‹ Saint Anselme de CantorbéryChapitre 35 sur 109 · ÉCRITS · texte numérisé non relu

ÉCRITS

Les circonstances de l’avénement de l’archevêque de Canterbury présageaient une administration orageuse. On devait s’attendre à une rupture presque constante entre les deux hommes, le prêtre et le roi, et même entre les deux puissances. Les premiers signes de désaccord furent provoqués par des questions d’intérêt qui n’avaient rien de général, mais qui renaissaient sans cesse, alors que la royauté, avide ou besoigneuse, comptait, pour remplir son épargne, sur la faiblesse ou la corruption du clergé.

Comme Anselme prévoyait la discorde et ne la cherchait pas, il demanda conseil sur les moyens de se faire bien venir du roi. Le plus sûr était de lui donner de l’argent. L’usage était que les évêques, comme tout feudataire après son investiture, fissent au prince un présent. On conseillait à Anselme de s’y conformer. Il paraît même que le roi avait fait entendre qu’il comptait sur mille livres d’argent*.

1 La livre aoglo-saxoune contenait 48 sols d'argent, et le sol

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