‹ Saint-Antoine de New Bedford, Mass. [microforme]Chapitre 12 sur 25 · MES BIEN CHERS FRÈRES · texte numérisé non relu

MES BIEN CHERS FRÈRES

Voici que se lève pour vous un jour mémorable et dont l'impression profonde restera longtemps gravée dans vos âmes. Tout à l'heure vous assisterez à la bénédiction solennelle de votre église. Les prières liturgiques auront par là donné à cet édifice superbe toute la signification qu’il doit avoir au regard de Dieu et des hommes, et désormais, cessant d’être une construction profane, il commencera, pour ne jamais la suspendre, sa mission toute surnaturelle.

En effet, il n’est rien sur la terre qui résume mieux, pour les exprimer plus parfaitement, les aspirations les plus nobles de l’Âme et les sentiments les plus religieux de l'humanité, qe le sanctuaire catholique; comme rien non plus ne saurait faire davantage connaître les opérations merveilleuses de la miséricorde divine, dont il devient par le fait le foyer et la source.

Mes frères, je contemple en l’admirant votre église. Et alors je me représente le zèle infati-

gable du pasteur, le concours intelligent, dévoué, constant de ses aviseurs, la piété généreuse, iné-

puisable de ses ouailles. Je vois ensuite le talent, le génie et le savoir unis dans la recherche du plan qu'il faudra réaliser pour obtenir, dans d'harmonieuses combinaisons des détails, cet ensemble où l'œil n’aperçoit .ue les lignes les plus pures et les plus belles proportions. Puis, maçons, charpentiers, couvreurs, peintres, tous les métiers et tous les arts, répondent tour à tour à l’appel, et cette armée d'ouvriers semble comprendre par son travail consciencieux et digne que l’œuvre qu’elle fait n’en est pas une banale, mais qu’elle s'élève notablement par son caractère au-dessus de celle qu’elle accomplit ailleurs chaque jour.

Aussi voyez, sur de puissantes assises s’élèvent de fortes murailles qui semblent bâties pour des siècles, de nombreuses colonnes supportent avec grâce des voûtes faites de majesté et de grandeur. Tout autour, des verrières à travers

lesquelles passe une lumière tamisée par le symbole, adoucie par le mystère. Du portail à l’aoside, du seuil à l’autel, et dans tous les sens, on respire une atmosphère qui n’est plus celle du dehors, ni des maisons ordinaires; on la sent

toute spirituelle, religieuse, surnaturelle. Les tours elles-mêmes, le campanile, la croix qui termine une flèche audacieuse, tout sert à bien définir le cachet très spécial du monument qui vient de s'élever parmi vous, à votre honneur et à la gloire de Dieu.

Puisqu'il s'agit d’une église paroissiale, c’est dans son enceinte que viendront s’accomplir les actes les plus solennels de la vie des âmes et que viendra s’écrire en une série de dates qui la partagent l’histoire de chaque famille.

Ici, à sa naissance, chaque enfant viendra renaître à la vie surnaturelle, ici à l’'épanouisement de sa raison, il viendra faire acte personnel de foi, d'amour: ici au pied des autels viendront se contracter ces engagements sacrés qui fondent le foyer catholique; ici encore aux heures des grandes joies ou des profondes tristesses le chrétien viendra, attiré par l'amour ou poussé par la piété, exhaler son âme en des chants de louanges ou en des supplications ardentes. Et jusqu’àprès son dernier soupir, sa dépouille mortelle y sera portée pour y être l'objet des rites suprêmes de la religion qui fermera comme elle

l'avait ouvert le cours de son existence ici-bas.

Il y a plus, ce qui est vrai de chaque fidèle, de chaque famille, s’applique à toute la paroisse. L'église existe surtout pour la réunion des fidèles groupés autour du pasteur. C’est le culte public. Le p-nle est convoqué, les nefs se remplissent, c'est le jour du Seigneur. Dès l'entrée dans le temple tout disparaît de ce qui pouvait jusque-là diviser, séparer; la divergence des opinions est d'ordre précaire, ici c’est l'unité et par conséquent l'union dans la foi. Il n'y a qu’une seule et même vérité, elle est la même pour tous. Les oppositions, les discordes, les luttes, les rivalités, tout ceci appartient aux choses profanes. Dans l'église plus rien que la charité, que l'amour; c’est le même Dieu, c’est le même prêtre, tous ayant les mêmes droits au même amour et aux mêmes bienfaits. La diversité des classes sociales, résultant de la richesse ou de la pauvreté, de l'instruction ou de l’ignorance, ou de l’une quelconque de ces multiples causes de tant d'’inégalités parmi les hommes dans le monde, disparaît ici comme par enchantement, Petits ou grands, mendiants ou million-

naires, magistrats ou plébéiens, tous tant que vous êtes, avec tout ce que vous possédez, ou malgré tout ce qui vous manque, vous êtes tous ici sur le même plan, assis au pied d’une même chaire, agenouillés côte à côte devant un seul autel, entendant une parole qui porte à tous les mêmes accents, et vous viendrez au jour marqué prendre part indistinctement au banquet sacré, là où se manifeste et s'affirme la parfaite égalité des âmes, toutes créées par Dieu, rachetées par son sang et appelées par lui à la même gloire.

Mais avec tout cela, mes chers frères, l'église serait incomplète si rien de plus ne venait, d’une part atteindre en elle l'entière réalisation des figures et des symboles qui faisaient toute la gloire passagère du temple de l’ancienne ioi, de l’autre l’élever elle-même par un privilège exclusif au-dessus de toute autre maison, même ayant un caractère religieux, mais qui cependant ne saurait jamais prétendre à la possession du même trésor.

Et c’est en cela, plus encore que dans tout le reste, que consiste véritablement et en définitive le caractère propre de l’église catholique.

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Dieu y descend, il s’y enferme, il l’habite, il y demeure, il y agit. Le Verbe incarné, le Dieu- Homme, Jésus-Christ y réside aussi véritablement qu'à Bethléem, à Nazareth ou à Jérusalem. Il y est en accomplissement de sa promesse, pour la satisfaction de son cœur, par la vertu de son sacrifice, dans la réalité eucharistique. Il y vit dans le renouvellement perpétuel de ses mystères. Le tabernacle, c'est la crèche, c'est l'humble demeure familiale, c’est le Thabor, c'est le cénac'e, c’est le Golgotha. Sur i’autel, Jésus, notre Dieu, notre Père, notre Sauveur, devient notre intercesseur en permanence. C'est

de là qu'il prie et qu'il prêche, qu’il accueille, qu’il guérit et qu'il pardonne. C'est 1à qu'il invite les âmes qui souffrent et qui peinent, il y promet ses consolations et sa grâce.

Votre église est donc dans toute la force du terme un sanctuaire. Celui que l'immensité des cieux ne saurait contenir daigne s’y enfermer par le triple miracle de sa puissance, de sa sagesse et de son amour.

Comme il avait accepté l'hospitalité de Zachée, Jésus accepte celle de la maison qui est la

vôtre, dans laquelle il veut vivre avec vous et dès lors, le temple catholique l'emporte et infi. niment.sur tous les autres, quelque puissent être d’ailleurs leur beauté et leur richesse,

Le tabernacle de nos églises, voilà donc Je véritable buisson ardent d’où s'échappe et rayonne la flamme de l'amour divin pour nos âmes. C'est ici l'arche d'allince définitive dont l’autre n'était qu'une faible image et qui marque bien l'union désormais conclue entre le cœur du Christ et l'humanité rachetée. C’est ici le Saint des saints, c'est-à-dire le Dieu de toute sainteté

qui ne saurait se contenter de quelques anges d'or aux ailes étendues, mais veut avec lui toute

sa cour céleste pour lui prodiguer des louanges et des adorations dans un même cantique de triomphe et d'amour.

Mais ce qu'il veut aussi, ce qu'il veut surtout peut-être, c’est l'hommage dé notre Piété affectueuse et confiante: tout le respect, toute la déférence dont nous entourons d'ordinaire les personnes qui ont pu acquérir les meilleurs titres aux sentiments les plus élevés de notre cœur ne sont rien en comparaison des droits que possède

MGR MÉDARD ÉMARD Évêque de Valleyfield

Jésus, notre Dieu, devenu notre hôte et se faisant notre bienfaiteur de chaque jour. A Lui donc la pleine possession de notre cœur. dans la profession constante de la foi'la plus vive, de l'amour le plus ardent, sachant d'ailleurs qu'en vivant aussi étroitement avec nous, il fait de son tabernacle sur la terre le portique du ciel où il veut nous introduire pour y demeurer éternellement avec lui dans la gloire, ce que je vous souhaite à tous d'obtenir par l'intercession de la Très Sainte Vierge, sa Mère. Ainsi soit.il.

Messe de neuf heures

Celle-ci fut chantée par Mgr J.-E. Meunier, de Windsor, Ontario. En voici le programme

Mlle Yvonne Phaneuf Panis Angelicus Chœur des Demoiselles

Mgr Roy, évêque auxiliaire de Québec et représentant de Sa Grandeur Mgr Bégin, prononça l'allocution de circonstance.

Il prit pour texte ces paroles du Psaume 101, verset ler:-Lætatus sum in his que dicta sunt mihi, in domun Domini ibimus. «Les paroles qui m'ont été dites m'ont comblé d’une grande joie, car je vais pouvoir enfin aller dans la maison du Seigneur. »

Il sut développer ce texte avec éloquence,

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MGR PAUL-ÉMILE ROY Évêque auxiliaire de Québec

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justesse et pureté d'expression, profonde » Ge pensée.

Il établit un magnifique parallèle entre le temple de Salomon et celui de St-Antoine de New Bedford. I1 compara avec autant de justesse que de raison M. l'abbé H. Deslauriers, l'habile et dévoué curé de St-Antoine, au roi magnifique, à Salomon le Grand, ce prince à qui Dieu avait donné en partage la sagesse et la fortune, et qui, sur l’ordre même de Jéhovah, édifia des plus précieux matériaux, le temple glorieux qui fut le symbole de l'alliance nouvelle que Dieu contracta avec son peuple choisi.

Le peuple juif, peuple chéri de Dieu, erra pendant longtemps. C’est à peine s’il pouvait planter quelque part sa tente et, sur un autel improvisé, rendre à son Créateur le culte qui Lui était dû.

C'est alors que l'Être suprême dit au roi de son | peuple privilégié: « Je veux que mon peuple

plañte i ici sa tente, qu'il y dresse un temple à la gloire de mon nom. »

Et Dieu fit connaître lui-même à Salomon quels se: sient les plans du nouvel édifice sacré.

Il lui apprit quels matériaux, or, marbre, porphyre, pierres précieuses, entreraient dans sa construction, et tous les détails de celle-ci.

Salomon se mit à l'œuvre, guidé par l'inspiration divine, le temple magnifique fut élevé et il fut le grand symbole du pacte, de l'alliance intime que Dieu contracta avec le peuple qu'il s'était particulièrement choisi.

De nos jours, le Maître du ciel et de la terre a choisi de nouveaux Salomon et il a dit: «Le

peuple canadien-français est mon peuple à moi. Il a erré pendant assez longtemps dans ce pays

où il est venu chercher une subsistance plus facile. Pendant ces nombreuses années, il a pu à peine planter sa tente pour un jour. Je veux maintenant qu'il y fixe sa demeure, qu’il y élève des temples sur les collines, dans les vallées et sur les rives de ces beaux fleuves.

«Votre vénéré curé, qu'on peut justement comparer à Salomon, a suivi les plans que Dieu lui avait tracés et aujourd’hui, un pontife fera la dédicace de ce moment qui vient d’être parachevé.

«Il a fait appel à votre foi, à vos cœurs, chré-

tiens comme le sien, et vous avez répondu noblement à cet appel.

«Aussi, ce temple merveilleux, dont chacune des richesses nous éblouit, est-il le résultat de votre charité, de votre espérance, de votre foi.

«C’est la bonne charité que la vôtre, celle-là qui consiste à se donner soi-même.

«Ce sol de la Nouvelle-Angleterre est recouvert d'usines et de fabriques qui proclament la prospérité de l'or, mais qui aussi, hélas! ne nous parlent que peu de Dieu.

«II fait donc bon de pouvoir parfois jeter les yeux sur un édifice qui nous parle de notre Dieu, de notre sainte religion, de nos fins dernières, qui nous dit qu'ici-bas, nous n'avons point de demeure permanente.

«Quand vous serez courbés vers la terre, quand vous vous sentirez trop épris des intérêts matériels, quand vos âmes fatiguées ploieront sous le fardeau de la vie, je vous en supplie alors regardez la croix de votre clocher. On l’a placée bien haut afin que vos yeux n'aient pas de peine à l’apercevoir.

«Offrez à Dieu ce que ce temple signifie.

Offrez-Lui votre charité, votre espérance, votre foi.

«Et Dieu acceptera votre offrande généreuse et Il dira: «Mon peuple choisi m'a offert ce temple magnifique pour la gloire de mon nom et j'accepte son offrande. Je promets que mes enfants ne m'y demanderont jamais quelque chose sans que Je le leur accorde. Je les couvrirai de mes bénédictions, eux et leurs enfants, et je forme avec eux un pacte qui est à la vie, à la mort. »

«Puisse-t-il en être ainsi, mes frères, en cette vie et en la vie éternelle.

«Nous prenons part à votre immense joie, nous de Québec, de Montréal, d’Ontario et d’A- k cadie, en ce jour, nous sommes venus nous asseoir avec vous dans la maison du Seigneur, et notre joie égale bien la vôtre.

«Car nous aussi, nous nous sommes réjouis lorsque la bonne nouvelle nous est parvenue, disant que le temple de Salomon était prêt et que le Pontife allait en faire la dédicace solennelle. Nous avons été heureux parce que nous allions pouvoir nous joindre à nos frères bien-

aimés de New Bedford, prendre part à leur joie et entrer avec eux dans ce temple glorieux, fruit savoureux de leurs sacrifices et de leur admirable charité: «Laætatus sum in his que dicta sunt mihi in domum Domini ibimus.»

Bénédiction et Messe pontificale

La messe pontificale fut précédée de la béné. diction solennelle de la nouvelle église, par Mgr D.-F. Feehan, évêque de Fall River. La procession, formée de deux cents enfants de chœur, de tous les prêtres invités à la fête, des prélats et des évêques, fit son entrée et défila dans les nefs vers dix heures et dernie.

Mgr Feehan procéda immédiatement aux cérémonies liturgiques de la dédicace; puis il revêtit les ornements pontificaux et commença la messe. Il était assisté par M. l'abbé Payette, de Longueuil, et par M. l'abbé Cain, diacre et sous-diacre d'office. Le R. P. Béliveau, O.P., de Fall River, et M. le chanoine Cousineau, de Montréal, étaient les diacre et sous-diacre d’honneur. Mgr Cassidy, vicaire-général du diocèse, était le prêtre assistant de Sa Grandeur. Pour maîtres des cérémonies: MM. les abbés Carr, chancelier, et Clerk, vicaire à Saint-Antoine; cérémoniaire: M. l'abbé Louis Prévost ; accoly-

MGR D. F. FEEHAN Évêque de Fall River

tes: MM. les abbés Charles Lemieux et Osias Boucher.

Dans la nef, on remarquait, aux premiers rangs, les religieuses de Sainte-Croix, Son Honneur le maire Ashley, M. et Mme Napoléon Deslauriers, le procureur du district, M. J.-T.

Kenney, M. Cotter, les avocats de Saint-Antoine, les échevins et les conseillers de la ville de New-Bedford.

Un chœur d’une centaine de voix rendit, sous la direction de M. Oscar Fontaine, le programme suivant:

Kyrie, Gloria et Sanctus de la messe de Perosi, par le chœur des hommes.

Offertoire: Tu es Petrus, Opus 72, par L.-J.-O. Fontaine.

Soliste: E. Lemieux, basse.

Credo, Agnus Dei, par le chœur des hommes et des enfants.

Sermon

Après l'évangile, écrit l'Écho, le R. P. Louis Lalande, S. J., l'éminent prédicateur qu’on ne se lasse jamais d'entendre, prononça le magnifique sermon que nous reproduisons ci-après :

Deus in Jomibus ejus cognoscetur.

Ps. XLVII.

MEssBIGNEURS, MES FRÈRES,

La dédicace d’une cgiise est une fête qu'il faut célébrer avec des mots divins. Et c'est, aussi bien, ce que fait la liturgie catholique lorsque, répandant par la main de l'évêque ses bénédictions sur le temple nouveau, elle emprunte aux Livres saints les textes les plus chargés d'enseignements, les passages les plus sublimes et les plus suaves, par lesquels l'Esprit saint ait fait aux hommes ses confidences.

La dédicace de votre église, mes chers frères de Saint-Antoine de New Bedford, devrait, à cette expression toute religieuse, ajouter, — et

combien je regrette et me sens humilié de ne

pouvoir la faire entendre dignement en votre nom, — ajouter l'expression d'une joie débordante de fierté, des chants où se méleraient, dans un accord merveilleux, la reconnaissance, le patriotisme le mieux entendu, une générosité victorieuse, l'esprit de foi et d'amour montant en mesure triomphale vers le Seigneur.

Après avoir dédié cette église, votre évêque vous a dit, il me semble, en vous montrant d'un dernier geste de sa main bénissante, le temple achevé: mes enfants, c’est le but atteint, le terme vers lequel gravissaient depuis des années vos généreux efforts et vos rêves: chantez votre reconnaissance! Ce geste vous disait encore: vous avez bâti la maison de Dieu et de la prière, venez, dans la joie et l'union d’une même famille, abriter vos âmes sous sa voûte grandiose et parler à notre Père qui est aux cieux! Ouvriers dé toutes les rudes tâches et de toutes les sueurs, voyageurs de la vie, comme autrefois le peuple de Dieu à travers le désert, vous avez marqué— mieux que par des pierres — par des actes de foi vos étapes; puis vous vous êtes arrêtés un jour en vous disant: Hic locus a Deo factus est,

voici le lieu marqué par Jéhovah, bâtissons-lui un temple! Nous y viendrons nous-mêmes chercher des heures de repos, un chez nous pour l'âme; nous en gravirons les degrés à l'appel du dimanche, aux soirs chargés de toutes les fati. gues de la vie, aux jours sombres, de larmes, d'épreuves et de deuil. — Nous y trouverons du Courage pour les corvées du lendemain, des frères et des Compagnons de route nous tenant par la main, des prêtres Pour pardonner et bénir, la manne du ciel avec le Christ pour nourriture, et, du haut de la chaire, des paroles bonnes et

douces comme l'espérance, des enseignements qui nous montreront le chemin de l'avenir, clairs comme la colonne lumineuse qui dirigeait Israël.

Oh! ce qu'elle en éveille de pensées et en fait vibrer de sentiments votre église, admirable, superbe, drapée dans sa magnificence tout neuve pour la dédicace!

J'admire les splendeurs de l'art dont elle brille, Sa flèche montant fièrement dans ie ciel, ses proportions harmonieuses, ses décors, son Vaste sanctuaire, sa vision de saint Antoine me

font songer à une hymne à la Beauté, que seul un artiste ou un saint pourrait chanter.

Mais ce qui m'émeut plus encore c'est le cœur de cette paroisse, fait de tous les vôtres, battant à l'unisson du cœur de son curé, d'où a jailli cette œuvre glorieuse.

J'ai assisté à son origine; — après dix-sept ans, le souvenir m'en revient précis comme d'hier. —Je vous ai vus prier dans votre chapelle en bois, parlant en toute confiance, par l'intermédiaire de votre grand avocat du ciel, saint Antoine, au Dieu des humbles et des travailleurs. Ah! ce qu'il a fallu attendre, lutter, souffrir depuis ces jours, additionner d'économies quotidiennes aux vertus et aux sacrifices quotidiens, Pour arriver au triomphe de ce jour! Vous avez connu les épreuves: — Dieu baptise souvent dans les larmes les œuvres qu'il aime. —Les vicaires de vrtte paroisse ont épuisé avec vous toutes les ressources du dévouement et les industries de l’apostolat.

Votre curé a subi des luttes douloureuses.

Ses épreuves ont été multipliées par toutes vos épreuves, parce qu'il vit chacune de vos vies.

Et voilà pourquoi, aujourd’hui, sa joie est multipliée par toutes vos joies, et les actions de grâce montant de son âme par toutes les actions de grâce qui montent des vôtres!

Il a eu cette faveur toutefois, plus précieuse encore qu'une vie tranquille, de recevoir du ciel le courage que rien ne dompte, l'énergie qui se redresse sous les revers, comme le chêne sous l'orage, et de sentir, aux heures les plus accablantes, alors que toute volonté humaine se lasse et cède, qu'il pouvait compter sur vos cœurs, comme sur un appui qui ne fléchit pas. Te Deum

laudamus! Louons-en le Seigneur; Seigneur, soyez-en béni!

La dédicace de votre église éveille une autre pensée consolante dans nos esprits.

Elle démontre de nouveau, et, cette fois, d’une façon éciatante, qu'avec la paroisse catholique reconstituée sur la terre américaine, vous avez retrouvé ici tous les secours religieux de là-bas. Vous vous êtes dit, en hommes de foi vigoureuse, que, pour être contraint par des nécessités matérielles de quitter sa terre natale, on

n'est pas, on n'est jamais, où que l’on aille, contraint de quitter son Dieu.

Incidemment, vous avez convaincu une fois pour toutes les sceptiques de toute origine, que vous n'avez pas besoin que d'autres vous bâtissent des églises.

Tous, émigrés de la vieille Europe ou du jeune Canada, nous avons laissé derrière nous, en quittant nos foyers, des angoisses religieuses. Nos parents, nos pères et nos mères se demandaient, au jour de l'adieu, si leurs enfants, sur un sol protestant, pourraient devenir Américains sans cesser d'être catholiques.

Quand le vieil Irlandais, les larmes dans les yeux, debout sur les rivages verts d'Erin, embrassait une dernière fois ses fils, il leur disait: «Vous ne serez plus pauvres comme nous et vous serez libres; mais vous souviendrez-vous des chants pieux du berceau et serez-vous chrétiens toujours ? » — « Dans cet immense tumulte des affaires, disait la Pologne à ses enfants, entendrez-vous encore le nom de Dieu ? » — «Fait-on sa prière, reprenaient toutes les mères d'émigrés, et parle-t-on de Jésus parmi les batailles améri-

caines pour l’argent et dans ce conflit des ambitions matérialistes ? »

Est-ce que vous ne vous souvenez pas vousmêmes avec quelle émotion, quelle bonne foi plus profonde qu'éclairée, vos familles vous répétaient en causant tristement du départ pour les États-Unis: «Est-ce que le bon Dieu est 1à, aussi, par de-là la frontière ? Vous gagnerez de l'argent dans les usines, des millionnaires paieront cher votre travail: mais aurez-vous des églises où prier, des cérémonies religieuses où l'on parle du ciel et où l’on en jouit à l'avance ? Vos enfents seront-iis baptisés et instruits ? Aurez-vous des prêtres qui vous comprennent, vous ässistent à la mort, soient vos meilleurs amis, comme sont les nôtres ? Peut-on partir de là pour . s'en aller en paradis ? »

Oh! la magnifique réponse, partie de tous les points de la République, mais en particulier de la Nouvelle-Angleterre, qui monte, en éclats de fanfare, par-dessus les montagnes de la frontière et s'en va, depuis quarante ans, rassurer nos frères et nos amis de là-bas, calmer les alarmes des mères qui n'ont cessé

TMor HERMANN BRUNAULT Évèque de Nicolet

de prier pour leurs pauvres enfants d'Amérique! Louons-en le Seigneur! Seigneur, soyez-en béni!

Or voici, pour être plus rassurante encore, que cette réponse sera proclamée chez nous par la voix autorisée, sincère et aimée denos évêques.

L'hospitalité de Monseigneur de Fall River n'a pas de frontière. Elle est large comme sa foi. Avec le curé de Saint-Antoine, il s’est souvenu que parmi les fidèles confiés à sa garde pastorale, plusieurs sont les fils et les petits-fils spirituels des archevêques et des évêques du Canada français.

C'était la pensée d’un bon cœur de songer qu'à ces pères il serait doux de constater que leurs enfants n'ont pas dégénéré et les aiment toujours.

Et Sa Grandeur Mgr l’Archevèque de Montréal a bien voulu se rendre à l'invitation. Quelle

joie de revoir celui qui a constamment gardé

parmi vous des liens si précieux et a suivi d’une âme paternelle tout ce qui vous intéresse et vous Console! Je sais—vous me l'avez dit vous-mêmes

—que son nom résonne à vos oreilles comme un honneur qui vous serait un peu personnel, parce que ce nom vous est synonyme d'amour pour les humbles, de luttes pour la classe ouvrière, d’éloquence et de gloire eucharistique.

Avec vous, Monseigneur l’Auxiliaire de Québec, c'est toute la tradition du premier siège épiscopal du nord de ce continent, les annales d’une église, mèré de tant d’autres églises, qui repassent, comme des pages ouvertes devant nos yeux. Votre présence au milieu de nous apporte à nos âmes émues tout ce que les souvenirs de l'histoire nationale et les luttes de nos pères pour la foi, tout ce que la fermeté jointe à la bonté la plus condescendante peuvent nous inspirer de reconnaissance joyeuse et de filiale fierté.

Quelle joie enfin pour vous, mes chers amis, d'exprimer aujourd'hui, aux pieds de Jésus- Christ notre chef, votre réponse, —l'affirmation de votre religion conservée et robuste, devant ces évêques venus de loin pour en être les témoins heureux. En présence de tous ces prélats et ces prêtres, vos attitudes de priants sont une confession, l'église que vous avez bâtie, une

éclatante profession de foi. Vos fronts levés vers le sanctuaire, vos yeux dont l'éclat porte l'orgueil sacré de vos croyances proclament hautement que vous êtes encore et partout les fils soumis de vos évêques et de vos prêtres, des catholiques que ni la liberté ni les distances n'ont grisés, pour qui le Christ est le même sous tous les cieux, et qui, pour saluer loyalement le drapeau étoilé, n’ont pas besoin d'oublier le drapeau du Calvaire, ou même le tricolore, la harpe ou la feuille d'érable; des catholiques qui disent à qui veut l'entendre: Nous ne sommes ni d'une origine, ni d’une espérance, ni d’une race, ni d’un credo inférieurs!—Si vous en voulez la preuve: voilà nos pères!

Pa

Telles sont, mes frères, la profession de foi et les leçons de choses que vous nous offrez, Permettez qu'à ces réflexions toutes de circonstance j'en ajoutequelques autres que cette fête appelle.

Voilà ce que nous sommes, nous avez-vous dit; voilà ce que l'église doit être pour vous, dirons-nous à notre tour.

Vous y avez reçu le baptême, l'eucharistie, des pardons, mille faveurs de la Miséricorde. Elle est la maison de Dicu, et partant, la maison de l'âme; la maison où Lui réside, la maison où elle le reçoit et lui parle; la maison où il est enseigné, comme dit le psaume dans l'office de la dédicace: Deus in domibus ejus cognoscetur; la maison, j'allais dire l'école, où l’âme l’entend et le comprend.

C'est cette pensée que je voudrais souligner en rappelant que l'église est, en même temps qu’une maison fraternelle, une école de doctrine et de courage.

Le chrétien qui entre à l'église, si grand, puissant, savant soit-il, sait qu'il n’entre pas chez un égal: il entre chez notre Père. Il se fait dès lors dans son esprit comme une mise au point, un appêl à l'ordre qui le met à sa place: sous le niveau de la croix, il devient, comme nous tous, un membre de la grande famille. Si un homme du peuple vient s'asseoir près de lui, il n'a pas le droit de lui dire: Vous vous trompez: nous ne sommes pas de même classe!

Tout le monde est de même classe à l’église.

Si, par ignorance, le riche voulait insister, son frère le pauvre n'aurait qu’à écouter un instant le silence éloquent des nefs, il entendrait bientôt comme un écho lointain d’Évangile nommant un pauvre appelé Lazare et un riche qui le supplie d'avoir pitié. Cet écho réveillerait vite à l'autel la voix qui a dit: Beati pauperes, et: Venez à moi, vous tous...sans distinction, pourvu que vous ayez des fardeaux à porter, des plaies à faire guérir, des larmes à sécher, des bienfaits à recevoir. Tous, et ensemble, puisque c'est la même table qui est dressée, et le même Père offrant le banquet. Tous, les justes pour s'y rafraîchir, faire halte dans la joie et repartir avec courage en entraînant leurs frères; les pécheurs pour pleurer au souvenir des grandes époques heureuses de leur vie, déposer leur charge honteuse dans la miséricorde et l'absolution de Jésus. Tous, puisque tout le monde est de même classe, à l'église, et de même famille.

L'église est aussi une école, école gratuite par excellence, la seule qui le soit en réalité —une

école de science morale, de Philosophie populaire d'ordre, de justice, de bonheur. Telle elle est dans tous les pays du monde, et a toujours été; telle elle est, et il est nécessaire qu'elle soit, en particulier aux États-Unis.

Ce pays, en effet, malgré la liberté et les li. bertés dont il s'enorgueillit, refuse aux catholi. ques,—au moins sous une forme passive, —les écoles que leur conscience réclame. Il ne les leur accorde, et encore avec des restrictions et des défiances, qu’à condition de les leur faire payer deux fois. Une loi rétrograde, née du préjugé et maintenue par lui, vous donne la liberté d’acheter votre liberté. Beaucoup de catholiques l'ont achetée. Au prix de lourds sacrifices et d’un travail héroïque, après avoir payé vos taxes pour les écoles où n’entrent pas vos enfants, vous avez bâti vos écoles paroissiales, C’est un des spectacles les plus réconfortants de nos jours. Vous avez même, quand on vous en a donné l'occasion, offert à ceux qui tiennent en suspicion la compétence catholique le spectacle d’une concurrence victorieuse.

Cependant, malgré ces dévouements admi-

rables, combien des nôtres n'ont pas encore leurs écoles confessionnelles, ou bien ne savent pas en profiter.

C'est pour eux surtout que l’église doit se faire école et combler les lacunes, en enseignant ce qu'on leur a laissé ignorer, ou en réformant ce qu'on leur a enseigné de trop.

Quand le vénérable cardinal Gibbons donnait naguère les trois causes principales de ruine qui menacent la République, il plaçait, avant le divorce et la soif des jouissances matérielles, l'école publique. C'est que toute science est ténèbres, si elle ne s’illumine d'un rayon d'en Haut; toute atmosphère scolaire est infecte, s’il n’y passe un souffle évangélique; tout enfant contraint aujourd’hui est le révolté de demain, s’il ne connaît l’auteur premier et la sanction suprême des lois qui le contraignent; tout écolier instruit est l'artisan mieux armé et l’instrument plus habile des ruines de l'avenir, si son âme n’est formée par la discipline religieuse et la connaissance des principes immortels de la vérité.

C'est l'œuvre de la chaire catholique de ies

lui apprendre, ou de les lui rapprendre, si l’école publique les a déformés en lui.

—Enfants,—enfants de tous les Ages, écoutez bien et acceptez cecomplément nécessaire à votre instruction :—Vous avez appris ailleurs l’arithmétique; fort bien! Ajoutez ceci à vos connaissances : n’additionnez et ne multipliez jamais des profits, sans connaître l'équité de leur origine.

—Vous arrivez vite, par des méthodes perfectionnées, à des équations d’algèbre, à débrouiller des comptes et a en faire l'équilibre: comptez de même vos obligations et gardez en toutes choses l'équilibre entre vos droits et les droits des autres.

—Vous savez le secret pour faire fortune vite, pour manœuvrer des coudes et frayer votre chemin à travers des concurrents: souvenez-vous que les hommes, votre prochain, ne sont pas une matière corvéable à merci, livrée à l'exploitation des plus forts, que l'honneur vaut mieux que les honneurs, que les succès sans justice sont des hontes, que l'instruction est une arme d’oppresseur, d’assassin et de voleur, quand elle n'est maniée:quejpar des appétits.

— Enfants, l'école vous a outillés pour toutes les luttes de la vie, elle y a ajouté les ornements des arts et des lettres: n'en faites jamais des outils de destruction contre l'ordre et la société, et si, dans les inégalités sociales nécessaires, il vous arrive d’être des vaincus, respectez quand même l'autorité légitime et n'allez pas, par des haines, des violences et des révoltes socialistes, multiplier vos malheurs et perdre la compensation promise par le Dieu, devant lequel toute défaite peut devenir une victoire.

—L'école vous a appris l'origine des continents, l’histoire, la géographie des patries et des peuples: gardez dans vos mémoires une autre origine, divine celle-là, qui vous fait fils de Dieu : l géographie d'une autre patrie, en haut celle-là, notre patrie du ciel, la patrie dont on nous entretenait au catéchisme de l’école, en nous appretant d'où nous venons, où nous allons, par quel chemin il faut arriver; celle qu'on ne conquiert pas avec de l'argent et qui est la fin dernière de toutes les ambitions des cœurs nobles, croyants, planant au-dessus de la matière, et qui ne bAtissent pas sur cette terre, dans les jouissances,

les succès, les richesses, les honneurs et tous les hochets d'un jour, leur demeure permanente.

Voilà ce que l'école catholique ajoute, et, pour ceux qui ont le malheur d'en être privés, ce qu'ajoute l'église à l'instruction neutre.

J'ai dit de plus que l'église est une école de courage.

Savoir n’est pas assez. La science, comme la foi, est morte, si elle demeure sans œuvres. C’est

ce qu’à prêché Jésus lui-même, en définissant cette milice qu'est notre vie, et le royaume des cieux que, seuls, les courageux enlèvent de haute lutte. C'est ce que continuent de prêcher à l'église les prêtres de Jésus, en ranimant sans cesse nos ardeurs pour toutes les batailles chrétiennes.

Par ailleurs, cette école de courage et d’action nous est, plus que jamais, devenue nécessaire, et, plus que jamais, il nous faut, de la chaire, en recevoir les motifs et les impulsions. Deus mandavit unicuique de proximo suo: A chacun de nous, Dieu a commandé d'aider au salut

du prochain. A chacun, à tous, aux prêtres R d'abord, puis, dans le respect de la hiérarchie et de la discipline, aux laïques eux-mêmes.

La doctrine de certains catholiques, qui voudraient laisser au clergé seul les œuvres religieuses, est une illusion fatale, si elle n’est une inspiration d’hérésie. Les attaques viennent de partout et sous toutes les formes: la défer.:= doit également partir de tous les rangs.

À le bien prendre, les laïques ont plus d'intérêt que les prêtres à sauvegarder l'influence bienfaisante de l'Église, de sa morale, de son éducation et de ses principes. Le prêtre, lui, après son devoir accompli, s'en va à sa récompense ; le laïque se survit dans ses enfants. L’apostolat qu'il exerce contribue à leur laisser la meilleure part de leur héritage,

Nous ne vivons plus en un temps où le père de famille a rempli tout son devoir, quand il a été à la messe, a fait sa prière, a communié, s’est bâti une jolie maison, a payé ses dettes, retiré ses loyers et marié ses filles.

Au chrétien, l'enseignement de l’Église demande davantage.

Elle ne veut pas, au moment où l’on conspire contre le Christ, dans les théâtres, chez les bu. veurs, dans les officines des journaux, des gouvernants, des viveurs et des sociétés de tout nom, elle ne veut pas que ses enfants, mis en cause pour Lui, répondent en rougissant: «Je ne connais pas cet homme! » Elle ne veut pas de répétition de la scène de Gethsémani.

Et pourtant, comme elle se joue dans le monde cette scène navrante! D'un côté, les disciples qui dorment, de l’autre, les traîtres qui agissent: d'un côté l’ardeur fiévreuse qui travaille en secret, ramasse et pousse en avant tout ce qui d'instinct haît la vérité et court à l’ignominie, serviteurs méprisés de toutes les rancunes et de tous les fanatismes, actifs pourtant et prêts à tous les sacrifices pour assurer. . .quoi donc? le baiser de leur trahison.

D'autre part, c'est la même insouciance des catholiques qui laisse faire. Ils savent bien que le scandale se répand et qu'on foule aux pieds les droits de la vérité et de la conscience; mais agir, eux ? A l’action, opposer l’action, à l’organisation des forces pour le mal, opposer l’organisation des

forces pour le bien? Ne leur demandez pas ces sacrifices. Est-ce qu'ils sont tenus de perdre du repos, de l'argent, de la popularité, pour défendre le Christ ? Cela est bon pour les partisans du mensonge et de Satan! Mais pour Jésus-Christ est-ce qu’on n'a pas fait assez quand on a communié, juré fidélité, suivi jusqu’à la porte du jardin, et qu'on a eu de la peine en Le voyant agoniser ?

Et ils dorment!

Et voilà pourquoi, quand les deux cités viennent en face l’une de l’autre, les tenants du Christ plongés dans une égoiste sécurité, et les impies remuants et affamés, quand la lutte s’engage entre le bien et le mal, entre le nombre et le droit, c'est si souvent, —6 honte qui déconcertel! —C'est si souvent un vulgaire Iscariote qui l’emporte!

Qu'il n’en soit jamais ainsi chez vous! Et j'exprime 1à plus qu’un souhait, plus qu'une espérance:—j'exprime la certitude de votre fidélité chrétienn et de votre apostolat.

Vos sacrifices passés, garantissent ceux de l'avenir. Votre église, maison de Dieu, école de

dor ne et de courage, en maintiendra la stabilite, en continuant d'être pour tous la matson fraternelle, de la prière et du bonheur, comme je vous le souhaite, avec la bénédiction de Monsei-

gneur. k s°*

La cérémonie se termina par une courte allocution de Mgr Feehan. Sa Grandeur félicita le Curé et ses paroissiens. Puis il remercia en termes délicats, et en un excellent français, les évêques du Canada et tous les prêtres qui avaient daigné participer à cette fête.

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