De concord. prxsc
2. Libertatera arbitrii esse potentiarn peccandi et non peccandi. {De lib. arb., 1.)
Saint Anselme blâme avec raison cette définition. Elle aurait pour conséquence, fait-il remarquer, de dénier la liberté à Dieu et aux anges, puisque ni Dieu, ni les anges ne peuvent pécher ^. Au contraire on doit regarder comme bien plus libre, celui qui a tout ce qui lui convient sans pouvoir jamais le perdre -. Le pouvoir de pécher n'est pas une condition de la liberté, c'est plutôt la possibilité de devenir esclave. L'homme, il est vrai, use de son libre arbitre pour pécher; mais ce n'est pas la nature du libre arbitre qui l'induit au péché ; il pèche par l'abus et non par l'tisage normal de la liberté^.
Il faut donc chercher une autre définition.
Pourquoi nous est donné le libre arbitre? se demande saint Anselme. Est-ce pour faire ce qu'on veut où pour vouloir ce qu'on doit*? A la question ainsi posée, la réponse n'est pas douteuse : on a le libre arbitre pour vouloir ce qu'on doit. Nous avons vu dans un autre chapitre que vouloir ce qu'on doit, c'est avoir la rectitude de la volonté, autrement la justice. C'est donc pour assurer la rectitude de la volonté que nous avons reçu le libre arbitre ^. Nous définirons par conséquent le libre
1. Nec Deas, nec angeli, qui peccare nequeunt, liberum haberent arbitrium. {Id.)
2. nie qui sic habet quod decet et expedit ut hoc amittere non queat liberlor est quam ille qui sic habet hoc ipsum ut perdere possit. {Id,)
3. Peccavit per arbitrium suum quod erat liberum, sed non per hoc unde erat liberum. {Id., 2.)
4. Ad quid Tidentur illam habuisse libertatem arbitrii? an ad assequendum quod yellent, an ad volendum quod debent? {Id., 3.)
5. Ad reclitudinem Toluntatis habuerunt libertatem arbitrii. {Id,)
arbitre le pouvoir de conserver la rectitude de la volonté *.
La volonté se trouve placée entre Futilité et la justice 2, entre sa commodité et le bien 3. Rien ne peut la forcer à s'éloigner du bien et à pécher. On peut attaquer la volonté malgré elle ; on ne peut la détourner de son but malgré elle ^. Qui pourrait vouloir malgré soi? ce serait à la. fois vouloir et ne pas vouloir 5. Ce serait une contradiction.
Sans doute, le bien est quelquefois difficile 6, mais il n'est jamais impossible. On dit qu'on ne peut pas; en réalité on peut, si on y apporte de l'énergie : on éprouve seulement une difficulté '^. Triompher de cette difficulté est toujours au pouvoir de l'homme, à moins que, perdant l'usage de sa raison, il cesse d'agir en homme.
Telle est la force de la volonté droite. Rien n'est libre comme elle. Aucune puissance ne peut prévaloir contre elle ; aucune influence étrangère ne peut lui enlever sa rectitude^. Saint Anselme ne reproduit-il pas ici, au
1. Libertas arbitriî est potestas servandi recUtudinem voluntatis propter ipsam recUtudinem. {Id,)