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Le lendemain du concert, toutes les gazettes furent unanimes dans leurs éloges. Jamais peutêtre les journaux anglais ne firent pour les Canadiens pareils frais d’études, d'analyses et d’admiration. L'un d'eux, le Times, profita de l'occasion pour faire une innovation, qui prouve son esprit d'initiative et est tout à son honneur. Se souvenant que cette fête musicale était surtout française, il publia une partie de son compte-rendu et tout le sermon du P. Lalande dans les deux langues.
s'* Quelques jours plus tard, M. Deslauriers, voulant profiter une fois de plus de l'église,
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comme salle de concert, avant qu'elle ne fut dédiée au culte, donna une répétition partielle de la soirée du 10 septembre. De nouveaux artistes se joignirent à ceux de la paroisse: et ce fut un nouveau succès complet.
Aux recettes de ses concerts, le Curé voulut en ajouter d'autres. Et il se mit à l'organisation d'un bazar. Ce fut un long travail, et pénible. Plus d’un s'est demandé comment il pouvait, malgré l'aide de ses vicaires, y résister. Courses, sollicitations de toutes sortes, sacrifices d'argent, de temps et de peine, quêtes, encouragements, reproches et félicitations, tout fut mis en œuvre Pour réussir. Le bazar apporta $7,000 dans la caisse, et de la joie plein le cœur de tout le monde.
Le bazar achevé, on posa, dans l'église où il avait eu lieu ainsi que les deux concerts, les bancs, les tapis, les garnitures d’autel, les derniers décors, —et tout fut près pour la grande fête de la dédicace.
La Dédicace
Avec l'esprit d'organisation qui le caractérise, son expérience, son habileté à tout prévoir et à embrasser du même coup d’œil l’ensemble et les détails; avec la confiance surtout que donnent de nombreux succès et la sûreté joyeuse de l'homme qui touche enfin au but longtemps désiré, M. Deslauriers fit sans rien oublier tous les préparatifs pour la bénédiction de son église. Il comprit, comme tous ses amis, que cette fête sortait du cadre ordinaire, et qu'elle intéressait tous ceux qui travaillent à la gloire de l’Église et à la cause très chère des Franco-américains de l'Est. Il fallait donner de leur vitalité et de leur esprit chrétien une preuve éclatante et qui resterait. Les témoins devaient en venir de partout. Leur témoignage devait être unanime, sans restriction.
Maintenant que la démonstration appartient à l’histoire, tous ceux qui ont eu le bonheur d'y assister peuvent assurer le curé de Saint-Antoine
qu'il a réussi en tous points. La fierté bien légitime des paroissiens est un peu celle de tous les assistants, des étrangers eux-mêmes, —si toute. fois, dans une pareille fête, on peut dire qu'il y avait des étrangers.
M. Deslauriers envoya plus de cinq cents lettres d'invitation: aux archevêques d'abord et aux évêques du Canada et des États de l'Est, aux représentants de l'autorité religieuse et civile du diocèse de Fall River et‘de la ville de New Bedford, à tous les prêtres canadiens de la Nouvelle-Angleterre. Évêques, prélats et prêtres vinrent de Québec, d'Ontario, de l’Acadie, de l'Ouest américain, de tous les diocèses de l'Est. Ceux qui ne purent se rendre en exprimèrent au Curé, avec leurs souhaits et leurs félicitations, tous leurs regrets.
La fête eut lieu le 28 novembre 1912,—jour de fête civique, aux États-Unis.
Au programme étaient inscrits trois messes, un banquet, un concert d'orgue, les vêpres solennelles et le salut du saint Sacrement.
Et pour que tous les paroissiens prissent part à la fête, il devait y avoir, le lendemain matin,
une messe pour les enfants, avec allocution par Mgr Paul Roy.
Ce programme avait été distribué longtemps à l'avance, avec les lettres d'invitation.
Nous ne saurions mieux faire, pour garder le souvenir de cette célébration, que de recueillir dans les quatre journaux principaux de New Bedford: L'Écho, le Journal, le Times, le Standard, les notes et comptes-rendus qu'ils en ont publiés. Ils se complètent mutuellement. Nous ne ferons guère que les citer, avec les trois allocutions des évêques et le texte complet du sermon du P. Louis Lalande, reproduit par l'Écho.
La dédicace de l'église Saint-Antoine, dit le Journal, a donné lieu, hier, à une fête inoubliable. Un archevêque, Mgr Bruchési, six évêques : Nos Seigneurs Feehan, de Fall River, Larocque, de Sherbrooke, Éimard, de Valleyfield, Brunault de Nicolet, Roy, de Québec et Da Sylva, de Lisbonne en Portugal, —plusieurs protonotaires apostoliques, prélats romains et grands-vicaires, près de deux cents prêtres des États-Unis et du Canada, rehaussaient de leur présence l'éclat
des cérémonies. De l'avis de tous, cette démons. tration religieuse est la plus belle et la plus im- Posante qu'on ait vue à New Bedford.
La journée a été bien remplie. Dès 7 heures du matin, plus de deux mille personnes se pressaient dans la vaste nef illuminée à giorno. Aux trois messes, il n'y avait pas un siège de vide La tribune elle-même était comble. 11 faut en dire autant de l'exercice religieux de la soirée.
Tous les paroissiens de St-Antoine avaient tenu à démontrer à M. le curé Deslaurier“ qu'ils appréciaient le dévouement sans bornes et le ta-
lent dont il a fait preuve.
On peut dire que la Thanksgiving a été une journée triomphale pour la paroisse. Pasteur et fidèles ne pouvaient faire plus grand ni plus beau. Le souvenir de cette fête incomparable restera vivant dans toutes les mémoires.
Plusieurs évêques ont adressé la parole durant la journée. Quant au Rév. Père Louis Lalande, Jésuite de Montréal, il a fait un sermon magistral. Durant plus d’une demi-heure, l'éloquent orateur sacré a tenu son auditoire suspendu à ses lèvres.
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Évéque de Sherbroo
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La Première Messe
La messe de 7 heures a été célébrée par Mgr J--A. Prévost, curé de Notre-Dame de Fall River. Le programme musical comprenait les morceaux suivants rendus avec beaucoup d'art:
Tota Pulchra Es .… Mlle Antoinette Robert
Ave Maria
Mlle Yvonne Phaneuf
Le chœur était habilement dirigé par M. Oscar Fontaine. Le distingué musicien est trop avantageusement connu pour qu'il soit nécessaire d’en faire ici l'éloge.
Après l'évangile, Mgr J.-M. Emard, évêque de Valleyfield, Canada, a prononcé la magnifique allocution suivante, dont il à bien voulu nous remettre le texte,