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Bollandistes, mois de mars, t. II, p

Nous les verrons bientôt fournir un maître illustre à la France carolingienne.

L'Angleterre fut d'abordjmoins heureuse que l'Irlande. Elle eut sans doute des chrétiens et des martyrs dès le lu® siècle. Mais loin du centre de l'unité, le clergé breton ne tarda pas à déchoir de sa ferveur primitive. Bientôt survint l'invasion des Anglo-Saxons. Ces barbares païens détruisirent presque complètement la population chrétienne. La religion catholique ne put se maintenir que dans la principauté de Galles restée indépendante à l'abri de ses montagnes inaccessibles.

Ce ne fut qu'un siècle et demi plus tard que le christianisme put se relever dans la Grande-Bretagne. Le moine Augustin, envoyé avec quarante bénédictins par le pape Grégoire le Grand, réussit à baptiser Ethelbert, roi de Kent, dont la femme, princesse de race franque, était déjà catholique (597)^. 11 fonda l'évéché de Cantorbéry. Peu après, Mellitus fonda l'évéché de Londres. Bientôt toute la population de l'heptarchie anglosaxonne devint chrétienne.

En 669, le pape Vitalien envoya l'abbé Adrien et un moine grec nommé Théodore. Celui-ci occupa le siège archiépiscopal de Cantorbéry. Il créa des écoles de

1. Bède le Vénérable, ffist. ecclés,, 1. 11, ch. i, éd. de Smith et Giles, Patr. de Migne, t. XC-XCV.

théologie et de mathématiques. Il répandit Tétude des langues anciennes.

En peu de temps, le zèle religieux et scientifique des Anglais égala celui des irlandais* On voyait partout leurs missionnaires. Wilfrid, évêque d'York, allait évangéliser les Frisons. Willibrod fondait le siège métropolitain d'Utrecht. Malheureusement, surla fin de sa vie, il se laissait entraîner à l'hérésie. Les frères Ewald cueillaient chez les Saxons les palmes du martyre. Mais le plus célèbre de tous fut le prêtre Winfried, plus connu sous le nom de saint Boniface. Ce grand apôtre, né à Kirton (680), avait été instruit successivement dans deux monastères très renommés à cette époque, celui d'Excester et celui de Nutesoelle. Il évangélisa la Thuringe, la Hesse, la Bavière. Il fonda dans ces contrées divers couvents qu'il remplit de moines et de religieuses de sa nation. Il devint archevêque de Mayence et primat de toute l'Allemagne (732). Aussi habile politique que prêtre zélé et instruit, il fit reconnaître les immunités ecclésiastiques par le pouvoir civil. 11 institua des synodes où les évêques se réunissaient pour édicter les lois et règlements nécessaires à la réforme religieuse et morale du peuple. 11 couronna cette glorieuse carrière par le martyre, en allant à son tour évangéliser les Frisons, toujours rebelles à l'évangile. Son corps fut déposé dans le monastère de Fulda qu'il avait fondé et qui devint un des principaux centres scientifiques de l'Allemagne *.

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