MARIAGE PD ROI
gieux, dans le domaine de Lambeth qui appartenait aux moines de Saint-André de Itoch ester , là où s’élève le palais des archevêques de Canterbury, sur la Tamise, en face de Westminster. La cause fut exposée : des témoins furent produits , qui confirmèrent le dire de la jeune fille. Deux archidiacres, Guillaume de Canterbury et Humbald de Salisbury, envoyés à Wilton et à Romsey, lieux où Edithe avait été élevée dans un monastère fondé par Edward I", rapportèrent qu’ils avaient soigneusement questionné les religieuses, sans avoir rien appris de contraire à son récit. On raconte même que l’abbesse fut mandée et entendue devant le concile, et qu’elle déposa ainsi : « Dans la vérité, le père d’Édithe me la confia , non pour en faire une religieuse, mais pour l’élever dans notre maison avec d’autres jeunes filles étrangères. Elle avait cessé d’être une enfant, lorsqu’un jour on m’annonça que le roi Guillaume, frère du roi, notre seigneur, venait pour la voir. Déjà môme il était descendu de cheval devant la porte de notre église, et il ordonnait qu’on ouvrît, « voulant, disait-il, faire ses prières. » Cette arrivée imprévue m’inquiéta; la beauté de la jeune Édithe
obtinuit. Mais cal Alanus Rufus pourrait difficilement être Alain Fergant qui épousa Constance, fille de Guillaume le Conquérant, en 1086, et devint veuf au bout de quinze ans. M. Leprevost pense qu’il s’agit, non d’un comte régnant, mais d’un fils d’Eudon, comte de Bretagne. 11 est difficile de concilier à cet égard les différents passages d'Orderic Vital (t. II, I. IV, p. 290 ; t. 111, 1. VI, p. 29 cl 1. VIII, p. 400).
pouvait entraîner à quelque violence un prince indompté, qui s’emparait de tout ce qui se trouvait sur son chemin. Je la conduisis dans ma chambre intérieure, je lui confiai mes craintes, et, avec son consentement, je lui jetai un voile sur la tête, pour la préserver de toute coupable tentative. Cependant le roi était entré dans notre cloître , pour y voir des roses et nos autres fleurs. Dès qu’il eut aperçu Ëdithe voilée au milieu de nos jeunes filles, il partit et quitta le couvent. Ce brusque départ était bien l’aveu de ses intentions. Dans la même semaine, le père d’Édithe vint , il vit son voile, se fâcha , le déchira, le mit sous ses pieds, et il emmena sa fille. » L’enquête terminée, Anselme commande aux évêques, sur leur devoir d’obéissance chrétienne, de n’écouter ni crainte ni faveur, et il se retire pour les laisser opiner en liberté. Quand il revient, on lui dit qu’après un mûr examen il a paru que la princesse, ayant agi dans un âge tendre où son père pouvait seul ordonner de son sort, ne saurait être judiciairement violentée dans une cause qui ne regarde plus qu’elle, et que c’est à sa volonté de disposer de sa personne. Ainsi en avait jugé l’archevêque Lanfranc, lorsqu’il avait fait prononcer, en concile, que les jeunes filles qui, au moment de la conquête, s’étaient réfugiées dans les couvents pour échapper au dernier outrage, devaient être considérées comme ayant choisi cet asile pour sauver leur honneur, non pour accomplir un vœu de religion , et celles-là, ce-