Plus enini astringitur qui labi inlirnuim cogeret. Ep
aussi que Tévéque vienne vous dire : « Eh bien « oui, c'est moi qui ai tout fait, c'est moi qui ai « allumé le feu, rassemblé et excité la foule : frap- M pez-moi et épargnez tous les autres. » Heureux mensonge qui lui donnera l'avantage d'avoir obtenu l'absolution de tous, et pour lui-mêmela grâce du martyre'.
« Et puis, comment ferez- vous l'exécution? Vous enverrez donc au comte d Orient vos drapeaux victorieux avec le signe sacré du Labarum, pour rétablir une synao'og'ue ! Essayez de faire entrer le Labarum dans la synagogue, nous verrons qui s'y prêtera^. T^ous lisons dans l'histoire qu'on a élevé autrefois des temples aux idoles de Rome avec les dépouilles des Cimbres, aujourd'hui ce seront les juifs qui inscriront au fronton de leur svnagogue : Temple élevé avec les dépouilles des chrétiens. « Et cette apostrophe véhémente était terminée par cette parole significative : « Voilà ma demande qui ne saurait être présentée avec plus de respect. J ai essayé de vous la faire entendre dans le palais pour qu'il ne fût pas nécessaire de la faire entendre dans l'Église % »
Théodose ne comprit-il pas l'avertissement, ou
1. Beatum mendacium quo acquirilur aliorum absoluiio, sibi gratia. Ep. xl, 8.
2. Jubé labarum svnagogœ iuferri, videamus si non resistunt. Ep. XL, 9.
3. Certi quod bon orifice ntiu s fieri potuit foci , ut me luagis audires in regia, ne, si necesse esset, audires in <;cclesia. Ep. xl, 27, Ïj.
trouva-t-il que la sévérité de celte allocution dépassait rimportance du fait et la mesure de liberté do langage qu'il pouvait soulFrir; toujours est-il qu'Ambroise revint à Milan sans avoir reçu de réponse, et sans que rien Tautorisàt à penser que les ordres dont il se plaignait dussent être retirés, ou même adoucis. La réclamation, d'ailleurs, portant sur un incident dont le théâtre était éloigné et les détails peu connus, la première fois que, Tliéodose étant venu à l'église, Ambroise prit la parole devant lui, l'assistance fut longtemps sans comprendre l'application du sujet qu'il avait choisi. Le texte était ce verset de Jérémie : « Prends ion bâton de noyer, » et l'explication donnée fut (jue ce bâton était la verge de l'autorité sacerdotale, faite pour être utile et non agréable à ceux qu'elle frappe. Puis, dans d'assez longs développements, l'orateur établit que l'œuvre du Christ étant justice autant que miséricorde, l'office de ses ministres est de corriger autant que d'absoudre. Cherchant alors même dans l'ancienne loi les exemples qui autorisent le prêtre h exercer ce droit de correction salutaire, il rappelleet met en scène le prophète Nathan, adressant h David une réprimande publique : « Dieu, fait-il dire au prophète dans un langage plus sévère encore que celui que rapporte l'Ecriture*, t'avait comblé de ses bienfaits, et tu déshonores son nom dr-
I. Tu auferes quod erat sorvuli moi, in quo iil)i peccalum inuritur, et liahcbunt de quo advcrsarii moi f^lorientur. Ep. xLi, 517.
AMBROISE ET THÉODOSE. Ul
vant ses adversaires en faisant tort à un de ses liiimbles serviteurs. »
L'allusion restait obscure et voilée pour les auditeurs, mais elle ne Tétait déjà plus pour Théodose, et on vit au trouble de son visage qu'il cherchait si réellement c'était à lui qu'elle s'adressait. Ambroise alors le regardant en face : « Oui, Empereur, dit-il, ce n'est pas de vous seulement, c'est i\ vous que je veux parler ^ Songez que plus Dieu vous a accordé de gloire, plus vous lui devez de respect et de soumission. Vous devez aimer le corps du Christ qui est l'Eglise. Vous devez laver, baiser et oindre ses pieds, c'est-à-dire honorer les moindres de ses ministres, et s'ils ont fait tort, leur pardonner, car le pardon d'un pécheur réjouit les anges dans le ciel'.
« Quand j eus fini de parler, écrivait le lendemain Ambroise à sa sœur Marcelline, il vint à moi et me dit : u C est donc de moi que vous avez fait « le sujet de votre discours? >» J'ai dit, lui ai-je répondu, ce que j'ai cru devoir vous être utile. Alors il me dit : « Je conviens que c'était un peu dur de « faire réparer la synagogue par l'évèque, mais j'ai « déjà adouci cet ordre, et vos moines font sou- « vent tant de mal". » Le maître de la cavalerie, Svmase, intervint et s'emporta contre les moines.