De divisione naturœ, 1. I
3. Auctoritas si quidem ex vera ratione processit, ratio autem nequaquam ex auctoritate. (Id,, I, 69.)
rité comme une gêne*. N'attribuait-il donc de valeur à renseignement catholique qu'autant que tous les dogmes en seraient vérifiables par la raison?
Ceci d'ailleurs ne serait chez lui qu'une tendance. Un tort plus positif fut de donner de l'Eucharistie une explication par trop idéale et qui rappelle beaucoup l'interprétation des protestants.
Scot Érigène avait une immense érudition. 11 connaissait toute la littérature de son temps. Il savait le grec, chose extrêmement rare à cette époque. Il lisait les Pères de l'Église grecque, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, etc. Il traduisit du grec pour Charles le Chauve les ouvrages de saint Denys l'Aréopagite qui venaient d'être apportés en Occident, où ils exercèrent par la suite une si grande influence.
C'est ici le lieu de donner quelques indications sur ce philosophe éminent, encore plus mystérieux que son traducteur Érigène. Les ouvrages attribués à saint Denys l'Aréopagite étaient inconnus de la première antiquité chrétienne. Au vi* siècle, pour, la première fois, les hérétiques sévériens en alléguèrent quelques passages aux évêques chargés de juger leur doctrine. Lesévêques répondirent que ces ouvrages n'avaient aucune autorité et que ni saint Athanase, ni saint Cyrille de Jérusalem n'en avaient eu connaissance 2.
Il est certain qu'aucun des Pères apostoliques qui
1. Nobis autem ralio sequenda est quœ rerum veritatem inTestigat nullaque auctoritate opprimitur. (/c/., I. 63.)