EP , I
C'est eu effet là que fut lue la missive au milieu des larmes de tous. Le lecteur lui-môme, le frère Mau • rice, était interrompu par ses sanglots. Puis on se sépara pour aller célébrer la fête de la Vierge, car c’était le jour de l’Assomption. Après la messe, le prieur convoqua la communauté tout entière en chapitre, et annonça que Girard avait encore quelque chose à dire de la part du père Anselme. Girard déclara qu'il avait rapporté d’Angleterre le bâton pastoral, et qu’il tenait encore une lettre du prélat; mais qu'il ne devait la montrer que si tout le monde était d’accord pour déférer, dans le choix du nouvel abbé, au conseil de leur ancien chef. Telles étaient ses instructions. Le prieur dit qu’il pensait différemment, qu'il fallait d’abord lire la lettre, qu’on verrait ensuite ce qu'on aurait à faire ou à répondre. Girard résista ; Baudric tint bon , et Girard enfin, cédant au vœu et à l'autorité du chapitre, remit la lettre à Maurice qui avait lu la première. Celle-ci, nous l’avons encore, et elle est adressée au prieur et au couvent. « Si Dieu, leur dit Anselme, vous a « donné cette grâce de notre seigneur le prince « (Robert de Normandie), qu’il veuille bien que « votre abbé soit pris dans notre Église, et daigne « en conséquence ccouter mou conseil, à lui et à « vous je dis que rien ne me paraît préférable à « dom Guillaume, qui a été prieur à Poissi '. »
1 Qui prior fuit npud Pexeiuni (Fp., III, 8 et 15). J'admets arec
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Puis, sous le bon plaisir du duc, il commande à Guillaume d'accepter, et à Baudric de rester prieur. Ce dernier, qui était beau-frère de Herluin et qui devait aspirer au titre d’abbé, eut soin de n’en rien laisser voir et de dire qu'il souscrirait à tout de grand cœur. Tous acquiescèrent de même, et le chapitre se sépara.
Anselme avait également écrit au duc de Normandie. Cependant on n’entendait point parler de lui , peut-être parce que les religieux n’avaient pas rempli à son égard les préalables d’usage. Plusieurs jours s’étaient passés sans qu’il fût question de rien , et le nouvel élu restait dans son humble position, lorsque arriva du couvent de Lessai l’abbé Roger, ancien moine de la maison, à qui Anselme avait également écrit de veiller sur une affaire si im-
lc G allia christiana que Peœeium désigne Poissi, nommé ordinairement Pisciacum ou Pinciacum (t. XI, p. 220); et j’ai pour garants deux excellentes autorités, M. Auguste Leprévost et Mabillon. Ives, évêque de Chartres, parle d’un prieuré de Poissi dans son diocèse que les moines du Bec auraient enlevé à ceux de Molesmes (Pixiacensis scu Pixeiensis archidiaconatus (D. Ivon. Op., Ep. 9, 39 et 45, ou Neustria pia, p. 481). Comme ce démêlé faisait peu d honneur aux moines du Bec qui finirent par y succomber, ils auront évité d’en conserver le souvenir, et II n’est question nulle part, pas même dans la biographie de l’abbé Guillaume, du temps de sa vie où il a été prieur au lieu dit Pexeium (Lanf. Op., app. Chron. Becc., et Vit. Willelmi). Je ne sais pourquoi M l’abbé Hohrbacher le fait prieur de Peisse (?), et Jean Picard , prior Bnxiemts (llist. univ. de l'Égl., t. XIV, p. 460 et 493. - Annot. tn Ep. Ans., p. 564). Est-ce Brix, bourg de la Manche, où l’on ne voit pas que le Bec eût un prieuré ? Est -ce Brescia {Brixia) auquel cas Pexeium serait Pescbiera? Serait-ce le couvent de Sain!e-Eu-
portante pour la communauté 1 . Il repart aussitôt avec Baudric et quelques frères pour aller trouver le duc, qui les reçoit gracieusement ; on lui présente des lettres d’Anselme ; il ordonne aussitôt à Ernulfe, son chancelier, de les lire à haute voix; puis il s’écrie avec son serment habituel : « Par les merveilles de Dieii, il faut faire ce que veut mon l>on seigneur Anselme. » Et il demande qu’on lui amène le nouvel élu. Ils retournent immédiatement; la question est de nouveau posée; on demande à chacun son avis, et l’adhésion est presque unanime. Ou fait alors rentrer Guillaume, le candidat, qu’on avait prié de sortir pendant ce tour d’opinion, et il s’assied à son rang. Le prieur lui notifie d’avoir à prendre, tant de la part de Dieu et de sainte Marie, et de tous les saints, que de la part du très révérend père Anselme, l’office d'abbé et la charge de leurs Ames. Guillaume, prosterné à terre, s’écrie : « Seigneurs, ou dispensez-moi du devoir que vous m’imposez, ou apprenez-moi à le remplir. » Le prieur ne lui répond qu’en lui enjoignant d’accepter, et lui promettant la cordiale obéissance de tous.
Guillaume était un moine de noble lignage, en
pliémie, fort honoré des Normands, et qu’Orderic Vital place sur la côte de l’Adriatique, non loin des ruines de l’ancienne ville de Ilrixal (III, t. Il, p. 89} ? Mais aucune biographie ne fait voyager eu Italie le Normand Guillaume qui fut moine au Bec h vingt-cinq ans et qui l’était encore lors de son élection (Cf. Annal . Bened., 1. LX VIII, t. V, p. 327).
1 Ep., III, 9.
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qui Anselme espérait donner un puissant protecteur à son couvent. Aussi le même jour, Roger, Baudric et quelques autres conduisirent l'abbé désigné au duc, qui le reçut avec plaisir, et, suivant la coutume normande, l’investit par le don du bâton pastoral. Robert de Beaumont, comte de Meulan, se trouvait en ce moment à la cour. 11 était cousin-germain du nouvel élu, auquel, avec son parent, Robert, fils d’Ansquetil et premier baron de Harcourt, il s’empressa de faire fête. Il chargea même le seigneur de Harcourt de reconduire au Bec la députation, en mandant, comme châtelain de Brionne, à tous ses officiers de veiller à ce qu’il ne leur arrivât rien, et en leur interdisant de lever à l’avenir, sur les provisions achetées pour la consommation du couvent, les droits ordinaires, perçus jusqu’alors avec une telle rigueur que les officiers du comté venaient taxer les denrées jusque dans la cuisine du monastère 1 .
L’office d’abbé était donné par le seigneur; la
• Expliquons ici les relations de famille. Onfroide Veules, grandpère du comle de Meulan, élait cousin-germain d’Ansquelil, comme lui issu d’une antique souche normande (danoise). Robert de Meulan était donc arrière-cousin de Robert de Harcourt, second Ois d’Ansquclil. Son père, Roger de Beaumont, élait, par sa femme, Adeline de Meulan (ou peut-être par sa sœur), oncle de l’abbé Guillaume, lui-même fils de Toustain, seigneur de Montfort, et nommé pour cela presque indifféremment Guillaume de Montfort ou de Beaumont. C’était donc un cousin-germain du comte de Meulan (le P. Anselme, llisl. généal., t. Il, p. 403. — Baroque, Hist. de Harcourt, t. I, p. 48, 53, 289).
CIUPITRE vin.
charge d’âmes ne pouvait l'être que par le prélat. L’abbé désigné pouvait bien administrer, et il siégea en effet dans le chapitre. Il le présida le 23 octobre, le dimanche avant la fête de la Dédicace de l’Église; mais il ne pouvait remplir toutes les fonctions de son ministère spirituel. Guillaume Bonne-âme, archevêque de Rouen, à qui Anselme avait écrit de son côté, fixa le sacre au mois d’août suivant, jour de Saint-Laurent. Ce jour arrivé, le nouvel élu se rend à Rouen; mais à peine est-il devant l’autel qu’on lui déclare que la bénédiction ne lui sera donnée qu’autant qu’il fera profession, c’est-à-dire qu’il reconnaîtra la juridiction du métropolitain. Il se trouble, mais Baudric le rassure : « Ceci nous regarde, dit-il, attendez-nous, » et il court chez le duc Robert, qui envoie aussitôt son chancelier Ernulfe, le sire de Breteuil et le fils de Richard de Bardouville. Ceux-ci s’arrêtent hors de l’église; ils attendent que l’archevêque soit à l’autel, et que le prieur ait, selon l’usage, fait revêtir à l’abbé des habits de l’église de Rouen. Puis, après l’évangile, au moment où l’on chante la séquence, ils se montrent et notifient les ordres du prince à l’archevêque. Le prélat, surpris d’abord, balance un moment; mais, en homme sage, il obéit et donne la bénédiction sans condition. Le lendemain même, il eut avec le nouvel abbé un entretien très amical, et il chargea Guillaume, abbé de Cormeilles, ancien moine du Bec, de le conduire à son monastère et de procéder
h son installation. Celui-ci s’y rendit nu-pieds et fut reçu avec de grands honneurs. On le mena à l’église ; l’abbé de Corneilles le conduisit à son siège, puis entonna le Te Deum et donna le baiser de paix fraternel à tous les assistants. 11 l’accompagna ensuite dans sa chambre, lui fit laver les pieds par le frère premier cubiculaire, et mangea le jour même au réfectoire avec toute la communauté. C’est ainsi que fut nommé le troisième abbé du Bec, Guillaume de Moutfort, d’une famille alliée à la grande famille de Beaumont, et qui possédait le vieux château de Montfort-sur-Risle ' .
Revenons à l’archevêque de Canterbury, dont le sacre s’était accompli avec une tout autre solennité. 11 l’avait lui-même annoncé à ses ouailles de Normandie pour le premier dimanche après la Saint- André, 1093. Dès le 25 septembre, il avait fait son entrée solennelle dans la ville archiépiscopale, au milieu de l’allégresse populaire. Mais, dès le même jour, un incident vint lui ôter toute sécurité pour l’avenir. Des agents du despotisme royal , le plus actif et le plus odieux était Ranulfe ou Ralph Passaflabère ou Flambard, c’est-à-dire la Torche, prêtre normand d’une origine obscure, homme prêt à tout, servile, audacieux, impudent, qui, partout où il
' WiUelmi tert. abb. vita, a Milone Crispino cant. Bec., Lanf. Op., App. p. 316. — De liberl. Bccc. mon., Ann. Ben., I. V, App., p. 633. — La franchise de l’abbaye du Bec avait été reconnue par l’archevêque Guillaume peu de temps après son avènement. L’acte
passait, laissait les traces funestes des volontés tyranniques auxquelles il servait d’impitoyable exécuteur. 11 était l'instrument de toutes les exactions, de toutes les poursuites iniques, le prince des publicains, dit Anselme. Comme placé à la tête de l’Échiquier, l’administration temporelle des biens du diocèse était dans ses mains depuis la mort de Lanfranc. On conçoit que la prise de possession du prélat 11e pouvait guère s’accomplir sans résistance ou réclamation de la part du fisc, et, le jour même de l’entrée d’Anselme, Ranulfe, en qualité de grand exécuteur des mandats royaux , intenta contre lui une action qui, suivant l’Église, était purement de son ressort, et que la justice séculière 11e pouvait à aucun titre revendiquer. O11 dit même qu'il arrêta l’archevêque en pleine rue pour le citer à comparaître devant le roi , et que par suite les tenanciers du siège primatial auraient encore pendant plusieurs mois payé leurs rentes à l’Échiquier. Il est certain qu’Anselme trouva ses revenus dilapidés lors de sa prise de jtosscssion, et qu’il fut réduit à vivre d'anticipations ou même de secours offerts libéralement par un parent de Lanfranc (quelques-uns disaient son fils), Paul, abbé de Saint-Alban et ancien religieux de Sainte-Marie-du-Bec. Il lui fallut trois ans pour rétablir l’équilibre dans ses affaires. Mais
de privilège qui donne à l’abbé Anselme des droits quasi-archiépiscopaux se lit dans le Gallia christiana, l. XI, App., p. 17. Il
est de la lin de 1079 ou de 1080.
dès le débat, au premier affront que lui fit Flanibard, il comprit bien que tous ses pressentiments étaient justifiés et qu’il commençait une vie d’épreuves et d'angoisses
Cependant le sort en était jeté, lo jour de la consécration approchait. La cathédrale de Canterbury est un des beaux monuments religieux de l’Angleterre. Quoiqu’elle fût loin d’être alors ce qu’elle est aujourd’hui, quelques-uns de ses murs sont encore debout , tels que les yeux d’Anselme les ont vus. La ville de Canterbury, qui datait de l'époque des Romains , avait été la capitale du royaume de Kent, au temps des rois anglosaxons. Lorsqu’on 596 Éthelbert se convertit, il abandonna son palais à l’apôtre Augustin, pour lui servir de résidence, et il se retira à Reculver, où devait s’élever plus tard une importante abbaye. Augustin , le premier prélat de la cité , en établit tout naturellement la primauté et fonda la première église métropolitaine dans l’enceinte fortifiée de l’ancien palais. Il habita, ainsi que ses successeurs, le couvent du prieuré du Christ, dans les dépendances de la cathédrale que les invasions danoises et les incendies alors si communs dévastèrent plusieurs fois. Lorsque Lanfranc occupa le môme
1 Hisl. nov., I. p. 37 el V, p. 83. — Ord. Vit., VIII, t. III, p. 310, 315.— Mail. Paris, Vit. XX/llalbat., p. 49 el 52. — Lingard, Uist. of Emjl., t. |, cl». IX, p. 532-538, éd. de 1849. — C'esl i» l’abbé Paul qu’Anselme écrivit une belle lellre sur sa promotion et les devoirs de sa charge. Ep., I, 71.
CflAPlTRE VIII.
siège, il construisit, selon l’usage de France, un palais épiscopal distinct du monastère, rebâtit les murs de l’enceinte sacrée et de celle de la cité, et surtout, trouvant la cathédrale en ruine, il la releva dans l’emplacement qu’elle occupe aujourd’hui et sur le plan des églises de son pays. Cet édifice, construit en une belle pierre oolithe qu’il fit venir de Caen, fut, dit-on, le modèle du style anglo-normand, imité dans toute l’Angleterre1. C’est dans ce temple que le 4 décembre 1 093 Anselme devait être sacré. Ce jour-là, tous les prélats d’Angleterre, hormis les évéques de Worcester et d’Exeter, retenus par leur santé, se trouvèrent réunis à Canterbury. Lorsque, avant l’ordination, Walehelin, évêque de Winchester, fit, à la demande de Maurice, évêque de Londres, dont c’était l’office, la cérémonie dite de l’examen a, et qu’il donna lecture de l’acte constatant l’élection ; au moment où il prononçait ces mots : « Évêques, mes frères, vous savez depuis combien de temps les événements ont rendu veuve de son pasteur cette église de Canterbury, la métropolitaine de toute la Bretagne...; » Thomas, archevêque d’York , celui qui avait sans succès contesté à Lanfranc son titre de primat , interrompit en disant :
1 Cervas., De Combust. et Rep. Dorob. eccl. , Ang. scr. X, p. 1291. — J. Brillon, The Hist. of the metrop. church of Cant., Lond., 1821. — Aug. Thierry, t. Il, 1. V. — Word' s Canterbury Guide, 1847.
* Examinait o, c’élail une sorlc d’enquête sur la doctrine (Ducange).
« Métropolitaine de toute la Bretagne! Si tel est le titre de cette Église, celle d'York, métropolitaine aussi, n’est donc plus métropolitaine? Nous tenons l’Église de Canterbury pour primatiale, et non pour métropolitaine de toute la Bretagne. » On changea aussitôt le texte dans ce sens, et Anselme fut proclamé primat de toute la Bretagne. A ce moment, suivant le rit de l’Église, on ouvrit l’Évangile; les évéques le tinrent étendu au-dessus de la tête d’Anselme agenouillé ; puis le consacrant regarda à quel passage le livre était ouvert, pour y chercher, selon l’usage, un sens prophétique, et il lut au haut de la page ce verset : « Il invita beaucoup d'hommes, et, « à l’heure du festin, il envoya son serviteur dire « aux conviés de venir, parce que tout était prêt. « Et tous commencèrent à s’excuser » (laïc, XIV). On ne nous dit pas quelle application les assistants firent de cette parabole '.
Après l’octave de son sacre, Anselme se rendit à la cour pour la fête de la Nativité. Le roi et la noblesse lui lirent bon accueil. Tout semblait annoncer un avenir tranquille.
Rien ne paraît plus vrai que la répugnance d’Anselme pour la haute dignité qu’il finit par subir. Les témoignages sont unanimes, et il exprime ses regrets avec une vivacité qui ne laisse point de place au soupçon d’affectation. 11 n’a rien plus à cœur
1 Fil., I. p. 13. — Itisl. «ou., I, p. 36, 37. — Th. Slubbs, Ad. pontif., ebor., Angl. script. X, p. 1707.
que de se laver du reproche d’avoir convoité à uu degré quelconque les dignités sacrées. 11 adresse des explications, des apologies très animées, non-seulement à ses moines, à ses jeunes élèves du couvent, mais à Gislebert, évêque d’Évreux, à Foulque, évêque de Beauvais, qui, apparemment, avaient un peu médit de son désintéressement. « il a tant pleuré, dit-il dans une de ses lettres, qu’il prie Baudric et ses frères de lui écrire en plus gros caractères, quand leur lettre n’est que pour lui seul, parce que ses yeux sont affaiblis ' . » Sa sincérité est pour nous avérée. Son caractère était craintif, et quoiqu'il fût capable d’une résistance consciencieuse , il fuyait la lutte, et ne connaissait ni l’ambition du pouvoir, ni l’amour du bruit. Cependant il ne faut pas croire que cette modestie véritable dût en faire uu prélat complaisant , indifférent à ses droits , prompt à sacrifier les intérêts commis à sa garde. 11 était moine, et, si l’on peut ainsi parler, moine dans l’àme. Sans nulle expérience de la politique, animé d’une foi profonde, jamais il n’avait eu à manœuvrer dans le siècle. Sa douceur venait d’une indulgence naturelle, non de l’incertitude des principes. Sa conscience était inquiète, son esprit un peu timoré; il n’aurait voulu pour aucun prix manquer au devoir de son ministère. Homme d’Église avant tout, et peu fait au spectacle de violence et
1 Ep., 111,15. Cf. Ep , 7, 10, 11, IC cl 17.
de désordre que donnait la vie des princes et des guerrière, attendons-nous à le voir soutenir avec fidélité, même avec obstination, mais sans ambition et sans calcul» la cause de la puissance spirituelle, ne sachant transiger ni sur le péché dont il deviendrait complice en le tolérant, ni sur la foi qu'il croit engagée dans les questions d’intérêt ecclésiastique. Il portera au milieu du siècle quelque chose du savant et du solitaire. Les conséquences d’un parti une fois pris le toucheront peu, et un principe une fois posé, il ne reculera plus, surpris qu’on lui résiste et qu’on le méconnaisse; toujours prêt à se réconcilier et jamais à céder, n’ayant ni colère ni haine, voulant la paix et ne sachant jamais comment la faire. Nous le verrons ainsi entrer en lutte avec la royauté qu’il respecte et qu’il aime, et s’exposer en toute humilité à jouer un rêle historique.
PREMIÈRE RUPTURE ENTRE l’ ARCHEVÊQUE ET LE ROI. —