‹ Saint Ambroise (340-397)Chapitre 9 sur 27 · Xe forte quereientur fraudatos esse. De Tohia, x · texte numérisé non relu

Xe forte quereientur fraudatos esse. De Tohia, x

même à des instructions lamilières données aux catéchumènes pour les préparer au baptême et à l'Eucharistie. Quel que fût le sujet de ses discours, on y admirait toujours une précision lumineuse et en même temps (suivant l'expression d'un jeune auditeur inconnu qui Técoutait suspendu à sa parole), une suavité de langage qui allait à Tâme'. L'effet était d'autant plus grand que c'était la première fois que la langue latine était maniée avec éclat par un orateur chrétien. L'Orient, mieux partagé, avait déjà entendu de Basile, de Grégoire de Naziance, de Chrysostôme, des accents qui égalaient ceux des plus beaux génies de la Grèce. Mais à Rome, l'éloquence, ou du moins ce qu'on appelait encore de ce nom, était resté le partage de rhéteurs la plupart païens, qui célébraient dans la vieille forme classique, avec force antithèses à effets et ornements affectés, les vertus des princes ou les grands événements du jour. Ce genre factice, contraire à toute pratique d'affaires sérieuses, avait toujours déplu à Ambroise qui aurait trouvé encore plus déplacé de le porter dans l'euseignement de l'Evangile, u Point de faux ornements, disait-il, il Aiut que ce soit le naturel qui parle et si ce naturel a quelques défauts on peut les corriger sans recourir à ces artifices. » a II faut f[ue votre voix, disait-il encore, ne soit pas

I. Verbis ejus suspendeliar inteiilus et delectabar suavitate sermonis. C'est saint Augustin qui parle ainsi dans ses Confessions, racontant la part fjue l'influence d'Ambroise prit à sa conversion.

tour à tour trop basse et trop élevée comme peut être celle d'une femme, mais qu'elle fasse sentir la force et la sève d'une âme virile*. »

On se demande comment l'activité d'un seul homme pouvait faire face à tant de préoccupations diverses, et suffire en même temps à la préparation de traités et d'écrits qui ne remplissent pas moins de deux énormes volumes in-folio. Ce ne pouvait être que par un don de se recueillir et de s'abîmer dans une méditation profonde pendant chacun des courts instants que lui laissaient les dérangements de toute nature auxquels il se prêtait. C'est ce qui est décrit encore à merveille par le jeune admirateur dont le témoignage a déjà été cité :

« J'estimais Ambroise, disait plus tard saint Augustin, mais il m'était impossible de l'entretenir de ce que j'aurais voulu, comme je l'aurais voulu : une armée de nécessiteux m'empêchait d'arriver jusqu'à lui; il était le ser\iteur de leurs infirmités. S'ils lui laissaient quelques instants, il soutenait son corps par quelques aliments nécessaires et son esprit par la lecture'. Mais quand il lisait, ses yeux couraient sur les pages dont son âme pénétrait le

1. Desit affectatiû. sed motus sit purus et simplex. >"ihil enim fucatum placet. Si quid in natura vitii est industria emundet.... Vox ipsa non remibsa, non fracta. niliil femineum souans, sed quamdam formam et regulam ac succum virilem reservans. De offwiis ministrorum, \. i, 73, 84-

2. Cum quibus quaudo non erat. quod perexiguum temporis erat . aut corpus reficiebat necessariis susteutaculis aut lectione animam.

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^ens. Souvent en entrant clans sa retraite, dont raccès n'était jamais défendu, et où on n'avait pas besoin d'être annoncé, je le voyais lisant tout bas : je m'asseyais et après être resté longtemps à le regarder en silence (car qui aurait osé troubler une attention si profonde), je me retirais en pensant qu'il lui serait importun d'être dérangé dans ce peu de temps qu'il se réservait pour rassembler son esprit au milieu du tumulte de tant d'affaires \ «

C'est dans ces courts moments de réflexion disputés aux préoccupations d'un autre ordre, qu'il trouva moven de préparer de véritables traités soit de dogme, soit de morale, composés avec tout l'art qu'il avait appris à l'école des modèles classiques de l'antiquité et qui tiennent dans ses œuvres une place à peu près égale à ses prédications, et c'est dans ses écrits que se manifeste le plus clairement le double caractère qui faisait l'originalité de cette grande ame. Tantôt c'est le saint qui, par de cbaleureuses exhortations adressées aux âmes élues, comme dans le traité de la virginité et du veuvage, les élève à toute la hauteur de la vie de conseil et de perfection. Tantôt c'est l'homme, mêlé longtemps aux obligations de la vie commune, qui indique la voie à suivre pour s'en acquitter sans déroger à lîi rigueur d'aucun précepte. Ce mélange de spiritualité austère et de sens pratique n'est nulle part j)lus visible que dans un véritable ouvrage doc-

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