‹ Saint AnselmeChapitre 94 sur 96 · Mayence, Kirchlieim. 1864, t. I, p · texte numérisé non relu

Mayence, Kirchlieim. 1864, t. I, p

5. Aliud est omnino existentiam nomine aliquo significari, aiiud vero reipsa dariin natura rerum. {Theol. nat., p. 15. Turin, Speirani, 1888.)

l'argument de saint ANSELME. 313

nom quelconque, ou de la poser réellement dans la nature des choses. » Cependant il admet que l'argument aurait une valeur pour ceux qui ne verraient aucune contradiction dans la notion qu'exprime le nom de Dieu.

Par contre, l'opposition du R. P. Hontheim est absolue. L'argument, à son avis, ne prouve qu'une chose, « c'est que nous ne pouvons concevoir l'être suprême, sans concevoir l'existence comme une condition constitutive de son essence ; il n'en résulte pas nécessairement que cet être existe en fait^ ». Le savant jésuite repousse d'ailleurs d'une manière formelle tout argument a priori ou ontologique, quel qu'il soit. Nous ne concevons Dieu, remarque-t-il, qu'en vertu de certaines analogies avec les choses créées et contingentes ; notre concept n'atteint pas suffisamment la nature de l'être divin, pour que nous puissions en conclure régulièrement son existence-.

Le docteur Gutberlet reproche à l'argument un passage illégitime de l'existence pensée à l'existence réelle. Dans l'ordre de l'existence réelle, ajoute-t-il, la moindre chose qui existe est certainement supérieure à la plus grande qui n'existe pas. Mais dans l'ordre de la pensée, il est faux que l'être qui existe en réalité ait une perfection plus achevée que le même être qui est simplement conçu ^.

1. Non necessario judieamus illud ens existere, sed judicamus illud ens non posse concipi, quin existentia concipiatur ut constitutivum ejus idéale. {In$i, theod,nat, p. 59. Herder, Fribourg en Brisgau, 1893.)

2,Id.

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