‹ Saint Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècleChapitre 40 sur 60 · II, 9; III, 15, 16; VI · texte numérisé non relu

II, 9; III, 15, 16; VI

Cicéron s'est trompé, il est inutile d'espdrer trouver la vérité chez un autre philosophe, même chez Sénèque (1). D'ailleurs il ne s'est pas toujours trompé, et Lactance lui en sait d'autant plus de gré, quil n'avait pour l'éclairer que ses lumières naturelles '2). Quoiqu'il puisse semhler lui chercher plus d'une mauvaise querelle (3), et s'acharner contre lui, il éprouve une joie sincère quand sa conscience de chrétien lui permet de faire trêve, et se trouve d'accord avec son admiration de lettré (4). Et il cite quelques unes des helles définitions de Cicéron avec cet amourpropre de disciple qui ressemble à un amour-propre d'auteur. C'est la définition de l'homme que le souverain des dieux a créé comme hors rang dans la nature, que seul de tous les êtres animés il a doué de raison et de pensée (5); — celle de la conscience, un dieu intérieur, c'est-à-dire notre âme propre qui est ce que Dieu a mis en nous de plus semblable à lui (6) ; — celle de l'homme de bien qui n'ose non seulement rien faire, mais rien penser qu'il ne puisse dire tout haut (7) ; — celle enfin de la loi morale qui n'est différente ni à Athènes ni à Rome, qui ne change pas non plus avec les siècles, mais qui pour toutes les nations, pour tous les temps, est la même loi, éternelle, immuable (8). Même dans les critiques que Lactance adresse à Cicéron, il y a une manière d'hommage; il le prend pour le représentant le plus achevé delà conscience antique, et n'oppose à son enseignement que l'enseignement du Christ. Limitation, comme la critique de saint Ambroise, seront moins attentives à la personne même de Cicéron. L'indifférence pour le talent, qui était impossible chez un ancien

(1) Lactance, Div. inst. III, la.

(3) Voir en particulier Ici., III, 14.

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