NOUVEAUX ÉCRITS I)’ ANSELME
trouvant engagé dans une querelle dangereuse, abandonné d’une partie du clergé, disgracié par le roi , tenta-t-il d’exploiter contre lui toutes ces circonstances , et d’achever de le perdre en rendant suspecte jusqu’à son orthodoxie ? On l’ignore, et je conjecture que ses luttes obstinées contre l’autorité ont injustement noirci sa mémoire. Il pourrait bien n’avoir dirigé contre Anselme que la polémique d’un dialecticien, et son seul tort aurait été de prendre, étant hors de l’Église, l’offensive contre un des princes de l’Église. Mais il est indubitable que ses attaques ne portèrent de dommage qu’à lui. Il ne fut approuvé de personne, pas même des ennemis d’Anselme. Soit que le roi ne crût pas pas pouvoir tolérer ces excès sans se nuire à lui-même, soit qu’il fût dans un de ces, rares moments où sa politique affectait une réconciliation avec le prélat, il prit fait et cause pour lui, et chassa Roscelin de ses États. Ce fut entre 1094 et 1097, ou du moins des inductions plausibles placent cette expulsion dans cet intervalle. De retour en France, Roscelin se perd dans la nuit. En général, on sait mal les dates de ceux des événements de sa vie qui sont connus; on ignore à quelle époque, à quel âge il cessa d’exister ; et quoique après son retour on croie bien établi que, cédant à son humeur agressive, il dénonça à l’évêque de Paris, comme hérétique au premier chef, un habile maître en dialectique et en théologie, qui paraît être son ancien disciple Abélard, cette anec-