‹ Saint Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècleChapitre 56 sur 60 · M., LXV · texte numérisé non relu

M., LXV

.(8) Id., CXX.

(9) Id., GXXI.

(10) Id., XLVl, Pauhe et Eustochia- ad Marcellam.

œuvre que la critique des textes ou la lutte contre Origène. Unissant, comme lui, au goût de la science le goût de la vie monastique, elle avait créé à Rome le type de la veuve chrétienne, et la première avait transformé sa maison de campagne en un couvent.

De ces couvents saint Jérôme devait être le rude législateur. C'est dans une lettre à une fille de Paula, à Eustocliie, qu'il s'étend le plus longuement sur les règles de cette vie nouvelle. Mais d'autres lettres complètent et confirment celle-là. Ce sont les mêmes recommandations que nous avons déjà vues chez saint Ambroise, mais avec quelque chose de plus âpre et de plus emporté. Point de vin pour les vierges, le vin est un poison. Contre la jeunesse c'est la première arme dont se serve le démon (1). Des mets simples, une vie frugale; non qu'il y ait dans les estomacs vides quelque chose qui en soi plaise au Seigneur, mais parce qu'ils sont une sauvegarde de la chasteté (2). La vierge portera des vêtements blancs comme symbole de sa pureté (3). Elle se relèvera la nuit pour prier et arrosera son lit de ses larmes (4). Elle invoquera Dieu dans la tentation, et saint Jérôme s'explique en des termes d'un naturalisme expressif sur le genre de tentations qu'elle aura à subir (o). La virginité, voilà le bien que toutes ces vertus et toutes ces pratiques ont pour fin de défendre, car c'est là une qualité que Dieu lui-même ne peut rendre à qui l'a perdue (6), mais qui lui est une offrande entre toutes agréable. — Saint Jérôme s'excuse, comme saint Ambroise, de détourner du mariage, mais encore avec plus de désinvolture. Il lui faut des mariages pour donner naissance à des vierges. De même il faut des épines pour qu'il y ait

(1) Saint Jérôme, Ep., XXIil, 3.

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