Il, ch. 8; Hisl. angl. scr., X, p
* Per sanctura vultum de Luca (Hist. nov., I, p. 3S). On conserve dans la calhédrale de Lucques une image du crucifix, Vollo santo, que l’on regarde comme l’ouvrage de Nicodème, et qui fut, dit-on, apportée de Syrie en 702. Les contemporains atiribuent à Guillaume le Roux l’habitude de jurer parce crucifix (id., ibid., p. 37. — Malmesb., Reg., IV, p. 121).
Li vo de Luche en a juré.
Rom. de Rou, t. II, p. 328.
Il se peut même que ce ne soit pas précisément celui de Lucques ; car on appela Sainl-Voult-de- Lucques, vulgairement et par corruption Sainl-Godelu, tout crucifix habillé semblable h celui-là.
grand danger. De la maison royale d’Alveston où il se trouvait, il se fit transporter à Glouccster. 11 se mit au lit, et y resta presque tout un carême. De tous côtés accourent princes, évêques, abbés, seigneurs; on lui fait entendre qu’il faut songer à son âme, ouvrir les prisons, délivrer les captifs, remettre les dettes, rendre la liberté aux Églises, surtout à cette Église de Canterbury dont la détresse était une calamité pour toute l’Angleterre chrétienne.
Pendant ce temps, Anselme, sans se douter de rien, se trouvait à la campagne, non loin de Gloucester. On lui mande tout à coup de venir en hâte; le roi mourant réclame sa présence. Il s’empresse, et, à son arrivée, il s’informe, approuve tout ce qui a été fait, et prononce seulement ces mots du psaume : « Incipite Domino in confessione, » entendant par là qu’il fallait commencer par une confession solennelle *.
Tandis qu’on l’engage à se charger d’éclairer et d’exhorter le roi, on va reporter à celui-ci tout ce qu’il a dit sur la nécessité de racheter ses péchés et de faire à l’Église réparation. Le malade, abattu, ne se refuse à rien; la componction l’a saisi; il
tel que ceux qu'on voyait jadis a Saint-Élienne-de-Sens, au Sépulcre à Paris, etc. (Vocabulaire hagiologique, par Cbaslelain, au 1. 1" du Dict. étymol. de Ménage).
» U y a dans la Vulgate : « Præcinile Domino in confessione. » Ps. 14(5, 7. On voit par le texte d’Eadmer, p. 35, comment Anselme entendait co verset, dont le vrai sens est: « Chantez le Seigneur à deux chœurs. »
prend ses évêques à témoin entre Dieu et lui ; il envoie des gens prêter serment sur l'autel en son nom ; il scelle du sceau royal un édit portant délivrance des prisonniers, remise des dettes, oubli des offenses, respect du droit de tous, bonnes et sages lois pour le peuple. Ou bénit Dieu, on prie pour le salut d'un si grand prince. De saintes gens se hasardent alors à lui parler de l’archevêché de Canterbury. 11 les écoute ; il avoue que cette pensée le préoccupe, mais il demande qui serait digne d’un tel honneur. Tout le monde se récuse, et s’en rapporte au choix du roi. Il se prononce enfin, et des acclamations accueillent le nom de l’abbé Anselme. On s’empresse d’aller prévenir le nouvel élu, qui pâlit d’effroi à cette nouvelle, et refuse de se laisser conduire auprès du roi, pour recevoir de lui, avec le béton pastoral, l’investiture de l’archevêché. Mais les évêques, le prenant à part , lui représentent les misères de l’Église, ses devoirs envers la religion, la mission manifeste qu’il a reçue, l’unanimité des vœux qui l’appellent. Anselme répond en objectant son grand âge (il n’avait cependant guère plus de cinquante-neuf ans), son peu de goût pour les affaires du siècle, les devoirs qui l’enchaînent à son couvent, au duc son seigneur, et surtout à son métropolitain. Les prélats, au lieu de l’écouter, l’entraînent auprès du lit du roi, sans qu’il se lasse de répéter: « Tout cela est nul -, il ne sera rien fait de ce que vous voulez. »
Quand le roi fut instruit de sa résistance, il montra une grande douleur, et le conjura par ses souffrances, par ses intérêts éternels, par le souvenir de l’amitié constante de son père et de sa mère. Il dit qu’il ne pourrait mourir en paix, tenant en sa possession le domaine de l’Église. Tout le monde était ému ; le refus opiniâtre d’Anselme irritait l’impatience générale, et des prières on en vint aux reproches. Voulait-il donc tout perdre, le roi et le royaume? Était-il donc en démence? Anselme, désolé, se tourna vers Eustache et Baudoin, deux religieux qui l’avaient accompagné : « Ah ! mes frères, pourquoi ne me soutenez-vous pas ?» Il a dit depuis qu’il eût préféré la mort à ce qu’il éprouvait en ce moment. « Si c’est la volonté de Dieu, répondit Baudoin, que pouvons-nous faire à l’encontre ? » Et eu parlant ainsi, le pauvre moine fondit en larmes, et son émotion fut telle que le sang lui sortit par le nez. « Malheur! s’écria Anselme, que ton bâton d’appui s est promptement brisé !» Le roi dit alors à tout le monde de le supplier à genoux; mais Anselme s’agenouilla aussi en persistant dans son refus. Enfin, les assistants perdirent patience, et s’écrièrent:
« Une crosse ! une crosse ! » Les uns le prirent par la main, les autres le poussèrent, et il fut traîné près du lit du roi, qui lui tendait le bâton pastoral; mais il refusait de le saisir, et tenait sa main droite cachée dans son sein et fermée étroitement. Les évêques, la lui prenant de force, et tenant sa main gau-
ANSELME DETIENT ARCHEVÊQUE. 137
che immobile, tâchèrent de lui ouvrir les doigts de la droite, en la pressaut au point de le faire crier. On parvint à lui redresser un doigt pendant un moment, et, entre l’index et le pouce, l’on appliqua la crosse épiscopale contre sa main, en les tenant l’une et l’autre violemment serrées. A cette vue, toute l’assistance poussa un seul cri : « Vive l’évèque! » et tout le clergé entonna à voix haute le Te Deum. Puis on le porta plutôt qu’on ne le conduisit dans une église, tandis que, pâle et tremblant, il essayait vainement de résister, et qu’il répétait sans cesse : « Ce que vous faites est nul ! Ce que vous faites est nul ! »
Il raconte lui-môme que son trouble était tel que l’on craignit de lui voir perdre ses sens, et que l’on se crut obligé de lui jeter de l’eau bénite pour le ranimer, et même de lui en offrir à boire.
Les cérémonies terminées, il put retourner vers le roi. « Seigneur roi, lui dit-il, vous ne mourrez point, et vous pourrez réformer tout ce qu’on vient de faire de moi, car je n’ai pas consenti et je ne consens pas. Rien n’est donc consommé. » Et il se retira. Quand, rentré dans sa chambre, il put parler plus librement aux évêques et aux seigneurs qui l’avaient reconduit, il leur demanda s’ils avaient bien compris ce qu’ils faisaient. « Songeaient-ils qu’ils venaient d’atteler à la même charrue et sous le même joug un taureau indompté et une vieille et débile brebis ? S’ils persistaient, leur allégresse se
CIUPITRE VIII.
changerait bientôt en désolation, et cette prétendue restauration de l'Église en deviendrait la ruine , car lorsqu’une fois la férocité du roi se serait jouée de sa faiblesse, l’oppression universelle serait consommée. C’était donc la servitude de l'Église qu’ils venaient d’assurer. » 11 leur dit ces choses en pleurant, et les congédia.
Cependant l’allégresse publique accueillait son élection. On y voyait le prélude d’un nouveau régime. Tous les opprimés espéraient. C’était, dit un témoin oculaire *, comme un jubilé général. Le roi, pressé d’en finir, ordonnait que le nouvel élu fût investi de tous les biens archiépiscopaux, tant en dedans qu’en dehors du diocèse. 11 décidait aussi que la ville de Canterburv, tenue par Lanfranc seulement à titre de bénéfice, aussi bien que l’abbaye de Saiut-Alban , notoirement possédée par lui et tous ses prédécesseurs, seraient, à titre perpétuel, réunies à l’aleu de l’Église métropolitaine. Rien ne lui coûtait alors ; il ne pensait qu’au salut de son âme.
Tout cela se passait le premier dimanche de carême, 6 mars 1093. Anselme quitta la cour et alla célébrer les fêtes de Pâques à Winchester. 11 y logeait dans un faubourg. Une nuit, le feu prit dans le voisinage, et les gens songeaient à emporter les meubles, quoique la maltresse de la maison dît
* Osbern. Ep., III, â.
qu’elle n’avait rien à craindre, tant qu'elle avait chez elle un pareil hôte. Baudoin courut supplier Anselme de venir au secoure de cette femme. « Et comment? demanda-t-il. — Mais en sortant , répondit Baudoin, et en opposant le signe de la croix à l’incendie. Dieu peut-ôtre l’arrêtera. — Pour moi? Vous n’y pensez pas, » reprit Anselme. U. sortit pourtant, et à la vue des flammes, Gondulfe et Baudoin le forcèrent presque à lever la main droite et à faire le signe sacré. Soudain, le feu parut se replier sur lui-même, et abandonner à demi brûlées les maisons qu’il dévorait. C’est l’histoire, plus d’une fois répétée, du miracle de saint Léon IV, et que Raphaël a popularisée par l'admirable tableau de l’incendie du Bourg.
On sait que Gondulfe, dont nous venons de parler, Normand de naissance, ancien moine du Bec, appelé en Angleterre par Lanfranc, avait été nommé évêque de Rochester apres Hcrnoste, originaire du même couvent. Il tenait vivement à devenir suflragant de celui qu’il avait eu pour abbé. Il s’efforçait d’amener plus de confiance entre lui et le roi ; mais il était son ami, il le suivait à la campagne, et tous deux examinaient paisiblement ensemble le pour et le contre d’une promotion encore incertaine. Le roi ne l’entendait pas ainsi. Il envoyait des messages en Normandie; il écrivait au duc, son frère, à l’archevêque de Rouen, au couvent de Sainte-Marie-du-Bee, pour les informer de tout, et leur de-
mander leur consentement respectif. Il en coûta à tout le monde de le donner. Le duc devait tenir à ' conserver le plus bel ornement d’une de ses plus célèbres abbayes. « J’aurais voulu, écrivait l’arche- « vêque Guillaume Bonne-Ame à Anselme, con- « server à jamais ta présence ; mais que ma volonté « cède à la volonté de Dieu. Accepte la garde du « troupeau dont le salut t’est divinement commis.
« Adieu, adieu, mes entrailles ‘ ! » Quant aux frères de l’abbaye du Bec, leur douleur se manifesta d’abord par la résistance. Ils ne pouvaient se résigner à céder à d’autres leur pasteur. Lui-même les sollicitait cependant. Il leur racontait, dans une lettre pathétique, ses chagrins, ses combats, comment il s’était soumis à la contrainte, à une nécessité qui sans doute venait d’un plus puissant maître, et il remettait dans leurs mains l’intérêt de la religion et celui de son salut, qui commandaient leur sacrifice et le sien. On dit cependant qu’au fond c’était en conservant l’espoir d’échapper à l’épiscopat qu’il implorait d’eux sa délivrance. lise peut, en effet, que même les fonctions abbatiales fussent pesantes pour cette âme douce et recueillie, pour cet esprit spéculatif et rêveur. Mais il était trop scrupuleux, peutêtre trop faible , pour s’aider lui-même en agissant selon ses voeux. Il obéissait comme à Dieu même au mouvement irrésistible qui le poussait vers la puis-
1 Wst. nov., I, p. 36.
sance, et se flattait encore que des événements imprévus, que les volontés changeantes du roi, qu’il ne cherchait pas à rassurer ni à séduire, l’exonéreraient enfin de cet archevêché, qui, disait-il, était tombé sur lui. Mais les moines hésitaient; rebelles aux prières de leur ancien frère Gondulfe, ils refusaient un consentement formel. Us se bornaient à souffrir ce qu’ils ne pouvaient empêcher. Baudoin, qui leur avait apporté des lettres d’Angleterre, fut chargé d'y ramener avec lui le frère Teson , pour transmettre à Anselme l’expression de leurs perplexités. Mais il insista de nouveau pour obtenir une réponse positive, et les moines se bornèrent à lui écrire qu’ayant appris le consentement donné par leur seigneur et leur archevêque, ils avaient mis l’affaire en délibération, et que chacun avait été nominativement requis par le président de dire son avis. « Le débat a été long , ajoutaient-ils ; mais enfin une partie s’est tristement, et par crainte de Dieu, rendue à ta demande; une partie, dans uu zèle qu’elle croit mieux inspiré, a refusé absolument. Quelle partie a été la plus forte en nombre et en raison? Dom Lan franc, le neveu du prélat, qui a tout vu, tout entendu, te le dira. » Voilà tout ce que l’obéissance put arracher à la douleur de ces pauvres religieux *.
Les lettres qui rendaient à Anselme sa liberté le » Ep., III, !, 2, 3,4, Sel 6.
trouvèrent retiré avec Gondulfe dans une des maisons de campagne de son futur diocèse. Il en partit pour aller rejoindre le roi.
La guérison prédite s’était accomplie. Le roi avait eu hûfe de révoquer presque tous les engagements pris pendant sa maladie. Le joug que sa main pressait sur son peuple avait repris toute sa pesanteur. 11 revenait d’une conférence à Douvres avec Robert II, comte de Flandres, lorsqu’il trouva Anselme et Gondulfe qui l’attendaient à Rochester; ses dispositions n’étaient pas rassurantes. Voyant Gondulfe pour la première fois après son rétablissement, il avait répondu à ses exhortations religieuses : « Sache bien, évôquc, que, par la sainte face de Lucques, jamais Dieu n’aura de moi du bien pour le mal qu’il m’a fait. » Anselme, ayant demandé un entretien secret, lui répéta qu’incertain encore du parti qu’il prendrait, il ne pourrait dans aucun cas devenir archevêque, si l’Église de Canterbury ne recouvrait, sans difficulté ni procès, toutes les terres qu’elle avait possédées du temps de Lanfranc ou même avant lui ; si de plus le roi ne s’enpgeait à suivre ses conseils pour tout ce qui intéresse Dieu et la religion; si enfin son seigneur et son défenseur sur la terre ne l’acceptait pour guide de l’âme et pour père spirituel. Enfin, il l’avertit que, dans le schisme qui divisait alors la chrétienté, il avait déjà pris parti, et reconnu pour chef apostolique le pape Urbain II, pontife de Rome, qui n’était pas encore
ANSELME DEVIENT ARCIIEVÈQCE. 143
reconnu en Angleterre. Le roi appela Guillaume, évêque de Durham, et Robert de Beaumont, comte de Meulan. L’un et l’autre étaient ses favoris. Le premier avait les idées d’un homme de cour plutôt que d’un homme d’Église. Le second, puissant en France, en Normandie et en Angleterre, s’attacha surtout aux rois normands et fut sous plusieurs règnes un conseiller habile et écouté. C’était, dit un chroniqueur, le plus sage des hommes en affaires séculières, de Londres à Jérusalem '. Ayant fait répéter à Anselme devant eux ses propositions, le roi dit qu’il lui restituait toutes les terres dont l’Église de Canterbury était saisie sous Lanfrane ; que pour celles qu’elle ne tenait pas alors, il ne pouvait s’engager à rien; mais que, sur ce point ainsi que sur tout autre, il agirait comme il le devait ’. Là-dessus, on se sépara, et le roi partit pour Windsor. De là, peu de jours après, il fit prier Anselme d’abandonner définitivement, pour l'amour de lui, ceux des biens de l’Église que, depuis la mort de Lanfrane, il avait à titre héréditaire donnés à ses gens pour un service déterminé. Un refus formel commença cette longue
1 Henr. Hunlingd. , De contemp. mund., Angl. Sac., t. II, p. C97.
* C’est probablement à cette époque qu’il faut placer une charte de Guillaume portant concession et confirmation de bénéfices et privilèges appartenant h l’archevêque Anselme, laquelle est signée par les évêques de Durham et de Iiochester, et par Eudes, maître de l'hôtel ( Dapifer ), comme témoins, et qu’on peut lire dans Rymer, t. I, part. I, p. 9, éd. de 1816.
série de contestations que nous ne verrons pas finir entre le roi et le prélat. Celui-ci espérait toujours que ce premier refus serait une raison pour tout annuler. Dégagé par ses frères, il leur avait renvoyé la crosse abbatiale, et il comptait, de plus, éviter encore le fardeau d’une dignité nouvelle; une "perspective de liberté et de retraite s'ouvrait devant lui. Mais le roi, fatigué d’entendre gémir sur la ruiue des Églises, l’appela dans une assemblée de sa noblesse qu’il tint à Winchester ; et là, il fit de si belles promesses touchant les biens ecclésiastiques, qu’il triompha enfin de sa résistance. Anselme, suivant l’exemple de son prédécesseur, fut, pour l’usufruit des biens féodaux, fait homme du roi, c’est-à-dire qu’il rendit hommage pour tout le domaine archiépiscopal , dont il eut immédiatement la saisine. Vers la môme époque, le roi nomma à l'évêché de Lincoln Robert Bloet , ce chapelain de son père qui l’avait accompagné à son passage en Angleterre et aidé à gagner la couronne.
Avant de célébrer son union avec une nouvelle épouse, Anselme s’occupa de celle qu’il fallait quitter. Il voulut pourvoir au sort de son ancien troupeau. La séparation ne s’était pas opérée sans déchirement. Quelques religieux ne lui pardonnaient point de les avoir délaissés, et la sincérité de sa répugnance et de ses regrets avait été suspectée. Rien ne lui était plus amer ; et, dans une longue et touchante lettre, il leur décrit avec éloquence et les
tourments qu’il a soufferts et les sentiments qui l’ont guidé. 11 explique en meme temps et limite ses devoirs envers eux. C’est pour eux qu’il était abbé, mais c’est à Dieu qu’il s’est donné en se faisant moine ; il ne leur appartenait que par la volonté de Dieu et pour Dieu même. C’était donc tenir ses engagements qu’obéir à Dieu pour faire ce qu’ont fait saint Pierre et saint Martin. Eux aussi, après tout, ils sont dans les liens du vœu monastique. Si beaucoup d’entre eux, si presque tous sont venus au Bec à cause de lui, aucun ne s’est fait moine à cause de lui, et c’est en Dieu que tous ont renoncé à eux-mêmes. Qu’ils se soumettent donc, et qu’un nouvel abbé soit élu *.
Les moines, dont la plume a seule sauvé le moyen âge de l’oubli, racontent d’ordinaire avec une naïve exactitude et un développement excessif l’histoire de leur couvent, mêlée confusément à l’histoire du monde. Nous permettra-t-on de traduire ici la relation presque officielle de l’élection du successeur d’Anselme?
Le 1 5 août 1 093, le frère Girard arriva d’Angleterre, et remit à Baudric de Savarville, prieur du Bec, une lettre où Anselme lui recommandait de procédera l’élection, sans permettre aucune cabale, sans tolérer aucune réunion partielle de religieux, tout devant se passer devant le chapitre assemblé.