‹ Saint AnselmeChapitre 42 sur 96 · Id · texte numérisé non relu

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est le souverain bien, qui dépasse tous les genres de bien S <pi'il ^st la délectation suprême, source de toutes les autres délectations -. Se perdre dans cet océan de bonheur est la béatitude des intelligences. Béatitude facile à obtenir; il ne s'agit que d'aimer. Les élus aimeront Dieu autant qu'ils le connaîtront ; ils seront heureux en lui en proportion de ce qu'ils l'aimeront 3.

De cette magnifique destinée saint Anselme concluait immédiatement l'immortalité de l'âme. Puisque l'objet propre et dernier de nos facultés est la vérité et le bien, puisque la vérité et le bien sont, comme nous l'avons vu ailleurs, éternels et indéfectibles, pourquoi l'être qui les atteint ne serait-il admis à les contempler qu'en passant? Sa fin existant toujours, il est inadmissible qu'il cesse un jour d'exister. Serait-il concevable que Dieu créât un être pour une fin, qu'il lui donnât la soif de cette fin, et le supprimât juste au moment où il s'en approche davantage? Puisque l'âme est faite pour aimer Dieu et que Dieu existe toujours, est-il croyable que Dieu anéantisse celui qui l'aime et veut l'aimer à tout jamais^?

Voilà assurément de très belles pensées; elles sont très efficaces pour toucher l'âme pieuse et lui donner confiance. Il faut un ordre de Dieu pour arrêter Tefifet

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