LL
(3) kl., p. 198.
(4) Paulin, Vie d'Ambroise, 19.
LA LUTTE CONTUE LES MUENS. 27
Priscillien et ?cs partisans. I\[ais AniLroise, nous le savons (l(^j;i, n'admettait pas qu'une question de foi fût portée devant le pouvoir civil, ni que le sang fût répandu pour elle. Il n'était ])as liommc^ même dans une cour étrangère, à cacher son sentiment pour ne point déplaire. Il refusa de communier avec les évoques ({ui avaient déféré l'hérésie au bras séculier. Cela fournit à Maxime un prétexte pour renvoyer cet ambassadeur incommode.
La conduite d'Ambroise avait été, comme dans sa première ambassade, aussi habile qu'elle était fière. JMaxime en était venu à douter qu'on eût peur de lui à Milan. Il voulut s'en assurer et demanda un autre ambassadeur. Justine, trop heureuse de désavouer Ambroise, tomba dans le piège. Maxime comprit alors que l'audace d'Ambroise ne lui venait pas de ceux qui l'avaient envoyé. Il réussit à faire accepter par Valentinien l'envoi de troupes soi-disant auxiliaires; et, quand elles eurent passé les Alpes, il vint se mettre à leur tète et marcha sur Milan. — L'empereur s'enfuit, et tout le monde avec lui. Ambroise seul resta à son poste, mais refusa d'entrer en relation? avec l'envahisseur. Or, en face de trônes si fragiles, le pouvoir immuable de l'évoque a tellement grandi qu'il manque quelque chose au souverain qu'il ne reconnaît pas. — Le succès de Maxime fut d'ailleurs de courte durée. Sommé par Théodose, qui avait accueilli paternellement Valentinien, d'évacuer l'Italie, il refusa. Deux mois après, à la suite d'une campagne désastreuse, ses propres soldats le menèrent tout garrotté aux pieds de ses vainqueurs. A la même époque mourait Justine. Le temps des luttes est fini pour Ambroise.
Saint Ambroise et Théodose.
Une période nouvelle commence pour l'histoire des rapports de l'Eglise et de TEtat. Deux noms la personnifient: Ambroise et Théodose. Le grand évêque et le grand empereur se rencontrèrent pour la première fois après la défaite de Maxime. Théodose, depuis qu'il gouvernait l'Orient, s'était surtout occupé de le convertir. « Que le nom du Dieu unique et souverain soit adoré partout, » dit une de ses lois (1). Il était fait pour s'entendre avec Ambroise. Ces deux hommes semblent s'être formé d'un empire chrétien, et rendant à Dieu la protection qu'il reçoit de lui, deux conceptions à peu près identiques. Mais, pour Ambroise, l'empereur lui-même n'est que l'un des fidèles, « il est dans l'Eglise (2}, » et il le lui fera sentir, et Théodose pourra dire qu'avant de connaître Ambroise, il ne savait pas ce que c'était qu'un évêque (3). L'influence d'Ambroise s'était déjà manifestée dans la façon dont Théodose avait usé de la victoire (4). Le pieux empereur était un violent. Il avait été cette fois miséricordieux. Mais cette entente allait dès ses débuts subir une épreuve d'où elle sortira d'ailleurs aff'ermie.
Pendant que Théodose mettait de l'ordre dans les affaires d'Occident, de mauvaises nouvelles lui était arrivées d'Orient. Des chrétiens menés par des moines, peut-être même parleur évêque, avaient brûlé une synagogue à Callinique. Théodose
.(1) Cod. Théod., XXI, 5, 6. Unius et summi Dei nonicn ubique celebretur. (2y Voir page 24.
(3) Théodoret, llisl. EccL, V, 18. 'A|i.6po7'.ov ';ip oloa aovov 'E-'jy.o-ov àÇfo); ■/.a).cij;j.îvov.
(4) Saint Ambroise, Ep., XL, 2u.