DES OUVRAGES PHILOSOPHIQUES D’ANSELME
nisme alexandrin, qui ouvrit la philosophie du moyen âge et ne la doipina pas. D’ailleurs, s’il tient de lui quelques pensées, une certaine tendance idéaliste, il est loin de le suivre en tout. Érigène est, en principe, un rationaliste pur ; il subordonne la foi à la raison, et la contraint à passer sous la loi de la philosophie. Anselme fait le contraire, et s’il faut lui chercher un maître, on ne le trouvera pas dans les deux siècles qui l’ont immédiatement précédé. Son vrai maître, c’est saint Augustin. Il l’a évidemment lu avec fruit; il s’est inspiré de son esprit. Rien n’indique que la totalité des œuvres de ce Père ait passé sous ses yeux ; nous croyons même qu’une partie seulement était à sa disposition, mais il y a certitude, par exemple, qu’il a mis à profit le Traité de la Trinité On veut qu’il ait cité huit autres ouvrages de saint Augustin, et tous, à un seul près, dans une lettre, où il exposerait, d’après les autorités , la vraie doctrine de l’Eucharistie. Cette lettre a inspiré à M. liasse une grande estime pour l’érudition patristique d’Anselme2; mais elle tran-
* Monol., præfat., p. 3. — Ep., I, 68, 74; IV, 103.
* liasse, 1. I, ch. 4, p. 58. Il s’agil d’une lettre (IV, 105) où, pour établir la doctrine orthodoxe sur le sacrement de l’autel, il aurait cité, outre saint Augustin six ou sept fois, saint Cyprien, saint Ambroise, saint Hilaire, saint Jéréme, saint Cyrille, Bède, les papes Léon le Grand et Grégoire, Paschase Rulhbert. Rien ne ressemble moins à Anselme, qui, hors des passages indiqués dans la note précédente, ne elle, je crois, qu’une fois saint Augustin (Ep., IV, 101). D. Gerberon ne dit pas pourquoi il a inséré, dans son édition, celle lettre qui ne figure pas dans les collections manuscrites