do tous les souverains. Ces avances d'un parti en déclin l'embarrassaient au lieu de le servir. Il eût éié difficile de passer sans transition d'une clientèle ;i une autre et l'échange n'eût pas été avantageux. Pour ne pas cependant renvoyer les députés trop mécontents, il les fit suivre d'un préfet du prétoire de son choix, auquel il recommanda seulement de ménager la liberté de tous les cultes, et le nouvel agent crut remplir cette instruction en faisant reconstruire une synagogue qu'on accusait les chrétiens d'avoir brûlée dans une émotion populaire. Cet incident, assez remarqué, fut noté par Ambroise qui, plus tard, en devait tirer parti et ne contribua pas à faire sortir les catholiques de la réserve qu'ils observaient à son exemple.

Théodose ne laissa pas d'ailleurs longtemps à son adversaire le temps de respirer. Son parti une fois pris, il passa à l'exécution avec sa résolution et sa vigueur accoutumées. En moins de deux mois, arrivé à l'entrée de la Pannonie, il y rencontra et mit en fuite, dans deux batailles successives et également heureuses, l'armée dont Maxime n'avait pas même osé prendre en personne le commandement. La seconde journée h proprement parler ne fut qu'un jeu : caria défection se mit, dès le début de l'action,

dans des troupes qui ne se souciaient nullement de partager la mauvaise fortune de leur chef improvisé, ce qui changea rapidement la défaite en déroute. Ce furent les soldats mêmes de la garde de Maxime qui se chargèrent de le dépouiller de la pourpre et du diadème et Tamenèrent pieds et mains liés à la tente du vainqueur. Théodose aurait désiré épargner sa vie, ne fût-ce que pour ne pas accoutumer le jeune prince qui Taccompagnait à jouir du spectacle de la vengeance, mais ce n'était pas le compte des traîtres qui, avant livré leur maître, ne se croyaient en sûreté qu'après s'être délivrés de lui, la mort étant, dans ces temps troublés, le seul moven de prévenir un retour toujours à craindre de la fortune. Après cette douloureuse exécution, Théodose fit route rapidement vers Milan, toujours en compagnie de Valentinien avec qui il tenait à partager la réception triomphale qui l'attendait. Il mettait du prix à faire bien voir qu'il n'attendait aucun fruit pour lui-même du service qu'il venait do rendre. Aussi il fut entendu, dès le premier jour, qu'il ne serait point procédé à un partage de l'Empire sur de nouvelles bases, et que Valentinien devrait joindre aux provinces qu'il avait perdues, celles dont il avait dû laisser momentanément la jouissance h Maxime. Théodose, qui aurait pu profiter de sa victoire pour exiger quelque extension de son propre domaine, tenait au contraire à ne rien garder que ce (ju'il avait reçu de Gratien lui-même.

Mais ce désintéressement, bien que certainement sincère, ne faisait illusion à personne. En fait, TEmpire n'avait plus qu'un maître, Valentinien ne régnait que par la grâce de Théodose et ne pouvait plus agir que par ses conseils. Rien nindique qu'il eût la pensée de s'en affranchir, et personne n'était plus là pour la lui suggérer, Justine, qui seule y aurait pu songer, avant, ou cessé de vivre, comme un historien l'affirme, ou jugé prudent de rester dans la retraite. En réalité, donc, il n'y avait plus dans la ville qui était devenue la capitale de f Empire d'Occident que deux hommes en face l'un de l'autre et sur qui tous les regards étaient tournés : Ambroise et Théodose.

Ce dut être une scène curieuse que celle de leur première entrevue et il est regrettable que la correspondance d'Ambroise, très riche en détails utiles à l'histoire, ne nous ait, sur une occasion si intéressante, rien donné à connaître. Ce qui est certain, c'est qu'une véritable confiance s'établit entre eux rapidement, comme on pouvait l'attendre d'un accord de vues et de sentiments qui, sur les points qu'ils devaient traiter en commun, ne pouvait être plus complet. L'union étroite de l'Eglise et de l'Empire était non seulement pour tous deux un but constant à poursuivre, mais comme le fondementde ce que nous appellerions aujourd'hui un système politique et social qui leur était commun. Théodose, comme on Ta vu tout à l'heure, ne vovait de salut pour l'Empire que dans le respect absolu de l'Eglise

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du Christ, d où sortait la conséquence qu'Ambroise avait su déjà tirer par avance, qu'assurer l'autorité des lois de lEglise, c'était le meilleur moyen de veiller au bien de l'Empire. Entre ces deux causes, non seulement l'hostilité, mais la séparation même n'était pas possible. Cette communauté de pensée alhiit devenir hi règle qui présida à leurs relations. JNon qu'on dût revoir rien de semblable à la protection paternelle dont Ambroise avait dû accorder l'appui à la jeunesse et à l'inexpérience de Gratien, Théodose, parvenu au comble de la puissance et de la gloire, dans la pleine maturité de son âge et de son génie, ne réclamait et n'aurait probablement accepté aucune tutelle ; mais il n'eut pas à s*en défendre, car Ambroise n'était jamais sorti qu'à regret, et pour répondre à des appels suppliants, de la stricte limite de ses attributions épiscopales. Aussi ne Irouve-t-on pas de trace qu'il ait reçu et encore moins sollicité de Théodose aucune de ces missions de confiance dont Justine, bien malgré lui, et aussi malgré elle, l'avait investi dans des heures d'extrême [)érii. Entre évéque et empereur, dignes l'un de l'autre, suffisant chacun à leur tâche, ce fut une amitié loyale et virile reposant sur un fond solide d'estime et de sympathie. Plus d'une épreuve cpii aurait dû l'ébranler ne fit, comme on va le voir, (|ue lallcrmir. Dans de rares occasions, Ambroise devra sortir de sa réserve pour défendre, soit ce qu'il regarde comme le droitdc sa charge, soit (juelqu'une de ces grandes lois morales dont Dieu a confié à son

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Église la garde et la sanction. Ce jour-là, il n'attendra pas qu'on le consulte : il offre, ou, pour mieuK dire, il impose son avis, au nom de 1 autorité de son ministère, il veut que sa voix sélève assez haut pour réveiller la conscience égarée d'un maître toutpuissant, et dominer le concert d'adulations d'un monde asservi. Mais un accent de dévouement afifeclueux tempère toujours la francliise hardie dont il ne ménage pas l'expression et qu'il finit par faire accepter.

On ne tarda pas d'ailleurs à reconnaître que l'action d'Ambroise, moins fréquemment exercée peutêtre que du temps des empereurs novices, ne serait que plus efficace lorsqu'il croirait son intervention réclamée par quelque intérêt essentiel et vital de 1 Eglise. La première occasion qui se présenta d'en luire l'épreuve, ce fut à ^H-opos de la grande question que, deux fois déjà, il avait fait trancher et qu'on fit renaître, en partie peut-être pour sonder le terrain et voir s'il aurait encore le crédit de faire maintenir sa décision. Le Sénat, ou l'a vu. avait félicité Maxime de la chute de Valentinien, c était une raison de plus pour qu'il s'empressât de féliciter Théodose de l'avoir rétabli. Aussi une nouvelle députation ne se fit pas attendre, mais il lui parut nécessaire d'ajouter quelque chose aux compliments du jour pour faire oublier ceux de la veille; aussi, aux éloges de convention, cette fois mieux placés que la précédente, de vives instances furent jointes pressant le vainqueur, comblé de gloire, de venir ho-

iiorer la Ville Elfinclle de sa prccieuso présence. Par exception, ce désir était, ce jour-là, l'expression d'une pensée sincère. Rome, depuis que Constanlinople existait, se sentait délaissée. En trente ans, le peuple, autrefois souverain, n'avait vu ([u'unseul de ses maîtres, un des fils de Constantin, (Constance, dont le rapide passage avait laissé aussi peu de trace que de souvenirs : mais la rareté même du fait en au*,Mnenterait le prix, et on pouvait pr()metlro,à la venue d'un empereur sorti victorieux de deux batailles, tout l'éclat d'un triomphe des meilleurs jours.

Bien que peu touché du faste extérieur. Théodose fut sensible à la proposition : il sentit que la consécration donnée à son pouvoir, au centre même de l'Empire, et sous la protection de tous les g^rands souvenirs, serait d'un puissant effet qu'il ne pouvait méconnaître. Aussi, ne faisant attention qu'à une idée qui lui agréait, il ne remarqua pas, ou ne voulut pas comprendre, queltjucs phrases embarrassées par lesquelles l'orateur du Sénat (c'était toujours Symmaque) insinuait que le jour où on célébrait les bienfaits nouveaux de la victoire, il conviendrait peut-être de lui rendre les hommages dont on l'avait privé. Nulle réponse ne leur étant faite, les députés sortirent tout heureux de n'avoir pas été découragés.

MaiSjdèsque le Sénat parlait, Ambroise seméfiaif, il veillait et, averti h temps, il aborda tout droit l'Empereur pour lui bien faire comprendre ce qu'on

voulait de lui. « Je lui en jetai, dit-il lui-même, l'explication au visage*. » Tliéodose,un peu surpris, n'ayant pas encore fait cette fois une réponse tout à fait nette, Tévêque s'abstint pendant plusieurs jours de paraître au palais. Cette absence fut remarquée et comprise, et, en définitive, les députés repartirent sans avoir obtenu de l'Empereur une parole dont les adorateurs de la victoire pussent se prévaloir. « Il ne m'en voulut pas, disait Ambroise plus tard, parce que ce n'était pas pour mon intérêt, mais pour le bien de mon âme et de la sienne, que j'osais parler ainsi devant un souverain'. » Peut-être aussi Théodose avait-il compris qu'un acte de faiblesse, dont un blâme public d'Ambroise aurait fait comprendre la gravité, aurait dénaturé entièrement le caractère de sa visite. L'effet, au contraire, fut celui qu' Ambroise aurait pu souhaiter. Les amis chrétiens qu'il avait laissés à Rome se pressèrent autour de Thëodose et leur nombre parut plus grand que jamais. « La foi, dit un poète chrétien contemporain, n'avait pas encore fait tant de néophytes, surtout parmi les pères conscrits, que pendant ces jours de fête et de gloire", où il semblait que ces

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