Premières objections^ n
Ce qui cachait probablement à Descartes et à Fénelon cette erreur de méthode, c'est la tendance commune à leur époque à considérer Tidée de Tinfini comme une idée positive, comme une sorte d'intuition spéciale. Fénelon l'avouait ingénument ^ Leibniz partageait cette tendance -. Aussi n'est-ce pas sur l'objection indiquée par nous qu'il appuie.
Homme d'une immense lecture, Leibniz avait bien reconnu la source où Descartes avait puisé ^. Il avait admis tout d'abord son argument. Puis il eut des scrupules. Il proposa une correction moyennant laquelle il le jugeait d'une rigueur géométrique.
Cette correction consisterait à montrer d'abord que Dieu est possible : « Supposé, dit-il, que Dieu soit possible, il existe, ce qui est le privilège de la seule divinité. On a droit de présumer la possibilité de tout être et surtout celle de Dieu jusqu'à ce qu'on prouve le contraire*. »
Est-ce une preuve suffisante pour une vérité de cet ordre que celle qui n'a de valeur qu'autant que l'on n'aura pas démontré le contraire?
Leibniz sentit sans doute l'objection; car, dans sa lettre sur l'ouvrage du P. Lamy, il perfectionne sa démonstration : « L'on pourrait, dit-il, former une démonstration plus simple en ne parlant point des perfec-