‹ Saint AnselmeChapitre 66 sur 96 · Tu es qui proprie et simpliciter es. (Prosl · texte numérisé non relu

Tu es qui proprie et simpliciter es. (Prosl

serait composé; il ne serait plus Tètre premier ^ et ^ar soi que nous avons reconnu indispensable.

Son essence n'est pas sans doute identique à cette existence froide et glacée qui est, suivant le langage scolastique, l'acte de la substance et la base de nos facultés. Ace point de vue on peut dire avec saint Denys TAréopagite que Dieu est plus que l'être, et avec saint Anselme qu'il est plus que la substance 2. Toute substance est, en effet, susceptible de différences et de changements. L'essence divine est plutôt une perfection suprême équivalant à l'existence et à toutes les perfec- * tions. Elle est l'être absolu qui n'est limité par rien et qui comprend dans son excellence tous les degrés et tous les modes d'être concevables et possibles.

De là une conséquence bien remarquable. Quiconque connaîtrait parfaitement la nature d'un tel être ne pourrait concevoir qu'il n'existât pas. On peut supposer toutes les créatures anéanties, on ne peut supposer Dieu anéanti ^. Ce serait supposer que l'existence ne lui est pas essentielle. Cette perfection est propre à Dieu seul : « A Dieu seul, disait Albert le Grand, il appartient d'être, de ne pouvoir ne pas être et de ne pouvoir être pensé ne pas être *. » C'est ce principe, admis par tous les Pères et tous -les Docteurs, qui a inspiré à saint Anselme son

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