Monachi multa scelera faciunt
Je parle à TEmpereur, lui dis-je. comme je le dois, sachant qu'il a la crainte de Dieu : si j'avais à faire à vous qui parlez si durement, je nie conduin.is d'autre sorte. J'étais toujours debout, devant l'Enipereur et je lui dis : « Failes que je puisse en conscience oflVir pour vous le saint sacrifice : déchargez mon âme. « Il s'assit, fit signe qu'il consentait, mais sans me donner une promesse expresse, puis, comme je restais toujours en face de lui, il dit quil corrigerait sa décision. Supprimez donc toute l'alfaire, lui dis-je, car ce sera toujours pour le comte qui en est chargé une occasion de tourmenter hs chrétiens. Alors il me le promit. J'agis donc sur votre parole [a^o fide tua), lui dis-je, et je répétai donc deux fois ces mots : sur votre parole. « Allez donc sur ma parole, dit-il, » et je montai h l'autel, ce que je n'aurais pas fait si sa promesse n'eût été complète. Mais j'éprouvai tant de grâce en ofTrant le saint sacrifice que je sentis que j'avais fait ce qui était agréable à notre Dieu et qu'il m'avait aidé de sa divine présence*. »
On peut juger quelle émotion régnait, quelle sourde rumeur s'élevait dans l'auditoire, pendant ce dialogue prolongé entre l'évéque et l'empereur, dont le sujet n'était pas bien connu; mais on vovait seulement que c'était l'empereur qui, malgré sa contrariété visible, finissait par céder. L'autorité morale d'Ambroise, si on avait pu croire qu'elle