‹ Saint AnselmeChapitre 81 sur 96 · Summa Fideif i. I, a. 3, S · texte numérisé non relu

Summa Fideif i. I, a. 3, S

3. Nescio quis insipientior sit an qui putat hoc sequi, an insipiens qui dicit in corde suo : non est Deus (Sent., 1, 3, 2). Nous devons dire que cette dure parole, citée par Vasquez et reproduite par Van Weddingen (p. 299), ne se trouve point dans les ouvrages imprimés du chancelier. Bien plus, l'édition d'Anvers nie que Gerson ait fait quelque ouvrage suivi sur la théologie spéculative.

^4) Sent, 1, q. 3, litt. 1, z. 80.

à Targument de saint Anselme est devenue générale.

Nous ne lui connaissons de défenseur à cette époque que le cardinal Aguirre. L'éminentissime commentateur accuse la lenteur d'esprit de ceux qui n'ont pas saisi la portée de Targimient^. Compliment qui nous touche peu, étant donné que nous le recevons en compagnie de saint Thomas. Aguirre prétend au reste, comme Ta fait depuis le R. P. Ragey, que le Proslogium n'est qu'un résumé du Monologium et le suppose. Il n'y aurait de démonstration a priori que des perfections divines 2, et l'argument n'impliquerait pas que l'existence de Dieu fût connue immédiatement de tous, mais seulement des sages ^.

Nous ne croyons pas que saint Thomas eût admis la connaissance immédiate de l'existence de Dieu, même avec cette réserve. A ses yeux l'impossibilité de la connaissance immédiate de l'existence de Dieu tenait à une cause générale, l'impossibilité pour tout esprit créé de connaître Dieu dans sa nature propre et essentielle.

On remarquera que le cardinal Aguirre défend l'argument de saint Anselme en le modifiant, c'est-à-dire

1. Quibus ob îngenii tarditatem ratio etdoctrioa Anselmi visa est minoris ponderis. (Comment sur la tbéol. de saint Anselme, vol . I, p. 148. Salamanque, Ferez, 1685.)

2. Ex eo quod Deus sit ens per se sive per essentiam quod initio demonstrat à posteriori, colligit a priori reliquas Dei perfectiones.

Quod autem iilud non fuerit aliud a monologio patet. (Id.^ prolég.)

3. Argumento ex verbis illis Anselmi in Proslogio et adversus insipientem petito respondemus inde non colligi existentiam Dei esse omnibus per senotam, sed sapientibus duntaxat. (Id,, p. 149.)

l'aRGUM£NT DE SAINT AN'SELME. 291

en lui adjoignant beaucoup d'autres considérations. Que les assertions émises par saint Anselme puissent avoir une certaine valeur appuyées ou précédées de beaucoup d'autres, personne ne l'a jamais contesté. Mais alors ce n'est plus l'argument simple et suffisant par lui-même que le saint docteur croyait avoir découverte

Ce procédé de défense a été fort employé depuis par les partisans de saint Anselme.

Quels furent donc, à l'époque de la grande scolastique, les partisans de l'argument de saint Anselme?

On a trouvé un moyen très ingénieux de les multiplier ; c'est de mettre à ses côtés tous les docteurs qui enseignent que Dieu ne peut ne pas exister.

Ainsi, nous avons entendu Albert le Grand dire que c'est le propre de Dieu seul de ne pouvoir ne pas être et de ne pouvoir être conçu ne pas être 2. Que cette formule lui ait été inspirée par le Proslogium, c'est bieii possible. Mais en faut-il conclure avec le cardinal Gonzalez 3 qu'il inclinait en faveur de la preuve de saint Anselme ? Ceci nous parait exagéré. L'affirmation que nous venons de rappeler lui est commune avec tous les docteurs et saint Thomas lui-même. Rienn'in-

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