I. Aurum Ecclesia habet non iil scrvet, sed ut subveiiiat
On avait pourtant trop vite désespéré cîe l'Empire. C'était un corps trop puissant et doué d'une vitalité trop intense pour succomber d'un seul coup. Un siècle devait être nécessaire pour l'achever; aussi on put bientôt espérer que l'invasion barbare serait comme une de ces trombes que le même souffle orageux amène et disperse. Les Goths, peu accoutumés a la discipline et à la règle, se répandirent au hasard dans tous les sens, partout où les appelait l'attrait du pillage. Ils laissèrent ainsi aux légions romaines le temps de se reformer i\ l'abri des places fortes, et d'attendre des renforts qui arrivaient d'Asie. En évitant de renouveler l'imprudence de Valens qui avait provoqué par une attaque directe les tribus à se concentrer, en les laissant s'égrener au contraire et en se réservant de les prendre ensuite l'une après l'autre, on put venir à bout soit de les soumettre, soit même de les absorber dans les cadres de la mihce et de l'administration impériale. Mais c'était une œuvre de patience qui exigeait une présence continue et vigilante sur le théâtre même du désastre. C'est une condition ([ue Gratien ne pouvait renqUu". Il était appelé en Gaule, n'étant sûr ni de la sécurité des frontières ni de la fidélité des légions qu'il v avait laissées. D'ailleurs il n'avait jamais visité l'Orient et ne s'était pas préparé h en recueillir '"' "
in necessitatihus... qui sine auro misit apostolos Ecclesias sine auro congregavit. De Off. min.. 1. II. - 36, 137.
sentait mal à Taise, et cette tâche à remplir dans des conditions inconnues lui paraissait au-dessus de ses forces. Il eut liàte de s'associer un collègue qui ]nit le délivrer d'un fardeau tombé inopinément, et dans des jours si critiques, sur ses épaules, et il eut le mérite, dans le choix qu'il fit, de ne consulter que Tintérét public.
Il conféra la dignité d'Auguste au fils d'un génénil renommé dont Yalentinien avait longtemps apprécié les services, mais qu'il avait fini, dans un accès de violence, par condamner à mort pour un complot vrai ou supposé. Le fils avait voulu noblement partager la disgrâce du père, et pour l'appeler à l'empire il fallut le faire venir d'Espagne où il vivait dans la retraite. Théodose (c'était son nom) résista quelque temps à une faveur qu'il n'avait pas recherchée, et ne céda qu'à des instances répétées ^ Dès qu'il se fut enfin déterminé à accepter le pouvoir, Gratien se hâta de le lui remettre et de re])rendre le chemin de l'Occident. Ce ne lut pas cependant sans avoir, par un édil solennel, levé toutes les mesures de proscription dont Valens avait frappé les catholiques et assuré à tous les chrétiens sans distinction la liberté de leur culte*.
(. était une mesure de réparation appelée et prcs-